Le lendemain, sa rencontre avec son notaire, fut impeccable. Pour commencer, il venait de vendre son cabinet pour se donner sa propre retraite, et le notaire devrait achever les formalités avec le nouveau propriétaire. Il voudrait que les trois quarts de son avoir total actuel en banque, soient affectés à Symphonie, et le quart restant à son frère, de son vivant et allait les en informer au moment opportun. Aussi, à Gratien, il laissa un petit carré situé au centre de la ville afin qu’il y construise son entreprise tant rêvé, avec la sueur de son front. Il recommande que sa maison soit déclarée vendue avec cinq ans d’effets de déguerpissement, du fait que l’acheteur vit à l’étranger. Puis il recommanda aux enfants de bien prendre soin de leur mère. Et enfin, il confia sous scellé au notaire, deux grandes enveloppes fermées, dont il réclame la remise de la première à son fils Gratien, dix ans après sa mort, et si aucun conflit ne naissait, la seconde soit transmise cinq ans après la première. Mais si il y avait conflit, il confia également au notaire un contrat de services d’enquête privée et de protection totale qu’il venait de signer avec la société du meilleur détective privé de la région, tous frais couverts ; sans oublier de constituer d’avance son notaire en celui de son fils avec recouvrement immédiat de tous les frais qui incombent. Et qu’en cas de conflit naissant, la dernière enveloppe soit remise uniquement après le règlement total du conflit, au bénéficiaire lui-même, ou sa descendance au cas échéant. C’était ainsi fait. Il n’attendrait que sa paisible mort maintenant. Son cabinet, il l’avait vendu en entier à des promoteurs étrangers avec tous les matériaux inclus. Aucuns de ses enfants ne saura le remplacer, donc il n’avait aucune raison de laisser cette entreprise comme sa propriété privée. C’est pourquoi il a fait tôt de la monnayer en billets de banque.
Le père NOA savait bien ce qu’il faisait. Il connaissait bien chacun de ses enfants, et exécuta ses dernières volontés selon tel. Il savait que Gratien était très travailleur, savait se contenter de très peu, préférait toujours se battre pour réussir, et de surcroit, aimait énormément sa sœur. Contrairement à Symphonie qu’il a dû la laisser paresseuse, pour épargner la vie de son frère. Sa fille était malade dans la tête, et cela gâcherait à coup sûr beaucoup de chose après son départ. Mais si les choses pouvaient se dérouler selon l’esprit de son testament, les dégâts pourraient être contrôlés et la tranquillité retrouvée.
Sa femme elle avait établi son testament depuis fort longtemps, dans lequel elle offrait sa seule entreprise de distribution de sucre à ses deux enfants à hauteur de cinquante pour cent chacun si elle venait à décéder.
Les années passèrent à cinq de plus à la suite de tous ces houleux évènements. Le professeur NOA comme prévu, est resté aux soins de la santé de sa fille avec assiduité. Elle avait le minimum pour aller bien et se comporter bien. Les soins que lui administrait son père l’aidaient réellement à paraître en forme. Pendant ce temps, son frère avait obtenu son Baccalauréat, et bouclé son année de licence depuis deux ans déjà. Depuis, il avait continué après son stage sa culture avec un job de gérant de commerce, poste auquel il se rendait en attendant d’ouvrir son propre commerce. Il n’avait plus jamais fait de crises, et se portait très bien depuis les dernières investigations de son père. Aussi, il n’avait jamais su la vérité sur ces moments sombres de sa vie. Il se battait fort et bien pour sa réussite.
Leurs parents vieillissaient, mais son père était celui qui l’inquiétait le plus. Il n’allait plus au bureau et passait tout son temps à la maison depuis un bon moment, et cela ne lui ressemblait pas vraiment. Il décida de lui poser la question ce soir-là, dès son retour du boulot. Le père NOA ne ressemblait pas du tout à une personne malade. Il faisait beaucoup d’efforts pour l’intégrité de sa famille. Il occupait son temps à faire pas mal de choses. Il lisait les journaux, regardait la télévision, faisait du jardin, et parfois même aidait sa femme dans sa boutique. Comme prévu, de retour à la maison, Gratien après avoir salué affectueusement ses parents et sa sœur, revint après s’être changé, auprès de son père, qui lisait l’un de ses magazines mensuels, assis dans un fauteuil du salon.
- Papa
-Oui mon dis-moi
-Est-ce que tu vas bien?
-Très bien mon fils, comme tu peux le voir.
-Mais je suis quand-même inquiet pour toi.
-Mais pourquoi ça mon garçon?
-Parce que tu as beaucoup changé.
-Que tentes-tu d’insinuer mon fils ?
-Rien père, juste ce changement que tu affiches depuis de très longs mois maintenant. Tu ne vas plus au cabinet, ou tu y va de moins en moins, au détriment de biens d’autres activités de maison. C’est du jamais vu père.
-Mais qu’y a-t-il donc de mal en cela mon enfant ? Je me donne juste de la retraite. Ou ne crois- tu pas qu’il m’en faut bien ?
-Oui évidemment, c’est juste qu’autant de repos à la maison ne te ressemble pas vraiment.
-Tu as bien raison, mais je me sens de plus en plus fatigué. C’est pourquoi j’ai décidé de me reposer.
Ainsi, Le père de Gratien ne lui a jamais révélé la vraie raison de ses vacances. Les jours passèrent et les choses évoluèrent chez les NOA. Symphonie quant à elle n’avait rien remarqué, comme son frère. Elle pense que c’est pour mieux s’occuper d’elle que son père a choisi de rester à la maison. Une réflexion qui convient bien à son père, car pour lui, pas question que son vrai mobil soit découvert. Jamais !