XIVIVIANE À MERLIN. Tour de Resti, mois des myrtiles. Sans pensée, sans prévoyance, je vis ici dans une stupeur continuelle qu’augmente tout ce que je découvre. À mesure que j’avance, les choses que je croyais les plus immuables changent de forme. Je suspends mes espérances à ces sommets que l’aigle même ne visitera pas. Voici la saison où les troupeaux redescendent en foule du haut des Alpes, pour gagner les chalets des basses vallées et s’y abriter contre l’hiver. Il n’y a pas un roc qui n’ait son troupeau et son berger. Je crois voir un peuple céleste émigrer des nues. Les Alpes rougissent d’un rouge pourpre. Tu dirais des tapis écarlates étendus sous les pas de ce peuple divin qui descend les degrés du ciel. Parmi les bergers se trouvait ce jeune enfant, Guillaume Tell, auquel tu a


