Toute la journée resta grise et froide. Le brouillard se dissipait sur les hauteurs, mais restait accroché au fond des vallées. Les deux hommes voyaient par endroits des rochers et des arbres émerger de ce monde soudain mystérieux. Ils avancèrent pourtant sans se laisser distraire par un quelconque sentiment de renoncement. Le brouillard pouvait troubler leur perception de la réalité, mais, avec lucidité, ils ne firent pas attention à ces visions parfois oniriques, mais aussi inquiétantes. Après une nouvelle pause pour manger, ils arrivèrent à Langeac en fin d’après-midi. Il faisait à peine jour et, sur les indications de Maurice Joubert, Pierre et Hubert trouvèrent sans difficulté la maison de Louis Moussier, où là encore on les accueillit avec simplicité, mais aussi avec une vraie chale


