XIJe n’oubliais pas l’invitation faite par M. Rouchenne et, la semaine suivante, je me rendis à la Sauvaie. C’était un vieux petit manoir aux murs gris sillonnés par les cordons encore secs des plantes grimpantes dont la floraison les couvrirait au printemps. Quelques sculptures en partie effritées couraient en guirlandes autour de la porte cintrée. M. Rouchenne me montra qu’elles représentaient des marguerites et des épis de blé, qu’on retrouvait dans les armes de Trézonnes. La Sauvaie, autrefois, était, en effet, la demeure des cadets de la famille. Après les guerres de Vendée, le vicomte Henri de Trézonnes l’avait donnée en toute propriété, avec les terres y attenant, à Pierre Rouchenne, qui lui avait sauvé la vie. Le vieillard m’expliqua cela tout en me montrant son jardin, où déjà le


