Chapitre 23 Dans la soirée, je revins à la Tourberie, et j’entrai dans la boutique du sculpteur. J’avais mis mes bottes et je lui annonçai: — Je suis venue t’emprunter ton chaland. Il me regarda placidement, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde: — Vas-y. La perche est à bord. Puis il me recommanda: — Ne va pas trop loin! Je n’ai pas envie de battre le marais toute la nuit pour te retrouver! — T’inquiète! lui dis-je. J’embouquai la curée sans trop de peine. La perche pouvait faire quatre mètres de long. Elle était polie par l’usage et je trouvais que la barque allait à peu près droit. Paulo m’avait indiqué le truc: pour faire tourner le bateau, il fallait appuyer la perche plus ou moins fort contre le plat-bord. Pour le reste, pas besoin de forcer. Je présume que le


