XXII LE MARI.Il tenait deux pistolets à la main. Il était pâle, tremblant ; ses yeux fixes et immobiles étaient attachés sur le baron, auquel il dit d’une voix où frissonnait la colère : – Qui vous l’a dit, Monsieur ? Il est assez difficile de peindre la stupéfaction de Luizzi et l’alarme réelle qu’il éprouva en voyant paraître M. de Cerny ainsi armé. Assurément, s’il se fût trouvé chez un homme de basse nature dont il eût découvert quelque crime abominable, il n’aurait pas craint de le voir se porter à de plus odieux excès pour éviter l’échafaud, que ce grand seigneur de haute naissance pour échapper au ridicule. Ne sachant que répondre à l’interpellation de M. de Cerny, Luizzi, à qui la vanité ne permettait pas de montrer la moindre faiblesse en face d’un homme de son rang, se tourna


