IXTandis que Bardeaume se rendait, le lendemain matin, à la Bottellerie, je résolus d’aller voir ce fameux pré, que je ne connaissais pas encore. Vers dix heures, je quittai la ferme et m’engageai dans les petits sentiers, entre les haies brunes que le printemps verdirait bientôt. Chemin faisant, je lus une lettre de Mme Barduzac, apportée quelques instants auparavant par le facteur. Je ne m’étais pas pressée de l’ouvrir, sachant d’avance quelles aménités elle contenait. En effet, ma résolution de rester à la Meulière était traitée de démence, et l’on me prédisait que je m’en repentirais vite. « D’ailleurs, cette sottise ne m’étonne pas de vous », concluait mon aimable correspondante. Je repliai la lettre, la glissai dans ma poche et n’y pensai plus au bout de quelques minutes. La matiné


