IAprès avoir envoyé cette lettre par l’un de ses messagers ordinaires, Merlin alla s’embarquer à Épidaure. Sur la plage marécageuse il trouva Mustensar, roi du désert, et Alifantina, roi des Espagnes, qui l’attendaient en respirant l’haleine fiévreuse des asphodèles. Épistrophius n’avait pas manqué de lui offrir le secours de sa flotte, formée des deux caïques les plus vermoulus qu’on eût pu trouver dans ses États. L’équipage de l’un de ces caïques était seul complet ; il se composait des deux meilleurs esprits follets du pays ; tous deux nés dans les tempêtes, étaient accoutumés à s’en jouer en riant. Les deux rois et Merlin s’assirent à fond de cale. Le petit esquif sorti de l’anse, rasa les flots avec la rapidité de la procellaria. Il ne s’arrêta que pour s’échouer dans un port d’Orien


