Chapitre 10 : L'Effacement et la Fureur

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Chapitre 10 : L'Effacement et la Fureur Point de vue de Léna Le réveil fut brutal. Alors que Léna savourait encore la chaleur des bras de Gabriel après leur nuit passionnée, son téléphone, qu'elle laissait d'habitude sur la table de nuit, se mit à vibrer frénétiquement. Des notifications de réseaux sociaux défilaient à une vitesse folle. Elle fit l'erreur de regarder. Une vidéo devenue virale circulait. On y voyait une silhouette qui lui ressemblait étrangement, dans un bar miteux, discutant avec un homme dont le visage était flou. La b***e-son, lourdement modifiée par une intelligence artificielle, lui faisait dire des horreurs : « Je vais épouser ce Sinclair, vider ses comptes et repartir avec mon vrai amant. Ce gosse n'est qu'un ticket gagnant. » Léna sentit le sang se glacer dans ses veines. Son cœur s'emballa, cognant douloureusement contre sa poitrine. Elle eut l'impression que les murs du manoir se refermaient sur elle. Les commentaires sous la vidéo étaient d'une violence inouïe : "On le savait !", "Une traînée reste une traînée", "Pauvre Gabriel". — « Non... c'est pas moi... c'est pas possible... » balbutia-t-elle, les larmes brouillant sa vue. Elle se sentit soudainement sale, exposée aux yeux du monde entier. La peur des préjugés, cette vieille ennemie qu'elle croyait avoir vaincue, revenait la hanter avec une force décuplée. Elle se recroquevilla dans les draps, prise de tremblements incontrôlables. Point de vue de Gabriel Gabriel fut tiré du sommeil par les sanglots étouffés de sa femme. En un coup d'œil sur le téléphone de Léna, il comprit. Julian Vane et Marc avaient tiré leur première salve. Une attaque lâche, numérique, conçue pour détruire la réputation de Léna avant qu'elle ne puisse se défendre. Une rage froide, une fureur de prédateur qu'il n'avait pas ressentie depuis des années, s'empara de lui. Il ne prit même pas la peine de s'habiller complètement, enfilant simplement son pantalon et saisissant son propre téléphone crypté. Il s'assit sur le bord du lit et prit Léna dans ses bras, la serrant contre son torse nu. — « Regarde-moi, Léna. Regarde-moi dans les yeux. » Elle leva vers lui un visage dévasté. — « Ils vont tous me détester, Gabriel... Tes parents, tes amis... tout le monde va croire que je suis ce monstre. » — « Personne ne croira rien, » trancha-t-il d'une voix qui fit vibrer l'air de la chambre. « Parce que d'ici une heure, cette vidéo n'aura jamais existé. » Il composa un numéro. — « Marcus ? C'est Sinclair. Activez le protocole "Oméga". Je veux que cette vidéo disparaisse du Web mondial. Contactez les PDG des plateformes, menacez-les de poursuites pour diffamation et de retrait de tous nos investissements publicitaires. Je veux aussi l'adresse IP de la source originale. Maintenant. » La Disparition Pendant que Léna pleurait contre lui, Gabriel orchestra une démonstration de puissance technologique et financière sans précédent. Dans les bureaux de la sécurité Sinclair, des dizaines de hackers de haut niveau travaillaient en coordination. Partout dans le monde, sur YouTube, Twitter, t****k, la vidéo commença à afficher "Contenu supprimé". Les comptes qui l'avaient partagée furent suspendus pour violation des règles sur le harcèlement. Les algorithmes de recherche furent modifiés en temps réel pour qu'une recherche sur "Léna Sinclair" ne renvoie que des articles sur ses œuvres de charité. En moins de quarante-cinq minutes, la "bêtise" de Marc et Vane fut rayée de la carte numérique. Comme si elle n'avait été qu'un mauvais rêve. Le Châtiment Gabriel se leva, son visage ressemblant à un masque de pierre. — « Reste ici, Léna. Repose-toi. Prends un bain, bois une tisane. Marcus arrive pour sécuriser la suite. » — « Où vas-tu ? » demanda-t-elle, effrayée par l'expression de son mari. — « Je vais rappeler à Marc Lefebvre et à Julian Vane qu'on ne s'attaque pas à ma famille. » Il descendit dans son bureau privé au rez-de-chaussée. Marcus l'y attendait. — « On a la source, Monsieur. La vidéo a été uploadée depuis un hôtel miteux près de la gare. Marc Lefebvre y séjourne. Vane finance la chambre. » Gabriel enfila une chemise noire, les yeux fixés sur le vide. — « Marcus, je ne veux pas qu'il aille en prison. Pas tout de suite. La prison est trop douce. Je veux qu'il perde tout. Sa santé financière, ses soutiens, sa tranquillité. Et pour Vane... coulez sa prochaine fusion. Je veux qu'il soit ruiné d'ici la fin de la semaine. » Le Retour à l'Intimité Deux heures plus tard, Gabriel remonta dans la chambre. Léna était dans la salle de bain, plongée dans une eau chaude parfumée à la lavande. Il entra et s'assit sur le rebord de la baignoire. — « C'est fini, » dit-il doucement. « Elle n'existe plus. Et les journaux qui ont osé en parler sont déjà en train de rédiger des excuses publiques sous peine de faillite. » Léna sortit ses mains de l'eau et les posa sur celles de Gabriel. — « Tu as fait tout ça pour moi ? » — « Je ferais brûler le monde entier s'il osait te faire verser une seule larme, Léna. » Elle se redressa, l'eau ruisselant sur sa peau, et l'attira vers elle pour un b****r plein de gratitude et de soulagement. Elle comprit ce jour-là que Gabriel n'était pas seulement son mari ou le père de son enfant. Il était son rempart, son dieu protecteur, l'homme qui avait le pouvoir d'effacer ses cauchemars d'un simple coup de fil. Mais au fond d'elle, une question demeurait : jusqu'où irait Marc dans sa folie avant de comprendre qu'il jouait avec le feu ?
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