7 heures 41' , j'arrive au centre stressant au Max, Je suis sensĂ©e ĂȘtre lĂ avant sept heures quart alors manifestement il y a quatre-vingt pour-cent de chance que mon stage prenne fin aujourd'hui.
Je m'avance à vive allure vers la réceptionniste.
Moi- Madame Lopez, dites-moi que je ne suis pas en retard s'il vous plaĂźt. La suppliais-Je.
Mme Lopez- Oui merci je vais bien. Me répondßt-elle faussement vexée.
Je ferme mes yeux inspirant puis les rouvrĂźt :
Moi- Excusez-moi Mad..
Mme Lopez- Il n'y a pas de soucis Ma fille, Détendez-vous.
Moi- Le Docteur Aubrey ...
Mme Lopez- Travaille avec vous aujourd'hui, tout l'hĂŽpital est au courant Mademoiselle Sasquia, vous avez beaucoup de chance. Me sourit-Elle.
Le stresse! La pression...
Moi- Elle est déjà arrivée?
Mme Lopez- Oui, elle est dans son bureau. Hop dĂ©pĂȘchez vous ! Me motiva t-Elle.
Je signe sur le registre pour confirmer ma présence et l'heure d'arrivée puis J'arpente l'étroit couloir et au moment de toquer à sa porte :
Dr Aubrey- Mademoiselle Stuart ! M'appela t-Elle du bout du second couloir; Ce n'est pas trop tĂŽt!
Je sentais ma fin proche... si proche.
Moi- Excusez-moi Docteur j'ai dĂ» ...
Dr Aubrey- Nous n'avons plus de temps Ă perdre, changez-vous et rejoignez-moi Ă la chambre 113, Vous avez cinq minutes. Mâordonna tâelle Puis rĂ©partĂźt.
Bizarrement, elle ne semblait nullement énervée, ou contrariée, juste cette légÚre sévérité dans l'intonation.
Je senti mon pouls lĂącher quand quelqu'un me souffla Ă l'oreille :
...- On dirait que Dorénavant tu seras la petite protégée de Robinson ?
Je sursaute presque.
Moi- Oh! Je pose une main sur ma poitrine; Un de ces jours tu vas me tuer Harry!
Harry Ă©tait neurochirurgien et professeur Ă lâuniversitĂ©. C'est grĂące Ă lui que j'ai obtenu ce stage et plus encore, câĂ©tait mon mentor mĂȘme si on nâavait pas dans la mĂȘme spĂ©cialitĂ©, c'est lui qui m'a tout appris, tout ce qu'il y'a Ă savoir. Un type brillant, dans la trentaine, cheveux blonds, assez grand, et intimidant.
Harry - Fais pas un arrĂȘt cardiaque non plus. Se moqua t-il.
Je lui tire la langue en souriant et m'en vais m'habiller pour enfin rejoindre Aubrey.
Cette derniĂšre me tendĂźt une seringue.
Dr Aubrey - ... prépare ses médicaments. Me dit-elle en examinant le mini patient allongé.
JâĂ©tais vraiment dĂ©concertĂ©e par sa demande, d'habitude ce n'Ă©tait pas Ă moi de faire ce genre de choses sous prĂ©texte que je n'y connaissais rien et risquais de fauter.
Pathétique !
Je finis le mélange et lui tendßt la seringue.
Dr Aubrey - Qu'est-ce que tu fais ? C'est Ă toi de la lui injecter. Me dit-elle.
Mon cĆur rata un battement.
Moi- Hein?
Elle ne commenta pas alors je me pencha vers le gamin de huit ans qui avait une malformation du cĆur et risquait une seconde opĂ©ration...
Dr Aubrey - Hey champion, ça va picoter un peu, Tu veux ĂȘtre courageux pour moi s'il te plaĂźt ? Demanda t-elle d'une voix calme, douce et rassurante.
Le gamin hocha simplement la tĂȘte. Il avait tellement peur qu'il serrait la main d'Aubrey.
Je m'avance... maladroitement.
Dr Aubrey - Rappelez-vous Stuart, vous ne devez pas avoir les mains tremblantes !
Je tiens le petit bras fragile et injecte la solution sous son petit cri étouffé.
Aubrey sourit au gamin, lui rendant sa tablette de jeu puis m'entraĂźna dehors.
Dr Aubrey - Excellent! Maintenant passons Ă la suite.
Le reste de la journĂ©e, bien que fatigante, me ĂŽta les derniĂšres sĂ©quelles de stresse. Docteur Aubrey me laissait vĂ©rifier le rythme cardiaque des patients, faire des prises de sang et des injections etcĂ©tĂ©ras. Pour une fois dans ce centre, je me suis sentie vraiment importante et ça, c'est un sentiment qui ne pourrait ĂȘtre Ă©galĂ©.
Dr Aubrey - ... Oui exactement et donne-lui ses cachets pour l'aider Ă dormir.
Moi- Bien docteur.
Elle quitta le dossier entre ses mains des yeux, avec une expression d'inquiétude pour enfin déclarer :
Dr Aubrey - Je te veux dans mon bureau demain Ă la premiĂšre heure avant de commencer.
Moi- O... Okay.
Avais-je fais une gaffe? Non elle m'aurait directement réprimandé.
Il était un peu plus de seize heures quand je pris congé. Je presse les pas vers la sortie quand :
Harry - Tu t'en vas?
Je me retourne pour le croiser toujours avec son magnifique sourire.
Moi- Oui, j'ai finis et je ne sens plus mon corps.
Il rit briĂšvement.
Harry - Je te fais confiance, Et Aubrey aussi. Elle ne prend pas Ă sa charge n'importe quel stagiaire, elle sait ce que tu vaut.
Je lui rends son sourire, touchée par ses mots.
Harry- Jessie voulait que tu passe à la maison, avec sa grossesse, elle a désespérément besoin de compagnie. Ce week-end ? Elle va te régaler, elle ne fait plus que ça : Cuisiner. Rùla t-il.
Moi- Ăvidemment que viendrai, il lui reste combien de mois ?
Il leva un sourcil.
Harry- Sassi c'est à peine si ça fait trois mois.
Mes yeux s'illuminĂšrent.
Moi- Ahah vous connaissez le sexe Alors ?
Harry - Tu en Sauras plus si tu viens. DĂźt-Il avec un clin d'Ćil puis tourna les talons.
Moi- Allez Harry, Promis ça reste entre nous.
Harry- Salut, et Ă vendredi. Dit-il en mâembrassant le front puis sâĂ©loigna.
Je boude mais il ne pouvait pas me voir alors je me retourne et descends prendre un taxi.
Chauffeur - Alors ? On va oĂč ma petite dame?
Jâallais donnĂ© lâadresse de la maison mais mâarrĂȘta net. Il fallait que je tienne ma promesse et fasses des achats.
Moi- Au centre commercial s'il vous plaĂźt.
J'Ă©tais Ă-PUI-SĂE!
Faire le tour des rayons sans vraiment savoir ce qu'on veut, ça peut s'avérer fatiguant!
Satisfaite de mes achats aprĂšs deux heures Ă dĂ©ambuler, je me rends Ă la caisse. Furtif coup d'Ćil de l'autre cĂŽtĂ© des marches et...
Mon cĆur rata une seconde fois un battement.
Ă ce moment lĂ , j'aurais tout donnĂ© pour ĂȘtre simplement victime d'une hallucination causĂ©e par la faim!
Le comble...
Il était au téléphone, Atrocement déstabilisant et dominant.
Le Duc!
Sasquia avance. Il ne t'as pas vu, aies l'air naturelle et sors d'ici !
Je finis de payer mes courses et tiens les deux sacs en plastiques me dirigeant rapidement vers la sortie et sens un étau se renfermer sur mon bras quand je manqua de trébucher.
Je ferme briĂšvement les yeux et me retourne pour croiser les siens.
Toujours aussi sombres et pénétrants.
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PDV DUC KHAĂL
Moi- Comme on se retrouve.
Elle fronça ses sourcils en tenant ses sacs, mais sans l'ombre d'une surprise, comme si elle s'y attendait.
Sasquia- Monsieur Le Duc ! Déclara t-elle durement.
Il ne faut pas ĂȘtre sorcier pour deviner pourquoi.
Moi- Eh bien Miss Stuart, je vous trouve bien irritée ce soir.
En réalité ? Je la trouvais bien enivrante. Elle était d'une incroyable et rare beauté que ça en devenait intriguant. Il m'était impossible de détourner mes yeux de ce mirage.
Sasquia- Excusez-moi j'ai passé une journée harassante, il faut que je rentre.
Moi- Vous me fuyez Miss Stuart ?
Elle pivota les talons et me fĂźt face.
Sasquia- Quelle idée !
Moi- Vous voulez de l'aide? M'empressais-Je de demander en la voyant s'épuiser.
Sasquia- Non Merci, Je dois juste...
Moi- Vous reposez un peu ? Bonne idée ! M'agaçais-Je puis pris ses courses sous son air ébahi.
Sasquia- Mais...
Moi- Rassurez-vous Miss Stuart, j'ai simplement quelques points à éclaircir, aprÚs je vous ramÚnerai chez vous.
Elle avait la bouche entrouverte mais ne répliqua pas.
Moi- Vous voyez le petit café ? Fis-je en le pointant du doigt, On va s'avancer tout doucement sans faire d'histoires.
Elle tapa son pied sur le sol avant de finalement se résigner à Ma plus grande satisfaction.
On arrive vers le petit espace et je fis venir le serveur.
à ma demande, mes hommes sont restés discrets, veillant à ce qu'aucun paparazzi ne nous espionne.
Moi- Vous voulez quelque chose ?
Sasquia- Oui, rentrer chez moi.
Moi- Calmez-vous Miss Stuart je ne vais pas vous manger.
Elle bouda puis :
Sasquia- Ăa ce n'est pas sĂ»r...
Je souris intĂ©rieurement m'imaginant manger sa petite bouche en forme de cĆur dont je ne pouvais que deviner le goĂ»t.
Le serveur s'approcha, me forçant à quitter mes pensées salaces.
Moi- La totale pour la Demoiselle et un café pour moi.
Elle me fixa d'un regard mauvais.
Le serveur revßnt avec mon café et un petit plateau de délices en plus d'un verre de jus de fruit.
Sasquia- Et maintenant ? Qu'est-ce que vous avez Ă me dire.
Moi- Vous ne goûtez pas ?
Elle s'agaça dans sa chaise et pris un cupcake qu'elle goûta du bout des lÚvres.
Satisfait, je lui dis :
Moi- Je tenais à éclaircir un point avant tout, Ce qui s'est passé hier m'a surpris autant que vous. Commençais-Je ; On a essayé de me duper et je déteste ça ! Elisa Jones est la raison pour laquelle Oliveira est en liberté. J'aimerais réparer cette injustice.
Elle parue déboussolée.
Sasquia- Vous le savez ? S'enquĂźt-elle.
Moi- Mademoiselle Stuart, vous devriez savoir que rien ne m'échappe.
Elle me fixa dâun air mĂ©fiant.
Moi- Il y'a quand mĂȘme quelque chose qui me chiffonne.
Sasquia- Quoi donc?
Moi- Oliveira a Laissé Entendre que Votre amie n'a pas respecté les rÚgles pour obtenir ces preuves. Bien que ça ne justifie en rien ses agissements, j'aimerais savoir ce qu'elle a bien pu faire.
Sasquia- Ce.. ce n'est pas important.
Moi- C'est pour ça que vous fuyez mon regard ?
Elle releva sa tĂȘte puis passa une main sur son front humide. Elle semblait affaiblie et soudain pĂąle.
Sasquia- C'est de ma faute... DĂ©clara celle-ci d'une voix Ă peine plus haut qu'un murmure, puis jeta un coup d'Ćil Ă sa montre inquiĂšte.
Moi- Ne vous en faites pas je vais vous ramener. Déclarais-Je pour l'inciter à parler.
Sasquia- Oh ne... ne vous dérangez pas je...
Moi- Ne soyez pas ridicule. Allez-y ! Dis-Je la limite de ma patience atteinte.
Sasquia- Il Ă©tait accusĂ© d'avoir exportĂ© de la d****e, la mĂȘme qui... qui a Ă©tĂ© dĂ©couverte sur un homme mort. On est tous d'accord pour dire qu'il en est incapable. Monsieur Oliveira est un peureux, un faible. Quelqu'un cherchait sĂ»rement Ă se venger de lui, un client Ă qui il avait escroquĂ© sans doute.
Elle peinait à parler ça en devenait inquiétant.
Moi- Vous ĂȘtes sĂ»re que tout va bien Miss Stuart? M'inquiĂ©tais-Je.
Ce qui était nouveau d'ailleurs.
Sasquia- Oui ne vous en faites pas. Dit-Elle avec un signe de la main.
Ce n'Ă©tais pas convainquant mais je la laissa quand mĂȘme continuer.
Sasquia- Elisa en devenait folle, elle perdait le sommeil et devenait trÚs irritable, Alors je lui ai proposé un quelque chose. On est allé à la banlieue... Il y traßne toujours tout un tas de drogués, d'alcooliques et des dealers. Autrement dit? Des informateurs.
Moi- Et en échange? M'entendis-Je demander précipitamment en serrant les dents.
Je serrais malgrĂ© moi les poings sentant mon sang bouillonner en imaginant Cet ĂȘtre frĂȘle et sans dĂ©fense au milieu de ces gens instables et mal intentionnĂ©s.
Sasquia- Oh vous ne croyez quand mĂȘme pas que...
Elle s'arrĂȘta soudain en me dĂ©visageant.
Moi- Non?
Sasquia- NON! cria t-Elle aussi fort que sa voix lui permĂźt.
Moi- Me voilà rassuré!
Et c'était vrai. J'étais rassuré.
Sasquia- Jamais je ne ferais une chose pareille! Et encore moins pour sauver cet ingrat de pourriture qu'est Oliveira. Sans paraĂźtre vulgaire. PrĂ©cisa t-elle ; Il nous ont juste demandĂ© de l'argent et fait promettre de la boucler. Autrement dit, on nâest jamais venues ici, on ne les a jamais croisĂ©s. Ce qui n'a pas plu Ă notre accusĂ©!
Moi- Vous n'auriez jamais dû faire ça!
Elle se redressa les lÚvres sÚches, le regard désolée.
Sasquia- Maintenant je regrette. Parce que ça n'a servi strictement Ă rien! Au contraire on a perdu de l'argent et Elisa n'a mĂȘme pas pu avoir son brevet.
Je ne dis rien, l'observant silencieusement. Elle transpirait et la pĂąleur de son visage devenait plus qu'alarmant.
Moi- Ătes-vous souffrante Miss Stuart ?
Elle secoua vivement sa tĂȘte.
Sasquia- Il... Il faut simplement que je rentre.
Je n'insista pas. L'addition réglée, je prends ses achats et la guide jusqu'à ma voiture.
Sasquia- Je suppose que vous connaissez mon adresse Monsieur Le Duc? Demanda t-Elle faiblement.
Je ne commenta pas et l'aida Ă mettre sa ceinture Puis passa l'adresse Ă mon chauffeur.
Elle tirait sur ses doigts et peinait à reprendre sa respiration front collé à la vitre teintée.
Je passe quelques coups de fils sans la quitter des yeux et la vit se relever légÚrement.
Sasquia- C'est lĂ ! Je ... le troisiĂšme immeuble sur la droite.
Je préviens le chauffeur déjà au courant et on stationne devant l'entrée.
Elle détache la ceinture et le chauffeur vßnt lui ouvrir la portiÚre.
Je descends Ă mon tour.
Moi- Laissez-moi vous raccompagner.
Sasquia- Non non je peux me débrouiller.
Moi- Bien sûr! Allez passez devant. Ordonnais-Je en prenant ses achats.
Elle résista quelques secondes avant de finalement avancer et prendre les escaliers.
Moi- Miss Stuart? Il y'a un ascenseur par ici.
Elle écarquilla les yeux horrifiée.
Sasquia- No..non je préfÚre les escaliers..
Moi- Venez par lĂ !
Sasquia- Je suis claustrophobe! Lança t-elle rapidement.
Je n'insista plus Ă l'entente de cette confidence. Elle monta difficilement les marches jusquâĂ son Ă©tage, puis pris ses clĂ©s.
Sasquia- Merci Monsieur Le Duc...
Je lui rendĂźt ses paquets. Sa voix devenait de plus en plus Inaudible et son visage continuait de perdre ses couleurs.
Moi- Je vous veux demain matin dans mon bureau Avec Mademoiselle Jones. Je séjourne au Majestic hotel Je vous y attendrai.
Elle acquiesça d'un signe de la tĂȘte. Je ne m'Ă©ternisa pas et pris l'ascenseur pour redescendre...
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