Pierre se confectionna une nouvelle cigarette et le docteur Sarret demanda à pouvoir s’en faire une également. — Votre femme est très faible, commença le docteur. Je ne sais pas ce qu’elle a subi, mais elle est arrivée ici dans un vilain état. J’ai craint d’ailleurs pour sa vie, mais elle semble d’une constitution robuste. Que lui est-il arrivé, au juste ? Pierre posa sur le médecin un regard douloureux et impuissant. — Je n’en sais trop rien. Nous ne nous sommes pas vus depuis novembre dernier. Je suis parti au mont Mouchet et je suis revenu chez moi avant-hier. Elle n’était plus là. Il raconta toute son histoire, le maquis, Hubert, Jacques Chateauneuf, les Fangeas, sa maison occupée, sa femme veuve, la prison, l’hôpital… La voix de Pierre trahissait peu d’émotion, juste une souffranc


