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3072 Mots
Millie Lyra et moi tournons en rond, chantant et riant de bon cœur alors que nos pieds martèlent les tables de la taverne qui nous servent de piste improvisée. Nos voix résonnent en rythme avec la musique. A peine la dernière note s’est-elle éteinte que nous levons nos pintes, en un salut joyeux. — A nous ! s’exclame Lyra. Nous trinquons et les buvons cul-sec sous une pluie de sifflements et d’applaudissements dans la taverne surchauffée. La chaleur de l’alcool me caresse l’œsophage, et l’euphorie me fait rire de plus belle. Sans prévenir, nous sautons à terre, les jambes engourdies mais le cœur léger. — Magnifique performance, comme toujours mesdemoiselles, nous complimente Sorn, qui nous attendaient avec Toiben. — Ne t’en fais pas, So, bientôt nous aurons cumulé assez d’argent pour que Millie et moi puissions ouvrir notre propre établissement où faire la fête, lui assure Lyra d’un ton faussement prétentieux. Sorn éclate d’un rire grave et glisse un bras autour de sa taille avant de l’entraîner vers notre table, où les autres – Lucy, Varrick, Elubeth et Lark – nous attendent. Une nouvelle mélodie enivrante débute, emplissant l’air autour de nous. Toiben se penche légèrement vers moi, une lueur de connivence dans le regard. — On y retourne ? me propose-t-il. Je souris : — Volontiers ! Il m’entraîne à l’écart, juste assez pour que nous ayons notre petit espace à nous. La musique pulse et nos corps s’accordent aussitôt dessus. Nos pas se croisent en rythme : un mouvement vif à gauche, un recul, un mouvement vif à droite, un recul, puis une rotation serrée. Toiben m’attire contre lui pour un tour rapide, si proche que je sens son souffle effleurer ma clavicule, puis il me relâche juste assez pour que je bascule en arrière, soutenue par son bras. Un rire franc m’échappe. Il me redresse, me fait pivoter, et nos pas se remettent à bouger en cadence. Nos regards se croisent. L’électricité de notre proximité me traverse. La musique s’emballe et dans un dernier élan, il me saisit par la taille, me soulève avec aisance, et nous fait faire un porté parfait. Nos rires se mêlent aux cris enthousiastes des spectateurs et autres danseurs. Ses mains restent fermement sur ma taille, tandis que mes pieds retrouvent le plancher. — Tout va bien ? me demande-t-il. (Je hoche la tête, le souffle encore court, les joues rougies par l’effort. Il glisse sa main dans la mienne.) Allons retrouver les autres. Nous nous frayons un chemin jusqu’à notre groupe. L’air est saturé d’une délicieuse odeur de poulet rôti et d’épices, la bière coule dans de grandes chopes, et une montagne de nourriture – salades, viandes, frites et fromages – nous fait de l’œil. Sans lâcher ma main, Toiben se glisse près de Sorn et Lyra. — Quel festin ! je m’exclame en attrapant une nouvelle pinte bien fraîche. — En même temps avec notre coup du jour, on peut se le permettre, commente Lark. — Merci Millie qui savait où trouver des chevaux ailés sauvages ! s’exclame Varrick. Tous s’exclament en chœur : — A Millie ! Aye, aye, aye ! Je ris, un peu gênée, tandis que quelques regards curieux se tournent vers nous. Nous trinquons tous ensemble et buvons une longue gorgée. Nos pintes frappent le bois de la table dans un son joyeux. Je me penche vers Toiben et attrape une portion de frites salées et croustillantes, accompagnée d’une énorme aile de poulet dans laquelle je croque à pleines dents. La parfaite récompense après notre longue journée. Notre repas englouti, nous nous lançons dans notre jeu de défis. Lyra et moi faisons le tour de la table à cloche-pied le plus vite possible, encouragées par notre petite tablée qui frappe des mains et cogne les chopes sur la table. Varrick et Sorn essayent de faire tenir leurs pintes sur leurs têtes, ce qui leur vaut une addition imprévue sur leur note. Et bientôt, d’autres défis suivent, chacun plus farfelu que le précédent, rires et éclats de voix se mêlant à la musique et à l’odeur de la bière et des épices. Puis notre attention se retrouve happée par deux hommes minuscules, pas plus d’un mètre cinquante chacun, qui montent sur une table à leur tour. Ils se tiennent bras-dessus, bras-dessous et commencent à tourner en chantant à tue-tête. Les applaudissements fusent en rythme, encourageant leur performance. Toiben et Lyra n’hésitent pas une seconde : ils montent sur la table avec eux et prennent la chorégraphie en cours de route, hilares. — Je vais encore devoir gérer la répartition de notre butin sans mon cousin, marmonne Lark en levant les yeux au ciel. — Profites-en pour retirer un pourcentage sur sa part, suggère Sorn avant de vider sa pinte d’une traite. La musique augmente d’un cran. Des danseurs se rassemblent au centre de la salle. Lyra nous attrape Elibeth, Lucy et moi par les mains et nous entraîne avec elle. Sans réfléchir, nous nous laissons emporter par l’élan. Les musiciens s’adaptent à notre rythme et nous accompagnent dans notre performance improvisée. Nous chantons d’une seule voix, traversées par l’énergie qui anime la taverne. Je ris, je chante, je frappe dans mes mains, je me joins au mouvement de la foule qui tourne, tape du pied, siffle, crie. La chanson monte, tourne, enfle, et finit dans un dernier accord un peu faux mais triomphant. À ce moment précis, la porte de la taverne s’ouvre à la volée, claquant contre le mur. — Barrez-vous ! La garde royale de la famille Merdeux est là ! s’exclame Sorn d’une voix théâtralement féminine. Un instant de flottement. Puis tout explose. Les chaises volent, les tables tremblent, tout le monde cherche ses affaires à la hâte tandis que les gardes se ruent à l’intérieur. Certains jurent, d’autres rient nerveusement. Des chopes se renversent. L’odeur de bière se mêle à celle de la panique et de l’amusement. La fuite se fait en musique. Les musiciens n’arrêtent pas. Ils continuent de jouer en courant comme s’ils avaient le feu aux fesses, la mélodie trébuchante mais vivante, refusant de laisser la garde royale lui dicter la fin du morceau. Toiben, Lyra, Elibeth, Sorn, Varrick, Lucy et moi filons par une porte latérale, qui donne sur une petite ruelle sombre, et nous glissons derrière des tonneaux. Un groupe de gardes passe devant nous à toute vitesse, trop occupés à poursuivre les fuyards pour faire attention à notre cachette. Le calme revenu, nous nous regardons et éclatons de rire, essoufflés, l’adrénaline encore présente dans nos veines. — Allons-y, souffle Toiben. Nous nous remettons en marche et traversons les ruelles familières du district, nos pas résonnant sur les pavés. Elibeth, Lucy et Lyra chantonnent en cœur comme chaque fois que nous rentrons en b***e dans notre secteur du district. Comme d’habitude, je suis la première à atteindre ma porte. Je me tourne vers eux, un sourire étirant encore mes joues fatiguées. — Bonne nuit, les amis. Varrick lève un sourcil, une lueur provocatrice dans les yeux. — Nous savons tous que tu vas faire des folies avec ton fae, Mil ! Je roule des yeux, mais Sorn renchérit aussitôt. — Il a raison, mais reste raisonnable : nous avons un gros coup qui nous attend demain ! Ils m’enlacent à leur manière : Varrick avec une tape trop forte dans le dos, Sorn m’ébouriffe les cheveux, puis ils s’écartent pour laisser place à Lucy et Elibeth qui m’embrassent sur les joues avant de disparaître avec eux en riant. Lyra, elle, reste un peu en retrait, attendant Toiben. Son regard à la fois doux et sérieux s’ancre au mien. — Alors, comme ça tu vois toujours ce mystérieux fae ? me demande-t-il d’un ton léger, qui ne masque pas tout à fait sa déception. — Je ne l’ai pas revu depuis trois ans, je réponds. Mais j’espère le croiser au palais demain. Peut-être que cette fois, je pourrai enfin le convaincre de laisser tomber cette vie de serveur et de venir avec nous. Toiben opine lentement, mais son expression change. Il détourne brièvement les yeux, luttant contre quelque chose, et les replonge dans les miens. — Sache qu’il n’est pas ta seule option. Un drôle de frisson me court le long de l’échine. Il me caresse tendrement la joue, un petit sourire triste sur les lèvres, et dépose un b****r à la commissure de mes lèvres. Avant que je ne trouve quoi répondre, il recule et rejoint Lyra. Je les regarde s’éloigner côte à côte, leurs silhouettes se fondant peu à peu dans la lumière vacillante des lanternes. Je soupire et rentre à l’intérieur. Sans grande surprise mon oncle Torren, apothicaire et herboriste du secteur, debout devant la table de la cuisine, entouré de bocaux et de fioles, concentré sur ses préparations. Il lève brièvement les yeux vers moi. — Alors, comment s’est passé ta journée ? — Infiniment prolifique, je réponds avec enthousiasme. Je pose plusieurs sacs d’herbes, des fioles, d’autres tubes neufs et une bourse de pièces d’or sur la table. Mon oncle fait les yeux ronds, surpris. Son regard passe de mon visage à la table, puis de la table à mon visage pendant une bonne minute. — Ne t’en fais pas, j’ai été prudente, je lui assure avant qu’il ne me réprimande. Il secoue la tête, murmurant avec un rire sans joie : — Un jour, vous allez vous faire prendre… — Crois-moi tonton, ce n’est pas demain la veille. À peine ai-je le temps de prononcer cette phrase que l’horloge sonne minuit pile. J’y jette un coup d’œil rapide et ajoute : — Je vais me laver et me coucher. Gros coup prévu demain, il faut que je sois en forme. Je m’approche de lui et l’embrasse sur la joue. — Bonne nuit, tonton. — Bonne nuit, ma chérie. Je m’empresse de monter les escaliers qui mènent au petit étage, juste sous le toit, où se trouve ma chambre. — Millie ? (Je me retourne, un sourcil haussé.) Je t’aime, ma chérie. Un léger sourire étire mes lèvres malgré moi. — Je t’aime aussi, tonton. ** ** Une fois dans ma chambre, je ferme la porte et me déshabille à la va-vite, mes vêtements tombant en tas sur le sol. Je regagne la partie salle de bain, cachée derrière un demi-mur. Un vieux baquet sous le tuyau de douche, un petit évier ébréché et des toilettes creusées à même le sol en constituent les éléments principaux. Le froid me saisit tandis que je tire sur le vieux tuyau pour remplir le baquet. — Bordel de merde, je jure entre mes dents, en me glissant dedans à cause du choc du froid. Je me frotte vigoureusement avec ma brosse et mon savon dur, inodore, essayant tant bien que mal de chasser la sueur et l’odeur de la taverne. L’eau est glaciale, mais revigorante. Une fois propre, je ressors et m’enroule dans ma serviette rêche. Je fouille dans mon coffre et en sors un vieux pantalon élimé ainsi qu’un tee-shirt à manches longues. Le tissu, qui a connu de meilleurs jours, sent le propre, la familiarité et la tranquillité. Je l’enfile rapidement, encore un peu tremblante du froid du bain. J’attrape ma brosse à cheveux et relève les yeux vers le petit miroir accroché au-dessus. Ma main se fige. Mon cœur explose dans ma poitrine. Il est là. Adossé contre le mur, sous mon velux, à moitié tapis dans l’ombre. Malgré tout, je discerne ses cheveux plus longs que dans mon souvenir, qui retombent en vagues libres sur ses épaules, et ses yeux dorés. Son masque noir, qu’il porte toujours lorsque nous nous voyons, dissimule partiellement son visage, mais son sourire goguenard, que je reconnaitrais entre mille, transperce tout. — Rhev…, je souffle. Je me retourne, cligne des yeux pour m’assurer que je n’hallucine pas. Il incline légèrement la tête. — Bonsoir, petite fleur. C’est tout ce qu’il faut. Mon corps réagit avant ma tête. Je traverse la pièce d’un bond et lui saute littéralement dans les bras. Ses mains se referment sur moi avec une force urgente, possessive, qui me coupe le souffle. Nos lèvres se heurtent. Brutalement. Goulûment. Il rit entre deux baisers, un son grave, qui se réverbère en moi. — Tu ne sais pas à quel point tu m’as manqué, murmure-t-il d’une voix profonde. Je glisse mes doigts dans ses cheveux, me recule un peu pour l’observer. — Tu…Tu es vraiment là ? je demande. Il rit à nouveau, m’embrasse encore, plus lentement cette fois, comme pour graver ce moment dans nos os. — Je ne suis jamais très loin. Je tremble dans ses bras, incapable de lâcher prise. Et pour la première fois depuis longtemps, la vie cesse d’être compliquée, effrayante et incertaine. Je me love contre lui, enfouissant ma tête dans le creux de son cou, respirant son odeur chaude, sombre, familière. Il glisse ses mains sous mes fesses, me pressant contre lui. Sans me lâcher, il avance vers mon lit. Le matelas s’affaisse légèrement sous son poids lorsqu’il s’assoit. Je sens la tension contenue dans son torse, le rythme rapide de sa respiration, la fermeté de ses muscles sous mes doigts. Nous restons ainsi, enlacés, comme si le simple fait de lâcher prise risquait de nous faire disparaître. Je remonte mes deux mains derrière sa nuque, caresse doucement sa peau. — J’ai eu peur pour toi. J’ai cru que tu avais eu des soucis…Que tu avais été capturé, je dis d’une voix légèrement tremblante. Son rire amusé vibre une fois de plus à travers sa poitrine. — Capturé, par qui ? Je frissonne, déglutis difficilement. — Par le Justicier du futur roi. — Petite fleur… (Le sourire dans sa voix me fait lever les yeux vers lui.) Ça n’arrivera jamais. — Tu ne peux pas en être sûr. — Mais si. (Il penche légèrement la tête, ce geste félin qui lui est si naturel, et glisse une main sous mon menton. Un éclat lumineux caresse ses iris dorés.) Je te l’ai déjà dit, et je te le répéterai autant de fois qu’il le faudra : je suis tout aussi fort que lui. Je fronce légèrement les sourcils, sans comprendre entièrement ses paroles. Il sourit, ce sourire à moitié sombre, à moitié tendre, qui cache toujours quelque chose. Quelque chose que je ne parviens pas encore à saisir. Avant que je puisse poser la moindre question, il m’attire contre lui, dépose un long b****r sur ma tempe, comme pour sceller la promesse qu’il vient de faire, et bascule en arrière m’entraînant avec lui. Je me retrouve sous lui, ses mains sur mes hanches. Nos lèvres se retrouvent, plus profondes, plus affamées. — Pourquoi tu as disparu, si ce n’est pas pour une arrestation ? — Parce que j’attendais, murmure-t-il contre ma bouche. Ses doigts glissent sous mon tee-shirt, sur ma peau, remonte jusqu’à ma poitrine. Ses doigts caressent mes seins dans des gestes tendres, puis redescendent lentement jusqu’à mes hanches. Je frissonne. — Tu attendais… ? — Que tu sois plus âgée. Mon souffle se bloque un instant dans ma poitrine tandis que je soulève les hanches pour qu’il me retire mon pantalon. Ses doigts s’aventurent dangereusement entre mes cuisses. — Plus âgée pour ça. Il m’attire à lui et m’embrasse, un b****r qui fait ployer tout mon corps. Ses doigts dessinent de petits cercles sur mon point sensible. Son bras libre glisse autour de ma taille, me maintenant fermement en place. Ses lèvres descendent lentement le long de mon cou, jusque sur ma clavicule dont il suçote avidement la peau. Mes doigts se crispent dans ses cheveux. Une chaleur profonde se répand dans mon ventre. Ma respiration se fait plus courte, plus effrénée. Il se redresse, son regard ancré au mien. Ses mains s’attaquent à sa chemise qu’il fait passer par-dessus sa tête, révélant un torse parfaitement musclé, avant d’en faire de même avec mon haut. Le rouge me monte aux joues alors que je réalise que je suis parfaitement nue sous lui pour la première fois. Ses lèvres reprennent leur trajectoire de ma poitrine à mon ventre, déposant une pluie de baisers mouillés sur ma peau me faisant gémir. Ses mains se referment sur mes cuisses qu’elles écartent un peu plus. Une lueur malicieuse traverse son regard. — Prépare-toi, petite fleur. Il plonge sur mon point sensible. Mon souffle se fracture. La tension me traverse d’un coup, brûlante, incontrôlable. — Oh mes… Je bascule la tête en arrière, submergée par une vague de sensations qui me coupent presque la voix. Ses doigts s’enfoncent dans ma chair tandis que sa bouche, sa langue et ses dents s’attaquent impitoyablement à mon bourgeon de chair dans un mélange étrange de délicatesse et de force. Tout disparait. Plus de Justicier. Plus de danger. Plus de plan dangereux qui m’attend demain. Il n’y a plus que lui, moi, et ce retour brûlant après toutes ces nuits passées à l’attendre. Des étoiles se mettent à danser devant mes yeux, la chaleur brûlante prête à m’engloutir à tout instant. — Rhev…, je souffle d’une voix légèrement aigue. — C’est ça, gronde-il contre ma peau. Jouis pour moi, petite fleur. Je bascule, submergée par la vague qui me traverse, chaque fibre de mon corps vibrant de sensations nouvelles, jusqu’à ce que tout se relâche en un souffle haletant. Rhev relève la tête, son regard ancré au mien, et m’embrasse. Ses ailes dorées se déploient doucement autour de nous lorsqu’il se laisse tomber sur le côté. Je tends la main et les effleure du bout des doigts. Un léger frisson parcourt son corps. Je me blottis contre lui, me glissant dans l’étreinte de ses bras et de ses ailes qui se referment sur moi comme une bulle protectrice. La chaleur de sa présente me rassure et m’apaise. — Ne disparais plus jamais ainsi…Je ressens un douloureux vide quand tu n’es pas là, je murmure contre lui. — C’est pareil pour moi quand tu n’es pas là. Je relève légèrement la tête, juste assez pour qu’il m’embrasse à nouveau. Nos jambes s’entrelacent, comme si elles savaient comment se mouvoir ensemble. Je ferme les yeux, concentrée sur le rythme régulier de son cœur, qui bat en harmonie avec le mien. Mes paupières s’alourdissent, mon souffle ralentit. Avant que le sommeil ne m’emporte complètement, je sens sa voix douce et grave glisser jusqu’à moi : — D’ici quelques heures, nous ne serons jamais plus séparés, petite fleur. ** ** ** ** **
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