Chapitre 3

231 Mots
3Et maintenant Rafael lui donnait la clé précise. La ville exacte. Pablo rechercha des informations récentes sur Aix-en-Provence. Il la connaissait par ouï-dire à travers les tableaux de Cézanne et quelques années auparavant, en cherchant par plaisir le lieu où avait été tourné un film de Cocteau où paraissait Picasso, il s’était promené dans des villages voisins et il se souvenait de rues pierreuses et de champs de lavande. Il regarda des centaines de photos ; lumière douce comme le daim, dizaines de fontaines où l’eau coulait comme un éclat d’argent qui défiait le soleil. Oui. Ce pouvait être exact. Il pouvait s’agir de cet endroit. C’était peut-être là qu’aurait lieu le rapprochement qui l’avait obsédé pendant tant d’années. Dans le message intercepté, il était question d’un problème de santé à la hanche. Pablo avait fouillé sur Internet jusqu’à trouver qu’en effet à Aix-en-Provence travaillait un médecin prestigieux qui obtenait des résultats inespérés sur des patients rejetés par les traitements traditionnels. Tout semblait coïncider. Pablo pensa à un gant qui vient d’emboîter à la perfection une main. Cet après-midi-là il acheta son billet. Il partirait dans deux jours de Madrid pour Marseille puis il prendrait le train pour Aix-en-Provence. Il fuma sa cigarette avec lenteur et marcha de son bureau de la rue Toro jusqu’au pont romain. Il regarda les eaux paresseuses du Tormes. Il échangea des murmures avec l’eau. Il lui demanda de continuer à couler, à chanter, à le porter comme un son qui voyage heureux vers une rencontre.
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