Chapitre 10 : Il faut s’en aller Automne 58 av. J.-C. Meurtri dans ma chair et dans mon âme, je me suis remis en route quelques jours plus tard. Me sentant honteux après le châtiment que j’avais subi, je n’en menais pas large, préférant me tenir loin de mes hommes. Mais aucun d’entre eux ne me considérait comme un séditieux ou un damné, bien au contraire. Tous me plaignirent pour ce que j’avais eu à endurer et la légion entière me glorifiait pour avoir osé frapper cet imbécile de Dillius. Il se murmurait même dans les rangs que les hommes qu’il commandait nourrissaient le dessein d’en faire de même un de ces jours. Il fallait bien avouer que le centurion s’était mis l’ensemble des légionnaires à dos par son attitude déplaisante. Même les officiers avaient de la peine à le supporter. Ma


