Chapitre 17

1498 Mots
Un homme venait d'entrer dans le service. En colère. Instable. Sa voix résonnait dans tout le couloir. Les personnes présentes le regardaient, choquées. Certaines murmuraient entre elles. — Elle s'est jetée d'un étage ! cria-t-il. Tout ça pourquoi ? Parce qu'elle est allée voir une chienne qui prétend aider les gens ! Le cœur d'Amaya s'arrêta. — Vous croyez à ces conneries, vous ?! lança-t-il en se tournant vers les autres. Ma femme, c'est une conne ! Elle ne comprend qu'elle a pas besoin de ces conneries ! Amaya comprit immédiatement. C'était lui. Le mari. Et à l'odeur, à sa démarche... il était ivre. Elle resta figée, le regard posé sur lui, le cœur battant à tout rompre. La culpabilité la submergea encore plus violemment. Et pour la première fois depuis longtemps... Amaya ne savait plus quoi faire. Elle resta figée quelques secondes. Son regard ne quitta pas l'homme. — Vous devriez avoir honte, dit-elle d'une voix froide. Parler de votre femme comme ça... alors qu'elle est entre la vie et la mort. L'homme tourna la tête vers elle, surpris par son ton. Amaya s'approcha légèrement. — Si votre femme est venue dans mon cabinet, c'est parce qu'elle souffrait. Parce qu'elle avait besoin d'aide. Elle marqua une pause, le fixant droit dans les yeux. — Et je suis presque certaine que vous êtes la cause de cette souffrance. Un silence s'installa. Puis, lentement... Lucien Rossi sourit. Un sourire étrange. Puis il s'arrêta net. Son regard devint dur. — Attends... Il plissa les yeux. — Donc c'est toi... ? Amaya sentit une tension monter. — C'est toi cette p**e que ma femme est allée voir ? Il éclata de rire, se tournant vers les autres personnes présentes. — Regardez-moi ça ! Voilà la fameuse coach ! Une escroc ! Elle soutire de l'argent aux femmes en détresse et leur fait croire qu'elle peut régler leur vie ! Les murmures commencèrent autour. Amaya sentit la colère monter. Elle se leva complètement, droite, digne. — Arrêtez de mentir. Sa voix claqua dans le couloir. — J'ai aidé des dizaines de femmes. Vous ne savez rien de mon travail. — Ah oui ? répondit-il en ricanant. Moi je sais une chose. C'est que ma femme s'est jetée d'un étage après être venue te voir. Donc c'est toi qui l'as poussée. — Vous êtes ridicule ! lança Amaya, hors d'elle. Vous êtes un clochard ivre qui ne comprend rien ! Elle s'approcha encore, le regard brûlant. — Je n'ai même pas pu avoir de séance avec votre femme. Sinon, je l'aurais aidée. À commencer par la faire quitter un homme irrespectueux et alcoolique comme vous. Lucien éclata de rire. — Quitter ? Moi ? Son regard devint noir. — Je ne divorcerai jamais de Bretta. Jamais. Elle peut crever, elle restera ma femme. Amaya sentit un frisson de dégoût la traverser. C'est à ce moment-là qu'un médecin arriva, visiblement tendu par le bruit. — La famille de Bretta Rossi ? Lucien se tourna immédiatement vers lui. — Ouais, c'est moi. Elle a quoi cette p**e ? Le médecin resta un instant figé, choqué par ses mots. Puis il reprit : — Madame Rossi est hors de danger. Elle va mieux. Amaya ferma brièvement les yeux, soulagée. Mais Lucien répliqua aussitôt : — Parfait. On peut rentrer alors. — Non, répondit calmement le médecin. Elle doit rester hospitalisée quelque temps pour observation. — Non. Le ton de Lucien se durcit. — Je ne vais pas payer pour ça. On part maintenant. Il fit un pas pour avancer vers les chambres. — Monsieur, vous ne pouvez pas.. commença le médecin. — Dégage doc.. je fais ce que je veux ! Amaya intervint immédiatement, la voix ferme : — Sécurité ! Deux agents présents dans le couloir se retournèrent aussitôt. — Cet homme doit sortir. Immédiatement. Lucien se débattit, furieux. — Tu vas me le payer, s****e ! cria-t-il. Tu crois que c'est fini ?! Les agents le saisirent et l'éloignèrent de force tandis qu'il continuait d'insulter Amaya. Le silence retomba lentement. Amaya inspira profondément, essayant de calmer les battements de son cœur. Puis elle se tourna vers le médecin. — Est-ce que je peux la voir ? Le médecin hésita, puis acquiesça. — Oui. Mais... il y a un problème. Il marqua une pause. — Les frais doivent être pris en charge. Sinon, nous ne pourrons pas la garder ici ce soir. Amaya ne réfléchit même pas. — Je vais payer. Le médecin hocha la tête. Amaya se dirigea immédiatement vers l'accueil. Ses pas étaient rapides, déterminés. Cette fois... elle n'allait pas fuir. Cette fois... elle allait réparer. ... Une fois la facture payée, Amaya se dirigea vers l'ascenseur. Son cœur battait fort. Elle ne savait pas dans quel état elle allait trouver Bretta. Devant la porte de la chambre, elle inspira profondément... puis entra. Bretta était allongée sur le lit, pâle, fragile. Un bandage entourait sa tête. Des appareils bipaient doucement autour d'elle. Elle tourna le visage en entendant la porte. Ses yeux s'arrêtèrent sur Amaya. Elle semblait confuse. — Bonjour... murmura Amaya en s'approchant lentement. — Bonjour... répondit faiblement Bretta. Elle la regardait comme si elle essayait de se souvenir. — Je... je m'appelle Amaya. Je tiens un cabinet de coaching. Vous aviez rendez-vous avec moi ce matin... Les yeux de Bretta s'agrandirent légèrement. — Amaya... ? Sa voix trembla. — Vous... vous êtes venue ? Amaya hocha la tête, émue. Un léger sourire apparut sur le visage fatigué de Bretta. — Je suis contente... murmura-t-elle. Je pensais... que personne ne viendrait. Le cœur d'Amaya se serra. Elle s'assit doucement à côté du lit. — Je suis désolée. Je n'étais pas là ce matin... mais je suis là maintenant. Bretta ferma les yeux, comme soulagée. — Je voulais tellement vous voir... dit-elle faiblement. Je ne savais plus quoi faire... Amaya prit une voix douce. — Vous pouvez me parler. Je vous écoute. Bretta hésita. Ses doigts tremblaient sur le drap. Puis sa voix devint presque un murmure. — Mon mari... Lucien... il me fait vivre un enfer. Amaya resta silencieuse, attentive. — Il boit... tout le temps... continua Bretta. Quand il rentre... il crie... il m'insulte... parfois il casse tout... Sa respiration se coupa. — Il me surveille... je n'ai pas le droit de sortir... il lit mon téléphone... il contrôle l'argent... Une larme glissa sur sa tempe. — J'ai essayé de partir... plusieurs fois... mais il me dit que si je le quitte... il me retrouvera... que personne ne me croira... que je ne vaux rien... Amaya sentit sa gorge se nouer. — Je ne supporte plus... murmura Bretta. Je voulais fuir... vraiment... Elle regarda Amaya, les yeux embués. — Mais je n'y arrive pas... j'ai peur... Sa voix se brisa. — Ce matin... je voulais vous voir... je me disais que vous pourriez m'aider... que vous sauriez quoi faire... Elle ferma les yeux, épuisée. — Mais quand je n'ai trouvé personne... j'ai cru que c'était fini... que personne ne pouvait me sauver... Amaya sentit une douleur profonde la traverser. Elle prit doucement la main de Bretta. — Vous êtes encore là, dit-elle calmement. Et maintenant... je suis là aussi. Elle marqua une pause. — On va trouver une solution. Je vous le promets. Bretta serra faiblement sa main. Pour la première fois... une lueur d'espoir apparut dans son regard. Bretta serra faiblement la main d'Amaya. — Vous croyez... que je peux encore partir ? murmura-t-elle. Amaya hocha doucement la tête. — Oui. Mais pas seule. Et surtout pas dans votre état. On va faire ça intelligemment. Bretta inspira difficilement. — Il va revenir... dit-elle avec angoisse. Il revient toujours... Il va me forcer à rentrer à la maison... — Non, répondit Amaya calmement. Pas cette fois. Bretta la regarda, surprise. — Il ne peut pas vous obliger à sortir d'ici. Et vous n'êtes pas seule. Il y a des médecins, du personnel... et moi. Bretta sembla soulagée, mais son regard restait inquiet. — Vous ne connaissez pas Lucien... murmura-t-elle. Quand il est en colère... il devient... Elle s'interrompit, tremblante. — Une fois... il m'a enfermée deux jours... sans téléphone... juste parce que j'avais parlé à une voisine... Amaya sentit sa mâchoire se crisper. — Vous voyez... continua Bretta. Je veux partir... mais j'ai peur qu'il me retrouve... Amaya réfléchissait déjà. — Est-ce que vous avez quelqu'un ? Une sœur ? Une amie ? De la famille ? Bretta secoua la tête. — Il m'a éloignée de tout le monde... Au début c'était subtil... puis il disait qu'ils me manipulaient... qu'ils me voulaient du mal... Une larme coula. — Maintenant... je n'ai plus personne. Amaya sentit un poids énorme sur ses épaules. — Vous m'avez moi, dit-elle doucement. Bretta la regarda comme si elle n'y croyait pas. — Pourquoi vous faites ça pour moi ? Amaya hésita une seconde. Elle pensa à Lorenzo. — Parce que j'ai failli vous abandonner... murmura-t-elle. Et je ne le referai pas. Un silence s'installa. A suivre
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