4. Disputes

2188 Mots
Maty me sourit en me voyant me pouponner. Maty : Tu es déjà très belle. Pas besoin de te pouponner comme ça. Je lui souris. Moi : Je n'ai pas mis trop de maquillage. Maty : Dis donc tu as rencontré quelqu'un au bureau ? J'éclatai de rire. Moi :  Mais non pourquoi tu dis cela ? Maty : Parce que je trouve que tu ressembles ces dernières semaines à quelqu'un qui a un amoureux. Ton téléphone sonne beaucoup et bien sûr quand tu décroches, tu t'isoles. Tu te pouponnes et n'arrêtes pas de t'habiller "chic", sans oublier tes nombreuses sorties nocturnes hebdomadaires. Tu as un amoureux et tu me le caches. Tu ne m'as jamais rien cachée alors qu'a-t-il de spécial pour que tu me caches cette relation ? Je regardai Maty à travers le miroir. Je n'osai me retourner parce que j'allai lui mentir et je détestais cela. Moi : Oh ma chérie, comment peux-tu penser que je puisse avoir un amoureux sans te le dire? Je me pouponne et je m'habille chic à cause du milieu où je travaille. Et les sorties chaque samedi soir, soit c'est avec Mactar, soit c'est avec des collègues. Tu es et resteras ma meilleure amie. Quand je serais amoureuse, tu le sauras. Au fond, je ne lui mentais qu'à moitié, puisque je n'étais pas amoureuse et je m'habillais chic plus pour le boulot que pour plaire à Ibrahim. Depuis un mois, j'avais trouvé un poste d'assistante comptable dans une grande entreprise. La vie me souriait trop depuis deux mois. Ibrahim m'avait conseillée de déposer des demandes d'emploi. Il m'avait même soufflée le nom de plusieurs entreprises. J'avais suivi son conseil. Après plusieurs échecs, une entreprise m'avait acceptée. Voilà donc qu'aujourd'hui, j'étais en période d'essai dans cette entreprise où j'avais rapidement pris mes marques. Mon seul mensonge à Maty était de lui avoir dite que je sortais les samedis avec Mactar ou des collègues. En réalité, les samedis j'étais avec Ibrahim. Vu que notre "relation" n'en était pas une réelle et qu'elle était appelée à se terminer dans un futur proche, je ne pouvais pas en parler à Maty. Un oreiller me heurta le dos. Cela me fit sursauter. Je me retournai vers Maty un peu irritée. Moi : Mais ça ne va pas non ? Maty morte de rire : Tu rêvais. Je souris. Moi : Bon, je vais y aller. Maty : J'aimerais bien qu'un de ces jours tu m'amènes à tes sorties. J'éclatai de rire. Moi : Promis, mais seulement si tu convaincs ton mari de te laisser y aller avec ton bébé. J'éclatai de rire. Mais Maty fit la moue. Elle était enceinte de deux mois et depuis l'annonce de sa grossesse, El Hadj, qui était déjà super protecteur avec sa femme, avait doublé de vigilance. Si c'était possible, il aurait mis sa femme en congé maintenant et cela jusqu'à six mois après l'accouchement. Maty savait déjà qu'il dirait non pour la sortie et moi aussi d'ailleurs. J'avais une marge d'un an avant que Maty ne découvre avec qui je sortais réellement. ********************** Une heure plus tard Il me serra de nouveau dans ses bras et m'embrassa. Comme toujours, je répondis à son b****r en fermant les yeux. J'avais du mal à l'embrasser les yeux ouverts. Pas parce qu'il me dégoûtait, au contraire c'était un bel homme mais parce je ne pouvais le regarder les yeux dans les yeux. J'avais peur qu'il y découvre la vérité. Ce soir, on n’était pas sortis. Ibrahim m'avait proposée une soirée télé chez lui. Nous avons commandé des pizzas qu'on avait mangées devant un bon film. Nous avions entamé le deuxième film. Ibrahim : Dis-moi mon cœur, tu as prévu quelque chose pour le week-end prochain. Je lui souris. Moi : Tu sais déjà que le samedi prochain, comme tous les samedis, on est ensemble. Ibrahim : Je te parle de tout le week-end, pas seulement du samedi. J'aimerais t'inviter à Saly. J'ai une maison au bord de l'eau et ça me plairait d'y passer le week-end avec toi. J'étais surprise. Son invitation me mettait mal à l'aise par rapport à Maty. Elle me posera encore d'énormes questions. Ibrahim : Alors qu'en penses-tu ? Moi : Peux-tu me laisser réfléchir quelques jours ? Je te donnerai une réponse d'ici mardi. Ibrahim : Ok ! ******** Le week-end suivant  La 4×4 s'arrêta devant la grande maison rose. Un homme assis sur une chaise se leva. Nous descendîmes de la voiture. Il faisait déjà nuit. À cause de son travail, Ibrahim n'avait pu se libérer que vers 18h. Ibrahim : Bonsoir Abdou ! Abdou, le gardien : Bonsoir Patron. Vous avez bien voyagé. Ibrahim : Très bien ! Et vous comment allez-vous ? Abdou : Très bien, Patron. Bonsoir Madame ! Moi : Bonsoir ! Il nous ouvrit la porte et nous rentrâmes. La vue de la piscine me fit sourire. Mactar me fit visiter la maison et me montra ma chambre qui se trouvait à côté de la sienne. Nous prîmes rapidement une douche avant d'aller dîner dans un restaurant pas trop loin de la maison. Nous rentrâmes 2 heures plus tard, un peu fatigués. Nous montâmes directement au 1er étage. Moi, arrivée devant la porte de ma chambre : Bonne nuit chéri. J'eus pour réponse un b****r langoureux. Il ne voulut pas lâcher mes lèvres. D'une main, il poussa la porte entrouverte et me poussa à l'intérieur. Nous nous retrouvâmes très vite sur le lit, nos lèvres toujours unies. Comme un lion, il commença à ouvrir la fermeture éclair de ma robe et je compris aussitôt ce qu'il voulait. Moi : Ibrahim! Attends ! Il n'entendit pas ce que je lui dis et arriva à ouvrir ma robe. Je sentis déjà ses mains se balader sur mon dos dénudé. Moi : Non, non! Ibrahim ! Je le repoussai violemment et arrivai à me soustraire de son emprise. Ibrahim, en colère : Quoi encore ? Moi : Je ne veux pas ! Ibrahim : Comment ça “tu ne veux pas ” ? On n’est pas venu jusqu'ici pour ne rien faire. Moi : Ah parce que tu m'as amenée jusqu'ici rien que pour ça ? Ibrahim : Ecoutes Rabia ça fait bientôt deux mois qu'on est ensemble. Je t'invite à un week-end en amoureux dans ma maison de vacances, tu as accepté. Pour moi, c'était évident que tu avais compris que c'était pour passer à une autre étape dans notre relation. Moi : Je m'excuse de n'avoir pas compris que tu m'amenais dans ta garçonnière. Combien de filles as-tu amenées ici ? Je ne suis pas comme les autres filles. Il se leva du lit en colère. Ibrahim : Tu es vraiment vieux jeu. Moi, énervée : Pardon ? Je suis vieux jeu, juste parce que je ne veux pas être une conquête de plus dans ta garçonnière ? Tu n'as rien compris. Il sortit en claquant la porte derrière lui. J'éclatai en larmes. Je n'aurais jamais dû accepter ce week-end en amoureux. C'était évident qu'on en arriverait à cette confrontation. Je m'y étais préparée pendant ces deux mois. Il n'était pas question que je couche avec un homme dont je n'étais pas amoureux, mais je ne comprenais pas pourquoi je me sentais aussi triste de le voir partir en colère. Mes larmes coulèrent de nouveau. ************** Pdv Ibrahim Sur la pointe des pieds, j'entrai dans la chambre. Je vis la petite silhouette qui reposait innocemment sous la couverture. La fenêtre de la chambre était ouverte et on entendait les vagues s'échouer sur la plage. Il était 1h du matin. Elle dormait profondément et j'étais heureux qu'elle ne m'ait pas entendu arriver. Je regrettais de mettre mis en colère tout à l'heure. Mais c'était la première fois qu'une femme se refusait à moi. Cette frustration était nouvelle pour moi. Elle était visiblement différente de mes ex. J'avais connu jusqu'à présent des femmes prêtes à tout pour mon plaisir, mon amour ou mon argent. Mais elle, rien de tout cela ne l'intéressait. Elle me semblait tellement indépendante et parfois distante qu'il m'arrivait de me demander si elle m'appréciait vraiment. Pourtant malgré son refus et les mots durs qu'elle m'avait lancés, j'étais là debout devant son lit à contempler sa silhouette dans la pénombre. Moi, je n'avais pu m'endormir mais, elle dormait à point fermé. Visiblement notre première dispute n'avait pas eu le même effet. Lentement, je soulevai la légère couverture qui la protégeait de la fraîcheur de la nuit et je me couchai discrètement. Elle se retourna et ses pieds touchèrent les miens. Cela la réveilla. Apeurée, elle se leva précipitamment et alluma sa lampe de chevet. Rabia : Ibrahim, que fais-tu ici ? Ibrahim : Ne t'inquiètes pas, je ne suis pas là pour te forcer. Je n'arrivais pas à dormir. Je m'excuse pour tout à l'heure. Elle me sourit. Rabia : Tu es pardonné. Je m'approchai d'elle et déposai un léger b****r sur ses lèvres. Moi : Merci mon amour ! Je peux dormir avec toi ? Je ne te toucherai pas. Tu peux me faire confiance. J'ai envie de toi, mais je ne te ferai rien tant que tu ne le voudras pas. Elle me regarda hésitante. Rabia : Promis ? Moi : Promis ! Rabia : Ok ! On s'embrassa de nouveau, pendant qu'elle éteignit d'une main hasardeuse la lampe de chevet. ************ Lundi Je descendis du taxi en grimaçant. J'étais exténuée. Ma journée avait été longue. Je me dirigeai vers l'immeuble, quand une main m'attrapa subitement le bras. Je sursautai et me retournai. Moi, en retirant mon bras : Tiens monsieur ''sans tact''. Mactar, en colère : C'est quoi cette histoire de week-end ?  Moi : Je ne vois pas de quoi tu parles ! Mactar : Figures-toi que je suis passé déjeuner samedi et Maty m'a appris que tu étais partie en week-end avec des collègues. Tu étais avec Ibrahim c'est ça ? Je restai silencieuse. Mactar : Je m'en doutais bien. Je pensais que tu n'étais pas une prostituée ? Je voulus le gifler, mais il attrapa ma main. Mactar : N'essaie même pas ! Il relâcha ma main. Mactar : Qu'est-ce qui t'a pris ? Tu as couché avec lui ? Moi : Ça ne te regarde pas. Il saisit de nouveau violemment mon bras. Mactar : Dois-je te rappeler notre contrat ? Moi : Notre contrat ne m'oblige pas à te dire tout ce que je fais avec Ibrahim. Maintenant lâches-moi. Il me poussa contre le mur, furieux et garda toujours mon bras douloureusement dans sa main. Mactar : Ne joues pas ce jeu-là avec moi, tu pourrais le regretter. Tu ne sais pas dans quoi tu es en train de fourrer ton nez. Si tu commences à vouloir cavaler seule, tu risques de te mordre les doigts. J'espère que tu n'as pas couché avec lui et que tu n'essaies pas à cause de son argent de te le mettre dans la poche. Je ne te laisserais pas faire. Moi : Laisses-moi, tu me fais mal. J'essayais tant bien que mal de me libérer. Brusquement, une main nous sépara. Tous les deux choqués, on regarda celui qui venait de nous interrompre. Mactar : El Hadj ? El Hadj, furieux : Vas t-en ! Goujat ! Tu t'en prends aux femmes maintenant ? Moi : Attends El Hadj ! El Hadj : Vas-t-en! Mactar. (puis s' adressant à moi) Et toi, viens avec moi ! Nous montâmes dans l'appartement. Mon cœur battait cent à l'heure. Moi : El Hadj, ce n'est pas ce que tu crois. El Hadj : Ne me dis pas que tu oses le défendre. Depuis quand ? Moi : Pardon ? El Hadj : Depuis quand vous êtes ensemble ? Moi : Mais El Hadj, ce n'est pas du tout ce que tu crois. El Hadj : Jamais je n'aurais cru que tu étais une femme qui accepterait une relation violente et jamais non plus je n'aurais cru que cet homme ce serait Mactar. Mactar n'a pas fini de m'entendre mais toi comment peux-tu accepter cette situation ? Je l'écoutais honteusement me faire un discours sur le danger des relations violentes. Quand il termina, j'osai enfin poser la seule question qui me préoccupait. Moi, inquiète : Tu vas en parler à Maty ? El Hadj : Avec sa grossesse ? Je n'ose pas lui dire que son frère sort avec sa meilleure amie et qu'il est v*****t avec elle. Vous êtes des adultes, je ne vais pas trop vous dire ce que vous devez faire, mais je t'apprécie vraiment alors il n'est pas question que Mactar te fasse du n'importe quoi. Je lui parlerai. Si vous ne pouvez pas avoir une relation normale, séparez-vous. En tout cas, si je revois la même scène de tout à l'heure, je me verrais obligé de prévenir Maty. Sans riposter, je me dirigeai vers ma chambre. Arrivée à la porte, mon portable sonne. Un sms de Mactar : ''On continuera notre discussion un autre jour. Tu as intérêt à ne rien dire à El Hadj''.
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