IV

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IV On était en mai. Le soleil vivement se souleva de l’horizon, empourprant les tuiles rouges des toitures, buvant la rosée discrète qui gouttait au bout des larges glaives appesantis des grandes herbes, inclinées toutes dans le même sens comme les innombrables baïonnettes d’une armée en marche. La chasse aux vers était terminée et, à l’appel aigu et répété des fermières, les troupeaux se précipitèrent chacun de son côté. Les ailes en croix ramant l’espace, les glousseuses arrivèrent pêle-mêle devant les portes des cuisines où les mains dispensatrices, plongeant dans le tablier retroussé, épandaient en cascades grêles le grain de leur déjeuner. Elles le picorèrent vivement, se hâtant pour en prendre le plus possible et emplir leur jabot comme une besace de réserve, puis elles s’égaillèr

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