PDV SASQUIA
J'entre en trombe dans la chambre de mon amie et me laisse tomber Ă la renverse sur son lit avec un long soupire.
Alessia- Oulà ! J'en connais une pour qui la nuit n'a pas été de tout repos. Souffla t-elle.
Moi- Réveillez-moi je suis en plein cauchemar. Lançais-Je dans une sourde plainte la bouche pùteuse, les yeux mis-clos.
Alessia - Vas-y c'était quoi Cette fois-ci?
Moi- J'ai du ĂȘtre de garde cette nuit. Une infirmiĂšre s'est absentĂ©e et on m'a demandĂ© de la remplacer... encore. Je ne sais pas si cela fait partie du Stage mais je suis terriblement en manque de sommeil.
Alessia- Ma pauvre. Ă'a dĂ» ĂȘtre l'enfer! Dit-elle d'un air théùtral.
Moi- C'est ça moques-Toi.
Alessia- Calme-toi Sassi. Dit-elle en reprenant son sĂ©rieux. Ăa ne peut pas ĂȘtre si horrible que Ăa, je suis sĂ»re que tu exagĂšres.
Elle se remis devant la coiffeuse, continuant de faire ses nattes.
Je me redresse faiblement, offusquée.
Moi- On voit bien que ce n'est pas toi qui a dĂ» masser et rĂ©-masser les pieds d'une vieille femme Ă cause de ses crampes. M'empressais-Je de dire; Ou veiller sur une Chipie qui cassait tout sur son passage ou encore mieux, Avoir l'air complĂštement bĂȘte devant une gamine mal entendante qui me dĂ©crivait ses envies en langue des signes alors que je n'y connais absolument rien!
Je jurerai l'avoir entendu Rire.
Alessia - Je parie qu'il y a plus d'actions chez toi que chez Elisa. Se moqua t-elle.
Moi- Ahah. TrĂšs drĂŽle!
Je me relĂšve paresseusement et l'observe s'affairer.
Moi- Et tu vas oĂč comme ça toi? Lui demandais-Je sourcil levĂ©.
Elle hésita quelques secondes avant de me répondre :
Alessia - Voir Monsieur Van Persy pour Le poste.
J'écarquille mes yeux soutenus par quelques cernes.
Moi- Quoi? Tu t'es enfin décidée? Mais c'est Super Alessia ! M'exclamais-Je aussi haut que me permettait ma voix Fatiguée.
Alessia- Faut croire que Oui. Répondßt-Elle d'une voix absente.
Alessia venait d'achever ses Ă©tudes sur la gestion des entreprises, C'est une fille au multiple talents, dont l'intelligence n'a d'Ă©gale Ă sa douceur. Simple encadreur dans une Ă©cole du coin, Je suis Contente qu'elle daigne enfin prendre des risques et tenter dâaller plus loin.
Naturellement bronzĂ©e, elle s'Ă©tait vĂȘtue d'une jupe droite qui la moulait parfaitement, un petit haut et ses Ă©ternels Bottes-talons. Un lĂ©ger maquillage accentuait la douceur de son regard miel. Ă cĂŽtĂ©? J'avais l'air complĂštement nĂ©gligĂ©e.
Elle se leva puis se retourna vers moi toute Nerveuse:
Alessia - Alors ? Comment je suis ? Est-ce que ça prĂ©dit un "Oui, Parfaitement. Elle est faite pour ce Job." , ou plutĂŽt un "Hum, Non. Ăa ne va pas le faire !".
Je lĂšve les yeux au ciel.
Moi- Aless tu es magnifique ! Rajoute ta veste pour voir.
Elle enfila sa petite veste.
Moi- Parfait !
Alessia - Bon bah on y est, Souhaite-moi Bonne chance. Dit-elle en prenant son sac toute anxieuse.
Moi- Je sais que tu n'en as pas besoin, mais bonne chance. Lâencourageais-Je en levant mes deux pouces avant quâelle ne sorte de l'appart.
Alessia voyait toujours les choses du bon cÎté. Les ondes positives qui émanaient d'elles contrastaient violemment avec les miennes. A croire que nos mondes étaient diamétralement opposés. Dans le mien tout était disons... Différent.
L'appartement était trÚs spacieux et convenable. Trois chambres le long du demi-couloir avec Salles de bain, une petite piÚce au fond qui faisait office de grenier, un charmant petit salon, une petite cuisine aménagée avec salle à manger et enfin, La piÚces la plus extraordinaire de toutes.
La terrasse.
Cet endroit était presque magique et trÚs apaisante. On avait une vue imprenable sur la cité des anges. Bordée de fleurs dans tous Les recoins, deux longs siÚges de détente posés, un long canapé rempli de petits oreillers et une demie douzaine de peluches, Une idée d'Alessia.
Cette fille...
Pas que l'idée me déplaise, Au contraire. Et une petite table y trÎnait.
Sans m'en rendre compte, je m'Ă©tais assoupie quand la sonnerie de mon cellulaire me tira de mon sommeil sans rĂȘves.
Je me mis à fouiller mes poches les yeux fermés.
Rien.
Je me lÚve le corps lourd et marche jusqu'à mon sac posé ou plutÎt abandonné sur le pas de la porte. Je décroche brutalement tellement la sonnerie devenait assommante pour mes nerfs encore fragiles.
"Appel téléphonique :"
"Moi- AllÎ? Dis-je en étouffant un bùillement."
"...- Ăa va PoupĂ©e ? Lança une voix que je reconnus aussitĂŽt."
"Moi- Ah, Leyton? Non, enfaite je suis en phase de devenir complĂštement folle."
"Leyton- On dirait que ça ne va pas fort, je me trompe?"
"Moi-Tu ne crois pas si bien dire. Soupirais-je."
"Leyton - Les débuts sont toujours stressants et déstabilisants . Mais aprÚs tu verras, ça sera encore pire! Mais tu t'y habitueras."
Je l'entendis ricaner Ă l'autre bout du fil.
Oui, genre cette phrase était sensée me remonter le moral ? La blague !
"Moi - Oh super rien à craindre Alors, je suis complÚtement rassurée ! Lançais-Je sur un ton sarcastique."
"Leyton - Je plaisante poupée. Je roule non loin de ta rue , tu veux que je passe chez toi?"
"Moi- Oui, et s'il te plaĂźt ne viens pas Les mains vides je meurs de faim."
L'aprÚs midi était déjà bien avancé et je venais de réaliser que je n'avais encore rien mis sous la dent. Mis à part deux minis gaufres englouties à la hùte ce matin.
"Leyton - Entendu poupée."
Il raccrocha.
Je dépose mon portable en me retournant. Et là ! Le choc. Mon reflet sur le miroir me fit l'effet d'une gifle.
Mes cheveux roux avaient repris du volume et jâavais trĂšs mauvaise mine.
Moi- Rholala je ne ressemble Ă rien.
J'avais les traits dĂ©formĂ©s par la fatigue. Je me prĂ©cipite vers la salle de bain d'Alessia et prends ses huiles. Je lui emprunte toujours ce genre de choses parce que je suis trop "occupĂ©e" pour sortir en acheter parce quâen vrai je suis juste trop flemmarde.
AprÚs un long bain qui me fit un bien fou en me débarrassant de tout stress, je verse les derniÚres gouttes de mon Shampoing sur ma criniÚre. Faut vraiment que je songe à faire les courses! Ma toilette finie, je m'habille d'un t-shirt noir et un jean. Mes cheveux encore légÚrement mouillés relevés dans un chignon indigne.
Je cours actionner le poignet quand j'entends sonner.
Leyton - c'est qui le meilleur ? Dit-il en brandissant les paquets.
Moi- Qu'est-ce que je deviendrais sans toi. Le flattais-Je; Il sourit avant de déposer un bisou sur ma joue puis entra et déposa les paquets sur la table.
Leyton- Est-ce des cernes que je vois sous vos yeux Mademoiselle?
Moi- Ne commence pas Leyton. RĂąlais-je.
Leyton- PoupĂ©e tu as mauvaise mine. Me rappela tâil.
Moi-Quel incroyable sens de lâobservation Monsieur. Dis-je en ouvrant le rĂ©frigĂ©rateur et sortis deux cannettes de limonade.
Leyton adorait me charrier mais rien de bien mĂ©chant. Je l'ai connu quand jâai emmĂ©nagĂ© ici en arrivant en ville et depuis, je lâai vu reprendre les rĂȘnes de l'entreprise familiale et lâagrandir. Son avenir Ă lui Ă©tait dĂ©jĂ tout tracĂ© tandis que le mien il y'a encore un moment Ă©tait peu certain de voir le jour...
Je me secoue pour me dĂ©barrasser des ondes nĂ©gatives puis me mets en position indienne sur le canapĂ© et dĂ©balla les emballages alors que Leyton fredonnait la chanson stupide qui passait sur la pub. Je dĂ©vorais carrĂ©ment le poulet fris telle une louve affamĂ©e. Je ne me souviens pas d'avoir dĂ©jĂ eu aussi faim. Ou peut-ĂȘtre que si...
Moi- Elle va bien Ambre? Lui demandais-Je la bouche pleine.
Leyton - Oui, Oui Elle va bien. Répondßt- Il vaguement et d'une voix neutre avec un signe désintéressé de la main.
Moi- Tu es sûr? Non parce que...
Leyton- Et ton copain imaginaire ? Me coupa t'il Comme Ă chaque fois que je lui parlait de sa copine.
Il esquivait soigneusement la question comme Ă son habitude et la dĂ©viait sur une autre. Il Ă©tait Ă cheval sur une certaine confidentialitĂ© ? Quoi quâil en soit...
Moi- Leyton tu es lourd , pourquoi tu...
Je fus coupée par les clefs sur la serrure puis la porte s'ouvrßt sur Elisa... Oh, Et Alessia! Tiens.
Leyton en profita pour se lever.
Leyton - Ăa va les filles?
Elisa- Oui et... Oh du poulet ! Dit-elle en sautant sur la bouffe.
Leyton - Oui comme toujours merci de demander.
Alessia - Excuse-la, elle nâa pas pu avoir de pause dĂ©jeuner aujourdâhui, elle travaille trop.
Leyton - Pas de soucis.
Il embrassa furtivement la joue d'Alessia avant de précipiter son départ.
Leyton - Bon je vais vous laisser je dois passer au bureau, Deux-trois petits trucs à régler.
Moi- Bien, à plus tard. Lui soufflais-Je un peu déçue. Avant de le raccompagner à la porte.
Elisa- Fais pas cette tĂȘte de cruche!
Oui, Elle était là . Elisa la reine des piques !
Elle s'avançait à grand pas vers une prestigieuse carriÚre d'avocate. Je la voyais bien dans ce rÎle. Elle était dure mais de nature Sur-protectrice. Ses cheveux coupés carrés et ses tailleurs pantalons lui donnaient justement le look qu'il fallait.
Moi- Alors Aless, Cet entretien ?
Elle leva ses grands yeux miels sur moi dans un regard inexpressif puis déclara:
Alessia - Oh euh... ils étudient mon dossier, j'espÚre juste que... fin qu'il me rappelleront.
Elle semblait toujours aussi anxieuse sauf que cette fois-ci il yâavait une raison. Elle jouait son avenir alors je suppose que son Ă©tat Ă©tait justifiĂ©.
Moi- J'en suis certaine. Tentais-Je de lui redonner confiance.
Elisa- Oui on sait tous que tu es la mieux placĂ©e pour ce poste.Lança tâelle Ă son tour.
Alessia lui en avait sĂ»rement parlĂ© mais il Ă©tait claire quâelle en savait autant que moi. Celle-ci nous sourit simplement.
Elisa- Sinon les filles soyez matinales demain !
J'exhala un soupir tremblant.
Moi- Ă ce propos Eli je..
Elisa- Ah Non Sasquia. Non non non, tu mâas donnĂ© ta parole.
Moi- Je sais mais Je n'ai pas tellement envie de remettre les pieds dans un... tribunal, c'est trop de mauvais souvenirs.
Elisa - Sassi je te promets que tout va bien se passer. C'est la toute derniĂšre sĂ©ance et nous la remportons. Allez quoi, Tu peux dĂ©passer ça. Fais-le pour moi sâil te plaĂźt.
Je me sentis mal de songer Ă la laisser tomber. Elle avait travaillĂ© dur elle avait Besoin qu'on la soutienne. Elle avait besoin qu'on croit en elle, et quâon soit Ă ses cotĂ©s.
Je m'apprĂȘtais Ă parler quand elle me coupa.
Elisa - Sasquia écoute... Oublie ça! Je n'ai pas le droit de t'infliger une telle chose... excuse moi.
Elle semblait un peu déçue mais sincÚre.
Moi- Tu... tu ne m'en voudras pas si je ne viens pas ?
Elisa- Mais bien sĂ»r que non voyons, ton bien ĂȘtre est plus important. Ne te torture pas avec ça. Ce n'est qu'un procĂšs parmi tant d'autres.
Moi- Alors je viendrai.
Les mots sortirent tout seul avant que jâen prenne conscience.
Elisa- Ne te sens pas obligée Sassi.
Moi- Je ne me sens pas obligée. Mentis-je; on a commencé ensemble non? Alors nous finirons ensemble !
Elle savait de quoi je parlais car mĂȘme si je nây ai pas physiquement participĂ©, jây ai beaucoup contribuĂ©...
Elisa- Tu es sûre ?
Je lui souris pour tenter de donner un sens Ă ce mensonge.
Moi- Parfaitement !
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PDV DUC KHAĂL
Moi- Peter? Grognais-je.
Peter- Votre grĂące ? S'inclina t'il respectueusement.
Moi- Le procĂšs, Je veux l'heure exacte de lâaudience.
Il n'avait pas besoin d'un agenda pour ça. Il était trÚs efficace, trop efficace et je craignait de ne jamais pouvoir lui accorder le moment venu sa retraite plus que méritée.
Peter- Demain Ă huit heures Monsieur. Nous atterrirons vers 2h du matin.
Je scrutais les papiers passant et repassant sans grande conviction. Tout était à reprendre, les accords notamment Car Personne ne négocie avec moi.
Personne !
Moi- Aleksandra, Aleksandra! Sifflais-Je entre mes dents; Quel Merdier! Qui est celui qui mĂšne cette danse ?
Peter- PlutĂŽt "celle", Une certaine Elisa Jones, Une nouvelle.
Non seulement nous avions Ă©tĂ© prĂ©venus au dernier moment mais en plus câĂ©tait une apprentie qui avait la libertĂ© de mon prĂ©tendu associĂ© entre ses mains.
Moi- Hum. Fis-je en caressant ma barbe; Une nouvelle ? Oliveira est déjà condamné c'est ça ?
Peter- Bien au contraire Monsieur, Les nouvelles rapportent que Maßtre Jones a trouvé Les preuves qui innocenteront votre associé.
J'eus un rire sec et bref.
Moi- Il n'y aura pas de contrat s'il est reconnu coupable. Je ne veux pas m'associer avec un mafieux ! Rappelle-moi de faire sonner les trompettes si cette jeune femme arrive à le sortir Clean de là ! Dis-je sur un ton sarcastique et détaché.
Peter- Bien Monsieur.
Moi- autre chose ?
Peter- Oui Monsieur...
Moi- Allez Accouche !
Peter- Monsieur votre mÚre a appelé à plusieurs reprises.
J'eus un rictus. Et bien, Quelle hypocrite !
Moi- La prochaine fois qu'elle appelle, faites-lui savoir que j'essaie de réparer la pagaille et la discorde qu'elle a semé chez nos alliés ! Poliment si possible.
Il pĂąlit lĂ©gĂšrement sachant les annĂ©es passer et leur relation ne faisait que sâenvenimer encore plus.
Peter- Bien évidemment Monsieur Le Duc, et pour les appels de Mademoiselle Anton ?
Mes muscles se rétractÚrent à l'entente de ce prénom.
Moi- Ignorez-la. Tout simplement! Déclarais je d'une voix tremblotante de rage.
Peter- Entendu Monsieur.
Moi- vous reposer Peter, Une longue et terrible journée nous attend demain.
Peter- Comme dâhabitude Monsieur.
Il exécuta une petite révérence avant de disparaßtre.
Je serra mes points en tournant la tĂȘte vers le hublot oĂč les nuages Ă©taient si sombres. Rien ne change.
Oui comme d'habitude !
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???.
Xoxo ?.