17Épargne mon âme, ô astre étincelant De tes yeux jaillit un glaive menaçant La beauté de ta face croît chaque jour Et mon corps fond et mincit mon amour C’est ce que disait cette calligraphie arabe, réalisée en encre dorée sur un fond noir, qui trônait au-dessus de notre lit. J’avais l’impression que les lettres amoureuses, elles aussi, bénissaient nos ébats, produisaient un effet d’espace et d’ampleur qui faisait se dilater, se mouvoir le poème comme pour imiter nos étreintes et se confondre dans notre union. Je ne me sentais guère ton objet, ou possédée par toi, mais nos deux corps enchâssés, comme une pierre précieuse sur la bague, ne formaient qu’une seule et même entité, le féminin et le masculin étaient dissous dans un vertige qui les lançait vers le firmament, comme la lettre


