XIIVIVIANE À MERLIN. Rosenlaui, mois des premières neiges. Me voici dans le chalet abandonné où tu t’es reposé un moment. Au bord du glacier j’ai dessiné sur les vitres des forêts de givre… Des paysages fantasques gravés sur la vitre, et où je cherche une félicité plus fantasque, c’est donc là mon univers ! Que suis-je moi-même pour chercher mon abri dans ces leurres glacés ? Le voilà, l’hiver ! l’affreux hiver ! Ô Merlin ! quel silence autour de moi ! j’en frissonne. As-tu jamais pensé à la mort ? Moi qui ne puis même y croire, j’en suis tout à coup enveloppée. Ne te reverrai-je plus ?… Quoi ! déjà !… Quoi ! sitôt !… Les jours, les années éternelles que je me promettais avec toi dans notre île d’Avalon, je les vois qui s’effacent l’une après l’autre ; à leur place, il reste des tombes


