Le palais princier de Monaco, avec ses couloirs de marbre et ses tapisseries anciennes, semblait étrangement oppressant à Jacques Grimaldi, 26 ans, alors qu’il arpentait ses appartements privés. La lumière douce des lustres en cristal projetait des ombres sur les murs, où des portraits de ses ancêtres – princes et princesses au regard sévère – semblaient le juger. Il était minuit, et le dîner désastreux où Lydie Moreau, la fiancée d’Alexandre, avait été présentée à la famille, résonnait encore dans son esprit. Jacques s’arrêta devant une fenêtre donnant sur la Méditerranée, les vagues scintillant sous un ciel étoilé. Mais ce spectacle, habituellement apaisant, ne faisait qu’attiser sa colère. Jacques, le cadet des Grimaldi, avait toujours vécu dans l’ombre de son frère aîné. Alexandre, av


