Le piège 2

997 Mots
Le plan avait été si bien conçu qu’ils y avaient même prévu l’absence de Gratien pour passer à la séance de révélations. Soudain, Gratien apparut, à la recherche de sa mère, pour lui rappeler qu’elle devait l’accompagner au collège. Se précipitant en signe de rappel, mère NOA prit congé du père et de la fille, sans prendre son cachet. Symphonie se sentait totalement perdue. Alors qu’elle croyait avoir embrouillé les pistes, elle se dénuda plutôt encore plus, se disait-elle au fond d’elle. Et pendant qu’elle y songeait en silence, tête baissée, front posé sur le revers de sa main sur la table à manger, elle sentit comme un crash, le poing de son père cogner la surface de la table, en dégageant une rage pas des moindres. A peine eut-elle relevé sa tête, qu’atterrit comme du crachat sur son visage, avec mépris et dégoût, la question de son père. - Pourquoi as-tu remplacé les contenus des verres ? Silencieuse et tête rabaissée, la jeune fille avait du mal à répondre - Répond-moi ! - Mais pour rien papa ! J’ai juste compléter les verres parce que tu ne les avais pas rempli. - Menteuse ! - Papa je te dis la vérité. - D’accord ! Puisque c’est ainsi… Puis le Père NOA renverse tous les trois verres d’eau dans le pot de fleur au milieu de la table, rempli à nouveau un seul verre entièrement de l’eau de la gourde de Gratien, puis tendit le cachet à sa fille. Symphonie prit le comprimé d’entre les mains de son père, sans jamais avoir pu l’avaler. Elle tournait et retournait le médicament, mais ne l’avait toujours pas pris. Son père, ivre de colère, se rua vers elle en tapant de nouveau sur la table, et lui demanda ce qu’elle attendait pour prendre le médicament. - Je ne peux pas ! s’écria-t-elle en s’effondrant en larmes. - Ah oui ! Et pourquoi donc ? A ces mots, le vieil homme défit son comprimé, saisi le verre d’eau devant sa fille et s’apprêtait à le boire lorsque Symphonie l’en empêche à la dernière minute en arrachant le verre de sa bouche, puis le jetant parterre avec son contenu. - Mais que fais-tu ?! -Papa je suis désolée tu ne peux pas boire cette eau. - Et pourquoi donc ? - Je ne peux pas t’en dire plus. -Je le vois bien ma fille. Et qu’est-ce que tu ne peux pas me dire sympho? Ça ? Et le père de Symphonie tourna son ordinateur portatif vers sa fille, qui déjà en larmes, y replongea de plus belle, le visage fermé avec ses deux paumes de main. Ce fut vraiment très rude, pour elle de se savoir découverte. Elle pleurait, mais son père n’avait aucune pitié pour elle. Car elle a non seulement attenté à une vie, et pas n’importe laquelle, mais celle de son unique frère. Cela méritait bien une correction inoubliable. Symphonie avait baissé sa tête et caché son visage, mais son père le lui avait interdit formellement. Il l’avait obligé à non seulement relever la tête, mais à surtout bien fixer l’écran, sous peine de le voir composer le numéro du commissariat de police. Elle ne se fit donc pas prier deux fois avant de se mettre à fixer l’écran de l’appareil. Elle ne veut surtout pas aller en prison. Elle s’était vu depuis de longs jours, polluant à maint reprises l’eau de la gourde d’école de son frère, et finalement, même en train de marcher à pas de voleur, pour aller remplacer les contenus des verres de cette matinées à la cuisine. Elle ne faisait que pleurer. Mais de repentance, ça va être dur à croire. Elle pleurait douloureusement, mais plutôt de honte. Son père, dégouté, ne voyait que de la grimace dans tout ce qu’elle faisait. En tant que professionnel, il savait que la dépression ne connaissait aucun autre miracle qu’un traitement efficace et bien suivi. Toutefois, il venait de bien réussir la première étape de la thérapie qu’il avait planifiée pour traiter sa fille. Alors il passa à l’étape suivante. Symphonie avait vidé toutes les larmes de son corps, toujours fixée sur l’écran de l’ordinateur de son père. Visiblement, elle était fatiguée. Mais pour son père, c’était le bon moment pour lui faire faire des aveux. Pour cela, il lui tendit un stylo et du papier. - Sympho, tient ce papier et écrit moi gentiment tous les noms et adresses réels, des différents personnes qui t’ont aidé dans cette réalisation démoniaque. Puis silencieusement, et sans aucune résistance, Symphonie s’exécuta toute dépourvue. Son père, assis en face d’elle, attendait patiemment qu’elle finisse pour enclencher l’étape suivante. : Bientôt, elle finit et retourne les matériaux d’écriture, à son père, qui les lui reprend en y ajoutant Sympho, je te veux loin de ces personnes désormais, sinon je te déposerai au commissariat. Ai-je été clair ? - Oui père - Bien. Maintenant, rend-moi ton téléphone. Et Symphonie retira l’appareil de sa poche, et le tendit à son père qui le récupéra. - Une dernière chose… Dit moi pourquoi tu en veux autant à ton frère, alors qu’il est si gentil avec toi ? - Parce que toi et maman, vous l’appelez toujours « unique héritier » répond t- elle en en recommençant à pleurer plus douloureusement - Sérieusement ? Mon Dieu ! Quel gâchis ! Je suis désolé. Aucun de nous ne l’a dit pour te blesser. Ce n’est qu’un pseudo. Puis il prit sa fille dans ses bras, la serra fortement contre lui et lui dit de ne plus jamais refaire cela. Ensuite il lui donna un autre comprimé, un anti dépresseur, avec de l’eau minérale, et lui demanda d’aller se reposer maintenant. Mais il n’a pas fait que le dire, il prit en plus le soin de l’y accompagner, de peur qu’elle ne fasse une bêtise. Symphonie honteuse, regagna sa chambre accompagnée de son père, qui ne la quitta pas tout de suite. Assis, et pensif, il était.
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