XLVIIToute l’attention du brigadier se concentra alors sur le nouveau venu. M. Victor, comme on l’appelait dans le pays, était un homme de taille moyenne, aux épaules carrées, au cou musculeux, au teint rougeaud. En dépit de son origine aristocratique, il avait des pieds et des mains énormes, et on devinait, à première vue, qu’il était doué d’une force herculéenne. Il avait un collier de barbe rouge. Sa mise rappelait celle de certains bonshommes que Paris ne voit qu’à l’époque des expositions canines. Toujours botté ou guêtre, habillé de velours des pieds à la tête, le fouet ou la cravache en main, il était grand amateur de foires et de fêtes villageoises. Bien qu’il fût un pauvre agriculteur, il se montrait aux comices agricoles, faisait valoir son maigre domaine, entretenait une d


