VMERLIN À VIVIANE. Ils t’ont parlé de Marina, n’est-il pas vrai ? et, pour être cru plus aisément, ils l’ont calomniée ainsi que moi. Ne sais-tu donc pas que la terre et le ciel sont pleins de langues venimeuses qui souilleraient l’astre du jour si on les écoutait ; gens incapables de nous comprendre, et qui, pour s’en venger, veulent nous désespérer ? La pure, la simple vérité, la voici, et mes occupations nombreuses, tumultueuses même, m’ont seules empêché de t’en instruire plus tôt. Il est certain que j’ai fait moi-même des efforts prodigieux pour t’arracher de mon cœur. Je ne m’en cache ni ne m’en défends, Viviane. Oui, pour échapper aux maux que tu m’as infligés, j’aurais voulu engourdir, hébéter mon âme transpercée de mille glaives. Ma plainte la plus amère sera toujours qu’en me


