13Le TGV Toulouse-Paris se fait attendre sur le quai glacial. Grouillant de valises de toutes les tailles. Je suis emmitouflée dans mon long manteau, acheté il y a trois ans en solde. Tête couverte d’une chapka d’imitation, portant des gants accordés. Oui, la voiture 13 s’arrête bien au repère D comme indiqué sur le tableau électronique. La composition du train, c’est cela. Voilà, ça y est, on siffle. Le TGV entre en gare. Oui, je suis à la place 43. Je me défais de mon manteau, le range méticuleusement et m’assieds. Je regarde le jeune homme assis en face, un walkman sur les oreilles. Il ne regarde rien de précis, ou peut-être un vieux couple qui lui fait des signes de mains. Il a le sourire heureux de ces jours que je veux connaître encore une fois. Le nez droit et moelleux. Les lèvres


