Chapitre 14 — Le bal des illusions

800 Mots
La nuit était tombée sur la ville. Et avec elle… le masque des apparences. Le gala du sénateur Vargas se tenait dans un hôtel de luxe, baigné de lumières dorées et de musique feutrée. À l’extérieur, des voitures haut de gamme défilaient devant l’entrée, déposant une élite parfaitement habillée. À l’intérieur, tout n’était que raffinement. Mais Gabriella savait la vérité. Derrière les sourires… se cachaient des prédateurs. Dans une chambre louée à l’étage supérieur, Gabriella ajustait lentement sa robe devant le miroir. Noire. Élégante. Fendue juste assez pour suggérer sans révéler. Ses cheveux tombaient en cascade sur ses épaules. Son regard, lui, n’avait rien de mondain. Froid. Concentré. Adrien se tenait derrière elle, déjà prêt. Costume parfaitement ajusté. Charme naturel. Dangereux. — Tu es sûre de toi ? demanda-t-il. Gabriella croisa son regard dans le miroir. — Non. Un léger sourire apparut sur ses lèvres. — Mais j’y vais quand même. Adrien s’approcha. Très légèrement. — Tu sais que s’ils nous reconnaissent… — On est morts. — Exact. Le silence se chargea d’électricité. Adrien la regarda longuement. Puis murmura : — Tu es… impressionnante. Gabriella soutint son regard. — Concentre-toi. Adrien eut un sourire discret. — J’essaie. Mais ses yeux trahissaient autre chose. Une tension plus profonde. Plus personnelle. Gabriella détourna légèrement le regard. — On y va. La salle de réception était immense. Des lustres suspendus au plafond diffusaient une lumière douce. Des invités discutaient autour de coupes de champagne. Rires. Sourires. Mensonges. Gabriella entra au bras d’Adrien. Chaque pas était mesuré. Chaque regard analysé. — Reste naturelle, murmura Adrien. — Je suis naturelle. — Tu as l’air prête à arrêter tout le monde. Elle esquissa un léger sourire. — Mauvaise habitude. Ils avancèrent dans la foule. Personne ne semblait les reconnaître. Pour l’instant. Gabriella observa les visages. Elle repéra rapidement plusieurs noms du carnet. Ils étaient tous là. Le Cercle Delta au complet. — Regarde à gauche, murmura Adrien. Gabriella tourna légèrement la tête. Et le vit. Alejandro Vargas. Impeccable. Souriant. Parfait. — Voilà notre homme, dit-elle doucement. Adrien hocha la tête. — Et il sait probablement déjà que nous sommes ici. — Alors on n’a pas beaucoup de temps. Ils se séparèrent. Plan simple. Adrien attirerait l’attention. Gabriella chercherait une entrée vers les bureaux privés. Elle traversa la salle avec aisance. Chaque geste était fluide. Contrôlé. Elle repéra un couloir discret. Deux agents de sécurité. Elle ralentit. Respira. Puis continua. Une voix derrière elle : — Vous cherchez quelque chose ? Gabriella se retourna. Un homme. Sourire poli. Regard perçant. — Les toilettes, répondit-elle calmement. L’homme hésita. Puis désigna une direction opposée. — Par là. — Merci. Elle s’éloigna. Sans se presser. Mais son cœur battait plus vite. De son côté, Adrien s’approcha du bar. — Un whisky, dit-il. Le barman servit. Une voix derrière lui : — Adrien Delcourt. Il ne se retourna pas immédiatement. Puis il fit face. Alejandro Vargas. — Sénateur. Un sourire se dessina sur les lèvres de Vargas. — Je me demandais quand vous referiez surface. Adrien leva son verre. — Je pourrais dire la même chose. Vargas observa la salle. — Vous avez amené quelqu’un. Adrien resta calme. — Peut-être. — L’inspectrice. Le ton était presque amusé. Adrien ne répondit pas. Vargas s’approcha légèrement. — Vous jouez un jeu dangereux. — Vous aussi. Un silence. Puis Vargas murmura : — La différence, c’est que moi… je gagne toujours. Dans le couloir, Gabriella trouva enfin une porte entrouverte. Elle entra. Un bureau. Luxueux. Silencieux. Elle ferma doucement derrière elle. Puis sortit la clé USB. — Voyons ce que tu caches… Elle trouva un ordinateur. L’alluma. Inséra la clé. Les fichiers s’ouvrirent. Elle chercha rapidement. Puis trouva un dossier crypté. Nom : PROJET HORIZON Elle cliqua. Des documents apparurent. Plans. Transactions. Dates. Puis une ligne attira son attention. Elle lut. Et son sang se glaça. — Non… Une opération. Prévue dans deux jours. Une manipulation financière massive. Capable de faire chuter plusieurs institutions. Et de donner un contrôle total au Cercle Delta. Gabriella murmura : — Ils ne veulent pas seulement contrôler… Elle comprit. — Ils veulent dominer. La porte s’ouvrit brusquement. Gabriella se retourna. Adrien entra. — On doit partir. — Attends. Elle lui montra l’écran. Adrien lut rapidement. Son expression changea. — Merde. — Tu comprends ? — Oui. Il ferma l’ordinateur. — Et maintenant ils savent que tu sais. Comme pour confirmer ses mots… Des pas retentirent dans le couloir. Multiples. Rapides. Gabriella rangea la clé. — Trop tard. Adrien la regarda. — On est piégés. La poignée bougea. Gabriella leva son arme. Adrien aussi. Leurs regards se croisèrent. Une seconde suspendue. Entre tension. Danger. Et quelque chose de plus profond. — Prête ? murmura Adrien. Gabriella arma son pistolet. — Toujours. La porte s’ouvrit. Et le piège se referma.
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