XIICette sujétion à d’absurdes règlements n’était pas le seul ennui du jeune monarque. Il maudissait non moins la nécessité que lui imposait le rang suprême, d’être jour et nuit en spectacle, en étalage ; de ne plus vivre qu’aux regards de tout un peuple ; de n’avoir plus un seul moment de solitude, de bonheur intime. Son lever, son coucher, ses moindres actions avaient de nécessaires témoins. Dormait-il : le bruit des patrouilles, le pas des rondes, le qui-vive des sentinelles l’éveillaient brusquement. C’est ce qu’on appelait veiller à son repos. Mettait-il la tête à la fenêtre pour aspirer un peu d’air pur, des milliers de badauds s’attroupaient au-dessous, et l’assourdissaient de Karabhi ! Karabha ! samariskouriska ! Sortait-il, c’était pis encore : il lui fallait fendre à grand-peine


