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Et ton absence se fera chair

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Plongée dans l'intimité d'un couple

Le premier roman de Siham Bouhlal nous fait graviter autour des thématiques universelles de l'amour, du deuil et de la nostalgie. L'auteure nous livre ses sentiments, bruts, fruits d'un vécu, d'un amour passionné et d'une blessure à jamais ouverte. Avec l'issue tragique comme point de fuite d'une narration magistrale, celle-ci nous plonge dans l’intimité de sa relation fusionnelle avec Driss Benzekri, homme politique marocain de renom, homme follement aimé avant tout. Elle nous livre bien davantage qu'un chant de tristesse ou qu'un cri de colère contre l'injustice fondamentale de l'existence : son intolérable deuil s’entremêle à la chronique poétique, bouleversante et envoûtante d'un amour qui déplaçait les montagnes.

Un roman érotique d’une grande poésie construit sur l’intensité de l’amour et du deuil.

EXTRAIT

Je ne me sentais guère ton objet, ou possédée par toi, mais nos deux corps enchâssés, comme une pierre précieuse sur la bague, ne formaient qu’une seule et même entité, le féminin et le masculin étaient dissous dans un vertige qui les lançait vers le firmament, comme la lettre se marie au mot, le mot à la calligraphie. De l’or coulait de la feuille, s’insinuait dans notre b****r, dans notre bouche, au fond de notre gorge, dans les vaisseaux haletants de notre cœur, le poème se lovait tantôt dans ton dos tourné vers le haut, tantôt dans mes courbes à moi, lorsque je me retrouvais vers les cieux, il voyageait ensuite au gré de nos caresses, parcourant les dunes onctueuses, se reposant sur les plaines humides, pénétrant les fentes parfumées et tremblantes de désir, il se croisait avec nos doigts, nos jambes entrelacées, ébouriffait nos cheveux confondus, voltigeait avec notre souffle devenu seule et même essence, buvait la rosée qui poussait comme une herbe miraculeuse et tendre.

CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE

– « Par cet écrit poétiquement prenant, Siham Bouhlal déjoue les plans de l’oubli de ce vivant-mort et de ses souvenirs obsessionnels qui la hantent. » – Souad Mekkaoui, Maroc Diplomatique

– « Ce livre est une célébration, un hymne à l'Amour intellectuel et physique. On y croise un homme et une femme dans leur vérité quotidienne, leurs échanges d'idées notamment sur le Maroc berbère d'avant l'Islam, la langue amazigh, les droits de l'homme. » – Jacky Essirard

– « Un livre-hommage, une déclaration d’amour plus que sublime, une écriture douce, poétique, sensuelle et charnelle. Un deuil intolérable où priment les souvenirs de douceur, lumière, sensualité et amour. […] Un hymne à l’amour même après la mort. » – Bettie Rose Books

– « Lire le roman de Siham Bouhlal, c’est accepter l’idée que seule l’écriture peut résister à l’oubli et continuer à livrer son lot de promesses et de secrets. » – Karim Lyamlahy, ActuaLitté

À PROPOS DE L’AUTEUR

Siham Bouhlal est une romancière, poète et médiéviste née à Casablanca dans une famille originaire de Fès et installée en France depuis vingt-sept ans.

Titulaire d’un doctorat en littérature de l’Université Paris-Sorbonne, elle se consacre à la traduction de textes médiévaux. L’art de vivre, le fonctionnement de la société arabo-m*******e classique, la pratique d’un certain islam « ancien » restent ses sujets de prédilection. La question de l’amour courtois, du corps et de l’acte amoureux dans son ensemble demeurent aussi une obsession chez elle.

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Chapitre 1
1J’ai sombré dans ce vestibule étroit, ténébreux. Silhouette fine, élancée, au dos droit, lourd, je ne laissais plus que la mélodie aiguë de mes talons, résonance nette et uniforme. J’étais aux prises avec ce couloir d’une longueur infinie, obstinée. . . . Mon visage surgissait de cette obscurité, encore et encore, ou plutôt mes traits bravant la nuit et ses lumières artificielles, d’abord mes immenses yeux marron, cerclés d’un trait noir, mon nez régulier, long, brillant, mes joues pâles et peu fournies, puis ma bouche pulpeuse mais sèche, ouverte sur un rêve ancien, mes dents blanches et luisantes, sur lesquelles je m’acharnais tous les matins, tous les soirs, enfin mon cou grave qui chutait sur mes seins hautement dressés mais qui, disais-tu, étaient plus doux que le coton, que la crème, que le petit lait par un chaud crépuscule. Ma longue robe noire, au profond décolleté, était impeccablement repassée. Je suis entrée dans le salon comme une apparition. Personne ne s’est étonné de mon air rigide et grave, presque affecté. Moi qui savais m’élancer avec les arbres et le vent, couler avec l’eau de la rivière et épouser ses rides, j’ai enfin senti le mouvement de mes traits qui se décrispaient. Je me suis un instant arrêtée et j’ai repensé à notre dernière conversation : – Que fais-tu encore là ? Tu devrais partir loin d’ici ! Les chimiothérapies, l’hôpital… Enfin tout cela ! – C’est toi que je veux. – Oui, mais moi je suis fini. Ta beauté est si précieuse, elle a besoin d’être adulée à chaque instant. – C’est toi que je veux, pourquoi me pousses-tu dans les bras d’un autre ? – La mort me traque ! – Cela t’est si indifférent de me savoir avec un autre ? – La mort nous force à broyer nos sentiments, à les dissoudre dans l’acide ou à les jeter dans la gueule du geyser. – Je t’aime. La mort ne m’effraie pas. – Tu es têtue… Moi aussi, je t’aime, suis fou de toi. Tu as chuchoté ces mots, comme si tu t’étais retranché de tout ce qui nous entourait, la chambre de l’hôpital, la perfusion, le monde entier. Mais le son de ce « je t’aime » chantait dans ma tête et ta main pressant mon ventre le faisait se contracter encore. Soudain, Anna, faisant irruption dans la chambre, s’est précipitée vers moi : – Ma chère ! Mon visage s’est éclairé d’un sourire, pourtant si douloureux : – Anna ! – Viens vite, tout le monde t’attend ! Anna toujours exagérait les choses ! L’assemblée était en réalité bien occupée à danser, à bavarder ou à boire. Dans ma vie bien rangée, Anna était une sorte de délicieux désordre. Son visage aux traits fins et délicats était éclairé par des yeux d’un bleu limpide, qui semblaient exprimer un étonnement infini, et couronné de cheveux bouclés, dorés et souples. Son rire n’était inconnu de personne, un rire pareil à une cascade douce et lente. Son corps menu donnait l’impression d’être prêt à se briser sous sa blancheur, mais en réalité Anna était une forte nature. Sans elle, j’aurais été écrasée par la foule, le jour de l’enterrement. Le soleil tapait fort. De la terre rouge s’élevait dans l’air une fine poussière, sans aucune brise à l’horizon. Un monde fou envahissait les lieux. Des inconnus avaient afflué de partout. On ne savait comment ils avaient atteint cet endroit si reculé ! Toi, cet homme si frêle, tu avais mobilisé tout le pays. Ces gens qui ne connaissaient rien du feu qui unissait mon corps à ton corps, pourquoi étaient-ils venus s’interposer entre toi et moi, entre ta dépouille et moi ? Qu’étaient-ils donc venus regarder ? Sentir l’odeur de ta mort ? Que ressentaient-ils au juste ? Quel goût pouvaient avoir les larmes de ceux qui les avaient versées ? Des cars entiers avaient été affrétés, des banderoles brandies, des photos de toi et même du roi flottaient parmi la foule, les équipes de radios et de télévisions… Le chemin d’ordinaire désert de ce petit village était parsemé de panneaux indicateurs et de policiers, qui depuis Rabat jonchaient la route. Du chômeur au fonctionnaire, du ministre au prince, tout le monde était là. Même ton tortionnaire avait exprimé sa volonté d’être présent pour ta mise en terre, mais des associations de droits de l’homme l’avaient publiquement menacé, et il s’était finalement ravisé. Depuis ta mort, on n’arrêtait pas de me bousculer. Moi, mes larmes brûlantes et mon chagrin, je gênais déjà et je ne songeai à rien alors, rien qu’à toi dans ce cercueil. Mais pourquoi voulaient-ils me cacher, moi, mes larmes brûlantes et mon chagrin ? La foule est un bain bouillant, une masse qui porte avec elle la rumeur et les accusations, un drame ultime de la vie. Je n’aimais pas la foule et ce jour-là, je devais la combattre, l’affronter pour aller au bout de la mort, dans la mort, là où nous nous étions juré de ne jamais nous séparer. La foule est une hyène, une louve en chaleur. Que te voulait-elle maintenant, à toi, cet homme décharné sous son linceul ? La main de Richard s’est posée naturellement sur l’épaule d’Anna et un b****r a suivi. Seule image qui me rappelait que l’amour existait toujours : Richard embrassant Anna avec constance. Cet homme de taille moyenne, brun, aux cheveux épais, aux lèvres charnues, aux yeux d’un noir surprenant, telle une nuit rutilante, n’ignorait rien de l’amitié qui nous liait toutes deux, de sa force, parfois de sa violence. Depuis que nous nous étions rencontrées sur les bancs de l’université, jamais nous ne nous étions quittées. Parfois notre complicité l’irritait, mais les lèvres d’Anna confondues dans les siennes la lui faisaient vite oublier. La nuit, toutes les nuits, Anna n’appartenait qu’à lui : Anna et son corps splendide, frais, sentant le magnolia et le lys, offerts à lui. Anna, qui s’était doucement détachée de lui, m’a tirée vers l’intérieur. Richard lui a emboîté le pas avec regret, voyant s’éloigner le sourire illuminé d’Anna, ses yeux surprenants et l’éclat de son rire. Il tentait en vain de ne pas laisser affleurer une jalousie, aussi inacceptable qu’incompréhensible pour nous, angoissé à l’idée d’être complètement abandonné par Anna si elle découvrait l’étendue du sentiment qui le rongeait. D’ailleurs, comment aurait-il pu s’en défendre sans être ridicule ? La jalousie laisse sans réponse de telles questions et détruit méthodiquement les êtres qu’elle touche. Monstre odieux, elle avance à tâtons, trébuche sur tout ce qu’elle rencontre, frappe de sa canne d’aveugle et hurle. Elle piétine toute vie, anéantit le repos. Elle vocifère, injurie, pleure, dévaste. Elle se confond avec l’égoïsme, dont elle partage la couche. Les Mille et Une Nuits racontent l’histoire d’une femme dévorée par la jalousie qui tue son mari, lui coupe la tête, l’enterre dans un pot de basilic qu’elle garde auprès d’elle, arrose et hume tous les jours. Richard se trouvait toutes les raisons du monde pour nourrir son sentiment. À ses yeux, il était, au cœur de sa passion pour Anna, légitime, voire nécessaire. Lui-même n’était rassuré que lorsque, la possédant, il voyait ses pupilles se dilater sous la jouissance, sentant les bras de sa maîtresse l’attirer contre elle avec force. Faute de contrôler son obsession, c’étaient les seuls moments où il pouvait lui donner quelque répit. Sur Anna, il voulait régner seul. Toi, tu haïssais ce sentiment, tu ne l’as jamais supporté ni accepté, je l’ai su dès le début de notre histoire, et j’ai dû me résoudre à ravaler mon égoïsme et mon désir de te posséder complètement. Nous nous sommes installés sur le canapé pour observer les danseurs. Je savais que je ne danserais plus ainsi. Rien ne semblait pouvoir arrêter ces corps enfiévrés. Ils déployaient une énergie que j’avais perdue. Cette énergie et ces vertiges, ils liaient mon corps à ton corps. Nous avions autrefois dansé jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que je m’évanouisse à tes pieds, exaltée par cet amour vigoureux qui nous unissait. Penché sur moi, me retenant dans tes bras pour m’empêcher de m’écrouler, tu me disais : « Personne ne m’a jamais aimé ainsi. » Je cueillais l’eau fraîche et la vigne de ta bouche, je fermais les yeux, ivre. Tous les gestes de la vie me ramenaient ton souvenir. Toi, cet homme agonisant, qui ne pouvait plus rien ni pour toi, ni pour moi, tu combattais la maladie, te préparais à la mort. Qu’aurais-je voulu que tu fasses, que pouvais-tu encore ? La vie et la mort chancelaient devant tes yeux, dansaient ensemble devant toi, impuissant. Tu reconsidérais toutes les grandes décisions de ta vie comme si la mort demandait déjà des comptes ou qu’elle donnait des yeux neufs pour scruter l’existence. Au milieu de tout cela, j’étais restée muette. Je n’avais pas voulu troubler ton combat, mais désormais tous les mots que j’aurais aimé te dire, que j’aurais dû te dire, allaient rester coincés dans mon gosier, comme des barbelés travaillant dans ma poitrine. Jamais tu ne les entendrais. Jamais je ne te les dirais. La mort avait tout emporté. Les autres, ici, n’avaient pourtant pas cette pudeur face à ton agonie. Je ne savais à quels renoncements tu avais dû te résoudre, lorsque la solitude glaciale du cachot montait dans tes membres, empruntait tes veines et artères, criblait les battements de ton cœur. Je ne savais pas non plus quand cette maligne impitoyable progressait dans tes cellules, s’emparait de tes organes un à un, fleurissait en liseron dans ton intérieur et rappelait à ton cœur qu’elle ferait cesser ses bruits, sa respiration, sa joie, je ne savais à quels renoncements là encore tu avais dû te résoudre, ni comment tu avais véritablement attendu l’irréparable, ce que rien ne pouvait repousser ou empêcher. Quels dialogues avais-tu eus avec la mort, quels entretiens secrets avais-tu entrepris avec la cessation de vie ? Anna me tenait toujours la main, et moi, je ne la retirais pas. Nous sommes restées ainsi sans prononcer un mot, ni l’une, ni l’autre. J’ai repensé à ce matin encore.

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