VIMERLIN À VIVIANE. Colonnes d’Hercule. Écoute, Viviane ! j’ai un grand secret à te dire. Je ne le confie qu’à toi. Aussi je me sers, pour t’envoyer cette lettre, de petits oiseaux qui n’ont point encore porté de messages. Ce sont des oiseaux-mouches et des colibris que je viens de rapporter de mon excursion. Ils sont si petits qu’ils échapperont aisément à l’œil des curieux. Il y a à peine quelques mois, sur la plage de Cadix, je relisais ta dernière lettre. Je voyais à mes pieds le flot bleu souriant, b****r et déraciner les Colonnes d’Hercule, rugueuses, fendillées, pétries de coquilles, si bien qu’elles sont toutes branlantes et ne tarderont pas à s’écrouler dans le gouffre. C’est ainsi, Viviane, que par tes paroles décevantes tu caresses et détruis en même temps mes robustes espéra


