33Au bout d’une heure, j’avais aperçu le chimiothérapeute qui se glissait dans le bloc, presque en se cachant de moi. Que venait-il faire ici ? Participait-il aussi à cet assaut contre ton corps ? Mon regard embué m’anesthésiait encore le cerveau. J’avais ton téléphone contre mon cœur, comme si de là où tu te trouvais, tu allais m’appeler, me répondre ou m’envoyer quelque signe pour me rassurer. Au bout d’un petit moment encore, j’avais cru rêver, car je venais de voir sortir le chirurgien lui-même. Je m’étais frotté les yeux et penché vers le couloir, son bureau était ouvert ! J’avais quitté mon banc et m’apprêtais à frapper à la porte. Une voix, de l’intérieur, m’avait interpellée : – Madame, entrez ! Comment savait-il que c’était moi ? Il était assis, ou complètement effondré sur un


