19Je ne suis pas allé à Taroudant. Mais de bijoux d’argent, de moi et de tous les trésors, je te couvrirai. Driss. Tous les matins je m’attarde dans le lit, adossée au mur, songeant à toi allongé à mes côtés, ta tête confondue à la mienne, que puis-je maintenant, la solitude ou bien la médiocrité… Au coucher je regarde vers toi et te souris, un sourire aux larmes. Ce fossé insondable qu’est la nuit, une nuit interminable sans toi, une nuit qui rit maintenant de mon attente, de mes yeux ouverts sur le vide obscur et lointain, cette nuit qui a pleuré tous ses astres, ses yeux taris se sont refermés sur ton visage, sur l’odeur de ton dernier b****r. Lire, relire ces poèmes adressés à toi me blesse et ne me guérit que de cette blessure-là, celle de les dire sans toi. Sur ta tombe solitaire.


