LXDieu envoie, dit-on, un lourd sommeil aux pauvres gens. Ce dicton populaire est assez vrai. Le pauvre est rarement ennuyé de durs soucis ; rarement l’insomnie l’atteint-elle à son chevet, et quand il s’endort après les fatigues de la journée, un coup de canon aurait peine à le réveiller. Madame Langevin et sa fille dormaient donc profondément lorsque l’incendie s’était déclaré. Le feu avait couvé longtemps, puis il était sorti en flammes rouges par la porte et la fenêtre de l’écurie. Les deux femmes dormaient toujours. On avait aperçu les premières lueurs de l’incendie à trois quarts de lieue à la ronde, que les deux femmes dormaient encore. Ce fut madame Langevin qui s’éveilla la première, suffoquée par la fumée. Elle jeta des cris et courut à la porte. Mais l’escalier était en


