Maintenant à genoux !

1616 Mots
Andrès sortit de sa maison avec une demi-heure d'avance, le jeune homme passa rageusement une main dans sa crinière brune presque noire puis pénétra dans voiture où l'attendait son chauffeur. — Bonjour monsieur, le salua son employé depuis deux ans. — Bonjour Carl, lui répondit-il. Si l'homme remarqua l'humeur de son patron, il n'osa rien demander par crainte de se mêler de ce qui n'était pas ses affaires. À la place il demanda juste leur destination — À l'entreprise, répondit le brun en vérifiant ses mails. Le trajet vers son entreprise ne dura pas plus d'une vingtaine de minutes et Andrès prit congé de son chauffeur qui restait tout de même dans les environs au cas où il voudrait se déplacer en cours de journée. Le jeune patron de 28 ans pénétra dans l'enceinte de son immeuble, recueilli plusieurs salutations de ses nombreux employés, puis finit par se rendre à son bureau au cinquième étage. À peine s'était-il s'assit que sa secrétaire apparut après un toc à la porte. — Bonjour Mr. Newt, le salua t-elle en se rapprochant de son bureau — Salut Stacy, répondit le brun. Le jeune patron prêta oreille attentive à chaque information débitée par sa secrétaire jusqu'à ce qu'elle ne s'arrête sur le dernier programme de sa journée et ne prenne finalement congé de lui en recueillant les demandes de ce dernier. Andrès ne prit pas en compte les légères cernes sous ses yeux, témoins de son insomnie de la veille que la plupart des associés et employés dans la salle de réunion regardait par volée. Le jeune homme n'avait en effet pu trouver le sommeil dans le lit de la chambre d'ami où il avait passé sa nuit. Plusieurs fois il fut tenté de sortir se bourrer la gueule pour faire taire son cerveau qui cogitait trop mais le seul rappel que le lendemain il devait être au boulot l'en avait empêcher. Finalement il s'était levé de son lit à 5 h 30 pour son footing matinal qu'il faisait habituellement à 6 h. — Monsieur Newt, s'il vous plaît ? dit une voix d'homme qui ramena le brun d'entre ses pensées. Il cligna des yeux et se laissa complètement immergé dans la réunion qui prit fin sur une proposition concluante et approuvée de tous. Andrès salua ses employés puis sorti de la salle de réunion. Il passa quelques minutes dans son bureau, le temps d'ajouter sa signature à certains documents puis s'en alla définitivement, sa journée de travail prenant fin. Carl attendait son patron en face de l'immeuble, aussitôt ce dernier à l'intérieur du véhicule, il le démarra en le saluant. — Faites un détour par la cinquième avenue, Carl, annonça le brun. L'employé hocha la tête avant de longer sur la voie demandée. Il jeta un coup d'œil dans le rétroviseur et redirigea son regard sur la route. — J'ai un travail à te commander, dit finalement Andrès sans étonner le châtain. — Quoi monsieur ? demanda le chauffeur de sa voix calme. Andrès déboutonna le seul bouton de sa veste et capta le regard de l'homme qui n'était pas que son chauffeur personnel en dépit des fonctions qu'il avait eu a exercé avant sa soudaine retraite. — Je veux que tu donnes une leçon à Horacio Guez pour moi, mets tes hommes sur le coup et qu'ils lui précisent que c'est de ma part, dit le brun en transmettant tous ses désirs au travers de ses yeux. — Code A ? s'enquit à nouveau Carl en fixant son regard dans celui de son patron. Andrès baissa les yeux vers la route. — Tourne à droite au prochain carrefour, dit-il. — Bien monsieur. La discussion était close, et le message était passé et comprit comme voulu, Andrès n'attendait que le retour qu'aurait à lui faire son homme de main dans les plus brefs délais. — Arrête toi ! ordonna soudain le brun quand la voiture stationna devant une boutique dont l'ouverture semblait tout de même dissimulé à la population. Le jeune homme sortit du véhicule et s'élança vers la boutique dont l'extérieur ne reflétait en rien l'esthétique de l'intérieur. Une fois au sein du magasin, il réfuta vaguement l'aide du réceptionniste et se dirigea vers les rayons où étaient exposés les objets qu'il cherchait. Sans aucune hésitation le jeune choisit bon nombre d'objets dans les différents rayons et régla la note sous les regards l'un horrifié et l'autre rougissant des deux caissières. Il prit ses achats puis sorti. — Dois-je vous amener ailleurs ou ramenez chez vous monsieur ? demanda Carl en démarrant le véhicule. — C'est bon, on peut rentrer, dit le patron. Une fois déposé chez lui, Andrès permit au châtain de s'en aller vu qu'ils étaient déjà le soir et qu'il n'était pas sûr de sortir à nouveau. Et même si il devrait le faire, il prendrait une autre de ses voitures qu'il ne prenait que pour ses sorties personnelles. — Une dernière chose Carl, trouve-moi un garde-corps fiable, demanda le brun en sur le pas de sa porte, l'autre homme lui tenant le packet contenant ses achats. — Bien monsieur, à demain ! Andrès répondit à peine puis prit le packet des mains du châtain avant de pénétrer dans sa demeure. Dès son premier pas dans le salon, une délicieuse odeur lui envahit les narines et il se dirigea vers les escaliers pour se changer dans sa nouvelle chambre attitrée. Il entendit des pas résonner sur ses talons mais ne se retourna pas jusqu'à être près de la porte de la chambre d'ami. — S-salut chéri, bonne arrivée ! souffla doucement une voix féminine qui semblait hésiter sur ses mots. Andrès se retourna pour voir sa fiancée dans une simple robe verte qui lui allait tout de même à ravie. Elle avait refais les deux petites tresses sur le côté dans ses cheveux qu'il lui avait une fois avoué aimer. Et même sans son maquillage habituel, sa simple beauté ne laisserait sûrement indifférent aucun homme hétérosexuel. — Attends moi dans la salle à manger, nue, lui précisa son fiancé en pénétrant dans sa nouvelle chambre, lui fermant la porte au nez. Quelques minutes plus tard, après sa rapide douche, Andrès descendit dans la salle à manger pour trouver sa promise toute nue comme il le lui avait demandé. La jeune femme semblait ne pas savoir si elle devait s'asseoir ou en pas et restait donc dans une position légèrement penchée sur la table, ses yeux ne cherchant pas à croiser ceux de son homme quand ce dernier pénétra dans la pièce. Ce dernier prit place au bout de table comme à son habitude et lui ordonna de le servir, ce qu'elle fit non sans légèrement trembler. — Je- c'est ton plat préféré, souffla t-elle doucement en mettant les frites chaudes et craquantes comme il l'aimait dans le plat, près de la viande. Andrès la laissa finir puis la vit amorcer un geste pour s'asseoir près de lui, il lui tint brusquement le bras pour l'interrompre avant de la fusiller du regard. — As-tu déjà mangé ? demanda t-il. La jeune femme secoua la tête. — Non, répondit-elle. — Bien, que cela reste ainsi à partir de maintenant, tu ne dînes pas avant moi, après tout c'est mon argent qui fait tout dans cette maison et tu ne sais rien faire de tes dix doigts si ce n'est tapoter sur ta tête pour réfléchir à un plan d'escroquerie, asséna t-il. Clara releva la tête pour le regarder de ses yeux larmoyants à travers lesquels, elle s'efforçait de transmettre toutes ses excuses silencieuses. — Andrès, commença t-elle avant d'être brusquement coupé par son partenaire. — Tais-toi ! ordonna t-il, à partir de maintenant tu m'appelles monsieur, tu parles uniquement quand je te le permets et baisses la tête quand tu le fais. Maintenant à genoux ! Il tira sur le bras de blonde pour qu'elle suive le mouvement et se mette à terre, ce qu'elle fit en cognant son coude contre le rebord de la chaise à côté d'elle dans un gémissement de douleur. Andrès prit le second plat sur la table et y servit le même met présent dans le sien. Il le posa en équilibre sur l'une de ses cuisses. — Mange ! ordonna t-il, avec la main, précisa t-il quand la jeune femme voulut tendre la main vers des couverts. Si elle voulut riposter à nouveau, Clara n'en fit rien par crainte de recevoir des gifles comme hier, chose qui lui arrivait pour la première d'ailleurs en 4 ans de relation avec le brun. — Bon appétit ! souhaita t-elle, se disant que ce n'était qu'ainsi qu'elle arriverait à calmer son fiancé, en ne changeant rien à leur habitude qui pourtant était grandement boulversé. — Bon appétit qui ? demanda Andrès en lui jetant un regard dédaigneux. — Ché- monsieur, dit-elle, manquant de peu le coup du brun. Le dîner se déroula d'une différente manière pour la première fois depuis quatre ans. L'homme mangeait sa nourriture sans complimenter sa femme comme il l'aurait fait habituellement, ni même lui conter sa journée au boulot et la femme mangeait dans une position peu gracieuse, tenant son plat avec une main sur la cuisse de son fiancé, et mangeant de l'autre. Vers la fin de son repas, Andrès stoppa d'une main la jeune femme qui s'apprêtait à prendre une nouvelle bouchée de viande. — C'est largement suffisant pour ce soir, dit-il en reprenant le plat. La jeune femme écarquilla les yeux vu qu'elle n'avait rien mangé de la journée, trop stressée à l'idée que son fiancé décide d'un mauvais sort pour elle puis baissa rapidement le regard en croisant celui de l'homme. — Va m'attendre à l'étage.
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