chapitre 4

481 Mots
POV Marlene La soirée avançait doucement, enveloppée de lumière et de musique. Je retrouvai Jérémie près de ses tableaux. Il discutait avec deux invités, mais en me voyant, il s’excusa rapidement et me rejoignit. — Tu m’as abandonné, lança-t-il avec un sourire. — Jamais longtemps. Il m’observa quelques secondes, comme s’il cherchait à lire quelque chose sur mon visage. — Tu as l’air… ailleurs. Je haussai légèrement les épaules. — Peut-être un peu fatiguée. Il ne sembla pas totalement convaincu, mais il n’insista pas. On continua à discuter tranquillement. Il me parla de ses projets, de ses nouvelles expositions, de tout ce qu’il avait construit depuis nos années au Sénégal. Puis, son ton changea légèrement. — Je repars bientôt. Je relevai la tête. — Déjà ? — Oui. Dimanche matin. Un petit silence s’installa. — Mais je reviendrai, ajouta-t-il. Kinshasa commence à m’ouvrir des portes. Je souris. — Tant mieux. Et puis… tu n’as plus le droit de disparaître pendant des années. — Promis. Un léger rire nous échappa. La soirée continua, ponctuée de rencontres, de discussions… puis vint le moment de la vente aux enchères. Les œuvres de Jérémie partirent à des prix impressionnants. Je ne pouvais m’empêcher d’être fière de lui. Mais même dans ces moments-là… Mon esprit dérivait. Vers lui. Marc. Je ne l’avais plus regardé depuis cet instant. Ou plutôt… j’essayais de ne pas le faire. Après la fin du gala, je pris congé de Jérémie. — On se voit avant que tu partes, hein ? — Bien sûr. On s’enlaça une dernière fois. — Fais attention à toi, Marlene. Je souris doucement. — Toujours. ✧ Je montai dans un taxi. Cette fois, je ne pleurais pas. Je pensais. La ville défilait devant mes yeux, mais mon esprit était ailleurs. Son regard. Court. Froid. Presque absent. Et pourtant… Il m’avait marquée. Je posai ma tête contre la vitre. — Pourquoi toi… ? Je ne savais pas. Mais je savais une chose. Je n’allais pas m’arrêter là. Mon téléphone vibra. “Maman” Je fermai les yeux une seconde avant de décrocher. — Allô… — Marlene, où es-tu ? Sa voix était ferme. — Je rentre. — Tu es partie comme une voleuse l’autre jour. Je soupirai légèrement. — Maman… — Non, laisse-moi parler ! Ton père est très en colère. Un silence. — Et toi ? Elle hésita. — Je suis… déçue. Ces mots me firent plus mal que je ne voulais l’admettre. — Je ne suis pas une enfant, maman. — Alors agis comme une adulte ! Tu crois que la vie est un jeu ? Je serrai légèrement le téléphone. — Je gère ma vie. — Très bien. Alors gère-la correctement. N’oublie pas ce que ton père a dit. Un an. Toujours cette pression. — Bonne nuit, maman. Je raccrochai avant qu’elle ne puisse répondre. Je laissai retomber ma main. Un an. Et un objectif.
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