II

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IICordoue. Que je la connaissais mal et quel abîme est dans le cœur des hommes ! Je l’ai revue hier ; c’était dans le jardin d’orangers et nous étions seuls. La nuit descendait sur nos têtes, à nos pieds le Guadalquivir roulait ses paillettes d’or. Jamais tant de paroles emmiellées, caressantes, tant de regards suppliants. Les citronniers aussi m’enivraient de folles bouffées. Elle s’en aperçut et joignit ses deux mains pour me faire une prière. Je les pris dans les miennes : « Cher Merlin, dit-elle enfin à voix basse, devine-moi sans que je parle, toi qui lis dans les cœurs. Que vois-tu là-bas dans cette étoile ? » Et ses yeux s’allumèrent au plus brûlant rayon de Cassiopée. « C’en est trop ! lui dis-je, vaincu un moment par la magie qui, à cette heure nocturne, tombait du ciel sur so

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