IMERLIN À VIVIANE. Colibri ! colibri ! portez ce message ! et que votre aile soit plus rapide que l’aile de la calomnie qui vole après vous ! Le jour de Sainte-Isabelle, patronne de Grenade, un écolier de ce pays, Lisardo, est venu me prier de me rendre à Cordoue auprès d’une jeune fille, Dolorès, sur laquelle de méchants génies ont jeté un sort. Pouvais-je refuser le secours de mon art ? Non, assurément. Sur-le-champ je me suis mis en voyage. Les sierras de Grenade à Cordoue m’ont retenu trois jours. J’arrive ; dans une cour, sous des colonnettes, au bord du Guadalquivir, une jeune fille voilée m’attendait. À mon approche elle laisse tomber de ses mains défaillantes un petit poignard. Comme il est fréquemment question dans ce pays de femmes et de houris voilées qui vous entraînent d’es


