– Elles te l’ont dit ? – La dernière me l’a dit ! (là-dessus il ressaisit son verre et le vida d’un trait pour se donner du courage ou s’éclaircir les idées), la dernière qui est restée près de trois semaines… Oui, j’ai pu lui parler à celle-là !… et elle m’en a raconté, allez, sur le Bénédict !… – Et elle avait peur !… et elle est restée trois semaines !… – Elle est restée justement à cause de ça ! – Elle est restée parce qu’elle avait peur ? – Oui, que je vous dis ! Ah ! c’était une drôle de fille ! allez !… et on aurait pu croire qu’ils étaient bien faits tous deux pour s’entendre !… Eh bien ! elle a disparu comme les autres !… envolée, volatilisée !… c’est à ne pas croire !… – Elle est peut-être simplement retournée à Paris !… – Non ! j’ai fait mon enquête… Celle-là, je connaissais son nom et j’avais pu savoir où elle habitait !… On ne l’a jamais plus revue !… Elle s’appelait Catherine Belle ! et belle elle l’était, en effet !… Ah ! un sacré brin de fille !… Si elle avait voulu, je l’aurais bien débarrassée de son Bénédict, mais voilà, moi, je ne lui faisais pas peur !… Je vous dis que c’est inexplicable !… La première fois que je lui ai parlé, c’était un soir… je rôdais autour du chalet !… Je vois une ombre qui s’en échappe en courant ; puis la porte se rouvre et le Bénédict paraît ! appelant d’une voix suppliante : « Catherine !… Catherine !… » « Mais Catherine était restée immobile, cachée derrière une haie de roseaux, à quelques pas de moi, dont elle ne soupçonnait pas la présence… Maintenant Bénédict l’appelait d’une voix de colère, et comme Catherine ne répondait toujours pas, il referma la porte avec fureur. « Alors, Catherine se releva et courut dans la direction de la gare. Je la suivis et la rejoignis dans un moment où elle s’était égarée dans l’obscurité : « – Ne craignez rien ! lui dis-je… je suis là !… C’est moi le garde, le père Violette… qu’est-ce qu’il vous a encore fait le misérable ? « – Mais rien, me dit-elle… seulement il me fait peur !… Il a, au contraire, été très gentil !… » « Je ricanai… « – Vous êtes la sixième, fis-je, avec qui il est très gentil… et elles s’en vont toutes ! « – C’est ce qu’il m’a dit. « – Elles s’en vont toutes au bout de vingt-quatre heures… de deux jours… de trois jours… Vous, voilà huit jours que vous êtes là !… Vous avez de la patience !… « – Il m’a encore dit ça !… « – Pourquoi restez-vous ?… « – Parce qu’il est très malheureux !… Il est à plaindre le pauvre garçon !… Il pleure… j’ai eu pitié de lui !… « – Et vous en avez assez maintenant ? » « Elle ne me répondit pas… « – Pourquoi vous êtes-vous enfuie ce soir ?… « – Parce qu’il a voulu m’embrasser !… « – Il n’est pas dégoûté, fis-je, mais vous, je comprends que vous le soyez un peu… »
« Là-dessus, elle garda le silence. Et, comme elle s’était arrêtée, je lui dis : « – Si vous voulez prendre le train de dix heures quarante, vous n’avez pas de temps à perdre ! « – Non, me répliqua-t-elle brusquement… C’est de l’enfantillage… je retourne… « – Où ? « – Mais chez lui ! « – Chez Bénédict Masson ? « – Oui !… » « J’étais abasourdi… « Écoutez, fis-je… vous avez tort !… vous avez tout à fait tort !… c’est moi qui vous le dis… vous vous en repentirez ! Ce garçon-là a tout du crime !… » « Elle réfléchit un instant et elle répéta : « – C’est vrai qu’il y a des moments où je me suis dit ça, moi aussi !… « – Et vous y retournez ? « – Oui !… pour voir !… Mais bah !… ça finit toujours par les larmes… Au fond, il n’est pas bien dangereux, allez ! » « Et elle rentra au chalet… Tout ce que j’ai pu lui dire… c’est comme si j’avais chanté… Ce qui l’amusait, celle-là, c’est qu’il lui faisait peur !… Décidément, on ne sait jamais avec les femmes !… « Les jours suivants, vous pensez si j’étais à l’affût… à l’affût de mes deux tourtereaux. C’était à crever de rigolade !… Le monsieur faisait toilette… Il se faisait beau, le monstre !… Il mettait ses habits de la ville… une cravate, un chapeau… et il lui en racontait !… « Elle, visiblement, se jouait de lui, tout en ayant peur, mais elle voulait savoir jusqu’où ça pourrait bien aller, cette histoire-là !… M’est avis qu’elle l’a appris à ses dépens et que sa curiosité ne lui a pas porté bonheur !… « Une dizaine de jours plus tard, il était de nouveau tout seul, tantôt se promenant dans le marais avec une figure épouvantable, tantôt se jetant dans son hamac avec des grognements de bête enragée, mordant les cordes… C’est pas un chrétien, ça !… J’avais envie de l’abattre d’un coup de fusil… – Père Violette, pas de bêtises !… interrompit la mère Muche. Qu’est-ce que c’est que cette petite qui vient d’arriver ?… – Une enfant !… Ça n’a pas plus de dix-sept ans !… Ah ! mais celle-là, faut pas qu’il y touche ! ou je fais le gendarme !… Riez pas, mère Muche ; cette fois, à la première alerte, je le dénonce !… Il faudra bien qu’il s’explique… – D’où qu’elle vient, la petite ?… – Elle doit être Berrichonne… c’est une fille de la campagne… elle l’appelle : mon oncle !… – Ce serait-il que ce serait vraiment son oncle ? – Paraîtrait !… Du reste, il n’a pas fait de frais pour celle-là… il ne s’est pas déguisé en gentleman… Il a plutôt l’air de la traiter comme une petite servante… Il lui fait faire ses courses… Ça n’est plus le boulanger qui apporte les provisions… Personne ne vient plus au chalet… Il a même remercié le souillon qui venait deux heures tous les matins faire le ménage… Ils vivent tout seuls, tous les deux, loin de tout, sûrs de n’y être dérangés par personne… La petite n’est ni belle ni laide… elle s’appelle Annie. – Tu lui as parlé ? – Oui… tantôt… je lui ai demandé si elle se plairait dans nos marais… Elle m’a répondu : « – Pourquoi donc que je ne m’y plairais pas ? mon oncle est si bon !… » Textuel… « – Tant mieux s’il est si bon pour toi, que je lui ai répliqué… il ne l’a pas été pour toutes celles qui sont venues là avant toi, sans quoi elles y seraient encore ! » « Elle a paru surprise de ce que je lui disais là et elle est partie toute pensive, sans rien ajouter. Alors je lui ai crié de loin : « Demande-lui donc, à ton oncle, où elles sont passées !… » « Là-dessus, elle s’est sauvée et ne s’est arrêtée qu’au chalet. – Tout ça finira entre vous par du vilain !… conclut la mère Muche. Tu te mêles de ce qui ne te regarde pas et t’as peut-être bien tort, père Violette… En attendant, vide ton piot !… – N… d… D… ! le voilà ! – Qui ? – Notre paroissien !… » Et le père Violette sauta sur son bâton comme s’il avait à se défendre contre quelque animal redoutable… La mère Muche allongea le nez à la fenêtre : « Bon sang ! fit-elle… c’est vrai qu’il n’est pas beau ! » Bénédict Masson traversait la cour. L’apparition de cet homme, dans le soir qui tombait, était sinistre. Il sortait du bois comme une bête de sa tanière et la façon qu’il avait de tourner son mufle de tous côtés, comme s’il cherchait une proie à dévorer, donnait le frisson. Il aperçut soudain la cabaretière et, derrière, le garde qui le considéraient, la première avec effroi, le second avec son habituelle hostilité. Sans hésitation il pénétra dans la cuisine. « Vous ! j’ai à vous parler ! fit-il au garde, tout de suite… Si vous voulez me suivre, ça ne sera pas long !… » Le père Violette se rassit sur son banc, affectant une tranquillité méprisante. « Moi, je n’ai rien à vous dire ! » déclara-t-il. La mère Muche était loin d’être à son aise… Elle avait un dîner à préparer pour des gens des Deux-Colombes qui arrivaient, le soir même, à la villa, où rien n’était prêt pour les recevoir et elle eût voulu voir les deux hommes « aux cinq cents diables »… Enfin, comme à tant d’autres, Bénédict lui faisait peur. « Allez vous expliquer sous la tonnelle ! » leur suggéra-t-elle. Mais le père Violette ne bronchait pas. Il redemanda même un piot. « Écoutez, père Violette !… fit Bénédict Masson, si vous voulez qu’on trinque ensemble, il ne tiendra qu’à vous !… mais il faut qu’on s’explique une fois pour toutes. Le pays est assez grand pour nous deux. Nous ne pouvons pas continuer à vivre comme ça, en nous gênant ! – Je vous gêne donc ? » releva l’autre. Bénédict Masson s’assit sur un escabeau et, la tête basse, sombre et taciturne, cessant de le regarder, il répondit : « Oui ! – Faudrait-il que je disparaisse, moi aussi ?… émit hardiment le garde.
Mais il se tut, car il n’avait pas achevé sa phrase que l’autre avait relevé la tête et le brûlait de son regard de feu. Puis cette flamme finit par s’éteindre… la tête retomba sur la poitrine et Bénédict reprit d’une voix sourde : « Je sais ce que vous racontez partout ! Faut vous taire, père Violette ! Moi, j’en ai assez !… Eh bien oui, elles sont parties !… je ne peux pas garder une ouvrière !… je ne peux garder personne auprès de moi… je fais peur à tout le monde !… Tout à l’heure, j’ai fait peur à Madame !… ah ! laissez-moi parler, madame !… je suis si content de m’expliquer devant vous !… Vous ferez peut-être entendre au père Violette qu’il faut qu’il tienne sa langue… Ma vie n’a rien de mystérieux… Je n’ai jamais fait de mal à personne !… On n’a qu’à me regarder pour comprendre que je n’ai pas besoin de leur faire du mal pour qu’elles fichent le camp !… Je ne suis pas venu ici pour faire le malin, je suis venu ici pour dire au père Violette : « J’en ai une, en ce moment, une enfant, une petite nièce, une orpheline que j’ai recueillie et que je ne dégoûte pas trop !… et qui veut bien me servir de bonne… qui a été malheureuse, toute petite et qui m’est reconnaissante de ce que je peux faire pour elle… eh bien, père Violette, faut pas la dégoûter de moi !… » – Mais ça ne me regarde pas, moi, tout ça !… » grogna le garde. La cabaretière avait glissé un verre devant Bénédict Masson. « Monsieur a raison, déclara-t-elle, en vidant le reste du pot dans le verre… Il n’y a pas de bon sens à vivre comme ça sur la même terre en se faisant la mine… Trinquez et serrez-vous la main et qu’il ne soit plus question de rien ! » Mais le père Violette, têtu, répétait encore : « Tout ça, ça ne me regarde pas… tout ça, ça ne me regarde pas ! » Bénédict Masson repoussa le verre, se leva, se planta devant le garde et lui dit, la voix rauque : « Si ça ne vous regarde pas, quand la petite passera près de vous, gardez votre langue… gardez votre langue, père Violette !… parce que je vais vous dire… si celle-là s’en va, comme les autres qui sont peut-être parties aussi à cause de vos ragots… eh bien, c’est vous que j’en rends responsable !… Moi, vous savez, la vie, je m’en f… et je vous crèverais comme un chien ! » Là-dessus il s’en alla, après un bref salut à l’hôtesse, traversa la cour, gagna le bois qui le reprit dans son ombre. « Vous l’avez entendu ! Vous l’avez entendu, le sauvage ! fit entendre le père Violette quand l’autre fut déjà loin. – Écoute ! dit la mère Muche… cet homme-là me paraît à bout !… Je souhaite pour toi que la septième, elle reste ! »
« Ma chère Christine, je vous écris parce que je n’ai plus d’espérance qu’en vous, en vous et en M. Bénédict Masson, espérance bien faible, hélas !… « Maintenant que je suis loin de vous, comment vous convaincrais-je de ma trop réelle infortune, vous qui n’y avez pas cru quand j’étais frappée sous vos yeux ? « Non, Christine, ce n’est pas une folle qui vous écrit, ce n’est pas une monomane qui se meurt d’une idée fixe, comme vous l’avez pensé longtemps, comme vous le pensez sûrement encore (sans quoi vous ne m’eussiez pas laissée partir ; vous ne m’eussiez pas, vous et M. Bénédict Masson, abandonnée à mon bourreau), c’est la plus malheureuse des créatures à qui l’on vole sa vie chaque jour, chaque nuit, goutte à goutte, c’est la victime d’un monstre qui a déjà dévoré des générations et qui vient chercher sa nourriture dans des veines épuisées par son insatiable morsure !… « Ah ! ne souriez pas, Christine, comme je vous ai vue déjà si tristement sourire… Pourquoi ne pas me croire, vous qui m’avez vue ?… Pourquoi ne pas accepter mon mourant témoignage ?… « Ce mot de vampire, quand je le prononçai pour la première fois devant vous, n’évoquait qu’un vague fantôme né de mon imagination malade… et pourtant !… et pourtant !… Il était là ; entre nous, en chair et en os !… « Christine ! Christine ! cela a existé les vampires !… J’admets qu’ils aient disparu peu à peu de la surface de la terre, poursuivis, traqués jusqu’au fond de leurs funèbres repaires, mais pourquoi ne voudriez-vous pas qu’au moins l’un d’eux ait survécu à cette race maudite ?… « Quelquefois, les matelots qui reviennent des mers lointaines nous racontent qu’ils ont soudain vu sortir du sein des flots les replis formidables de ces monstres qui, au témoignage de l’histoire naturelle, peuplaient la mer aux premiers temps du monde… Le serpent de la baie d’Along est peut-être le dernier de cette espèce redoutable comme celui que vous savez est peut-être le dernier vampire vomi par les tombeaux !… « Son tombeau ! son tombeau vide d’où il est sorti il y plus de deux cents ans pour se repaître du sang des vivants ; j’ai voulu le voir ; je l’ai vu… j’en ai soulevé la pierre !… Guidée par un homme, par le plus humble des hommes à qui mon sort a inspiré quelque pitié et qui, en cachette, vous fait parvenir ces lettres, je suis descendue dans la crypte mortuaire de la chapelle de Coulteray dont cet homme est le gardien… « Là, sont les tombeaux de la famille… Le premier de la seconde rangée à droite… c’est celui-là !… « Cy-gît Louis-Jean-Marie-Chrysostome, marquis de Coulteray, premier écuyer de Sa Majesté… » et une plaque, sous la date, où l’on trouve cette mention : « Les restes de Louis-JeanMarie-Chrysostome ont été dispersés en 1793, par la Révolution. » « Dispersés !… dispersés !… Je sais où ils sont, moi, les restes de Louis-Jean-Marie-Chrysostome !… Et vous aussi, Christine, qui ne me croyez pas, vous le saurez un jour !… Ils se portent fort bien !… « Quelle vision que cette crypte !… Cette tombe vide m’attire !… quelque chose me dit qu’une nuit, je me réveillerai sous cette pierre… et que, moi aussi, à mon tour, je me lèverai, pâle fantôme qui cherchera sa vie !… « Qu’un pareil destin me soit épargné, Seigneur !… Vous savez à quel prix, Christine !… Vous savez ce que l’on doit faire de nos cadavres pour qu’ils ne soient plus redoutables après la mort !… « Qu’au moins mon tourment cesse avec ma vie !… Sangor m’a promis de ne point m’épargner quand je serai morte… Moi morte, il n’a aucune raison de me tromper… et puis, ce sera son intérêt, ce dernier geste qui me libérera à jamais des horribles festins de la terre !… Je me suis arrangée pour cela !… Vous allez me croire plus folle que jamais !… Christine ! Christine !… j’espère avoir bientôt l’occasion de vous convaincre de ce qui se passe ici !… de vous fournir une preuve décisive… irréfutable… et alors, vous accourrez, n’est-ce pas, vous et Bénédict Masson !… Vous me sauverez, s’il en est temps encore !… « Le marquis ne me quitte plus !… depuis que je ne suis plus qu’un souffle, jamais il ne m’a autant aimée !… C’en est fini de cette liberté relative dont je jouissais encore à Paris… Il a renoncé à m’abuser sur la nature de son mortel amour. Il ne cherche plus à tromper personne !… à me faire croire à moi-même que je ne suis qu’une malade ! c’est fini cette étape-là !… Je suis prisonnière de l’époux qui me dévore !… Ses lèvres ne me quitteront que lorsque j’aurai rendu le dernier soupir… Le voilà bien tranquille pour boire sans remords le sang pâle que l’ingéniosité diabolique de Saïb Khan parvient encore à faire couler dans mes veines… « Je ne sais comment je puis encore me traîner !… Ce médecin hindou ressusciterait les morts !… « Christine, je vais vous dire comment j’ai voulu profiter des forces que, je ne sais par quel sortilège, il m’avait redonnées, pour m’échapper au cours du dernier voyage… mais assez pour aujourd’hui !… assez ! ils viennent !… Je les entends ! Ils rentrent de la promenade et ils viennent prendre des nouvelles de ma santé !… Sing-Sing leur ouvre déjà la porte !… » DEUXIÈME LETTRE. – « Ma chère Christine, vous savez comment on m’a fait quitter Paris, à la suite de quelle scène entrevue par vous et Bénédict Masson… On ne comptait pas sur vous, je puis vous l’affirmer… On se croyait seuls à l’hôtel. « Quand vous êtes accourus à mes cris, quand vous avez pénétré dans cette chambre où j’étais déjà sa proie, me débattant vainement contre sa morsure, sa figure penchée sur moi et qu’envahissait déjà l’ivresse de sa passion du sang, de mon sang… sa figure est devenue terrible… Je me suis dit : « Ils sont perdus ! » « Mais c’est moi qui étais perdue ! Vous, on vous a laissés là-bas… Vous supprimer, cela pouvait devenir trop grave… beaucoup trop compliqué… Après tout, qu’est-ce que vous aviez vu ? Rien ?… Qu’est-ce vous aviez entendu ?… Un cri de folle ? Toujours de folle !… Mes confidences antérieures ? Imaginations d’un cerveau endolori ! « Tout de même, après une telle scène, il n’y avait plus qu’à en finir avec moi, jusqu’à plus soif !… « Et l’on m’a emportée !… « Ah ! je savais bien que c’était la fin !… Ce sentiment affreux d’une pareille mort, suivie de je ne sais quoi de plus horrible peut-être encore, m’a fait me traîner une dernière fois jusqu’à vous dans le moment qu’ils pouvaient me croire incapable d’un mouvement !… Christine ! Christine ! Il m’a semblé que, dans cette dernière entrevue-là, l’équilibre trop bien établi de votre esprit calme, trop calme, a chancelé… J’ai vu passer dans vos yeux non seulement cette pitié coutumière que j’y lisais avec désespoir, mais quelque chose de plus, quelque chose que je pourrais peut-être formuler ainsi : « Si, par hasard, la folle avait raison ? » et chez Bénédict Masson j’ai trouvé aussi quelque chose de nouveau !… Eh bien, accourez !