Le souffle de Simona se coupa. Lucas. Il était là, réel, vibrant, se tenant parmi la foule comme une apparition sortie de ses fantasmes nocturnes. Un an s'était écoulé, un an de regrets silencieux, de regards perdus dans le vide, de rêves brisés par la cruelle réalité de son existence. Et il était devant elle, plus beau encore, son sourire éclairant la pièce faiblement éclairée.
Il la remarqua au même instant. Ses yeux verts, habituellement pétillants de curiosité, se voilèrent d’une hésitation troublante. Il rougit légèrement, son regard se détournant presque aussitôt. Un an avait changé les choses. La légèreté et l’assurance qu’il avait affichées lors de leur première rencontre avaient disparu, remplacées par une politesse distante, professionnelle. La Simona qu'il avait connue, la jeune femme captivée par son regard, semblait s’être effacée.
Il s'avança, une expression neutre sur le visage. « Bonsoir, Mademoiselle… Simona, n'est-ce pas ? Votre mère m’a parlé de vous. Ravi de vous revoir. » Sa voix, la même voix rauque qui avait fait frissonner Simona, sonnait désormais comme une barrière, respectueuse certes, mais infranchissable. Il s'inclina légèrement, comme s’il ne la reconnaissait pas vraiment, comme s’il avais oublié l'étincelle qui s'était allumée entre eux.
« Bonsoir, Monsieur… Lucas », répondit-elle, sa voix tremblante. Elle avait imaginé d'innombrables scénarios pour cette revanche, des retrouvailles passionnées, des aveux timides. Mais elle ne s'était jamais préparée à cette froideur, à cette distance qu’il semblait vouloir imposer. Elle se sentit terriblement petite, transparente, à nouveau réduite à sa condition de recluse, de créature de l'ombre.
Les compliments fusèrent de toutes parts. Ses cousines, Niamoye, les amis de Damien, tous s'extasiaient sur sa beauté, sur sa robe en soie noire qui épousait parfaitement ses courbes, révélant une peau d’albâtre irréprochable. « Tu es rayonnante, Simona ! » s’exclama une amie de Niamoye. « On dirait une reine de la nuit ! » Un homme d’une cinquantaine d’années, un galeriste ami de Damien, la dévisagea avec un intérêt manifeste. « Votre beauté est… surnaturelle, Mademoiselle. Une beauté d’un autre monde. »
Ce regard, bien que flatteur, la mettait mal à l'aise. Elle percevait une fascination troublante dans les yeux des hommes, un mélange de désir et de mystère. Ils la considéraient comme un objet rare, inaccessible, une énigme à déchiffrer. Mais aucun, à part Lucas, ne semblait la voir pour ce qu’elle était vraiment : une jeune femme blessée, perdue, rêvant d'une vie simple et normale.
Lucas, discret, observait la scène de loin, son regard chargé d’une émotion indéfinissable. Simona le surprit à la regarder plusieurs fois. Elle sentait son trouble, même à distance. Mais il détournait le regard aussitôt, comme s’il avait honte de son intérêt, comme s’il devait se rappeler qu'elle était hors de sa portée. Pourquoi cette brusquerie ? Avait-il appris quelque chose sur son allergie ? Avait-il été mis en garde contre elle ?
Le doute la rongeait. Elle se sentait comme une marionnette, manipulée par les regards et les conversations autour d’elle. Elle avait besoin de s’échapper, de trouver un endroit où elle pourrait respirer, où elle pourrait laisser libre cours à ses émotions. Elle s’excusa auprès de Niamoye et s’enfuit dans la cuisine, à la recherche d'un peu de solitude.
La cuisine, habituellement animée par les effluves des plats africains, était vide à cet instant. Simona s’appuya contre le plan de travail, fermant les yeux, tentant de calmer son cœur qui battait à tout rompre. Elle avait besoin de se concentrer sur sa respiration, de retrouver une once de contrôle.
Soudain, elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna brusquement et se retrouva face à Lucas. Il avait suivi, silencieux comme un prédateur.
« Tu n’avais pas l’air bien, » dit-il, sa voix grave résonnant dans la cuisine. « Je me suis demandé si tu avais besoin de… d’air frais. » Il se rapprocha d’elle, son regard vert la fixant intensément.
Simona sentit ses jambes flancher. Elle était prise au piège, coincée entre lui et le mur. L'espace semblait se rétrécir, l'air se raréfier. Elle sentit son cœur s'emballer à nouveau, sa respiration se faire plus courte.
« Tu as peur de moi ? » demanda-t-il, une pointe de tristesse dans la voix.
Elle ne répondit pas. Était-ce la peur elle-même qui la paralysait, ou était-ce la déception de voir le Lucas qu’elle avait idéalisé se réduire à un étranger poli ? Elle resta silencieuse, incapable de trouver les mots pour exprimer le tourbillon d’émotions qui la submergeait.
Il s’approcha encore, son parfum boisé et épicé envahissant ses sens. Il lui attrapa délicatement la taille, la rapprochant de lui. Elle se sentait fragile, vulnérable, comme une papillon pris au piège dans une toile d’araignée.
« Est-ce que tu as pensé à moi ? » murmura-t-il, sa voix à peine audible.
La question la frappa comme un coup de poing. Était-il sérieux ? Après tout ce temps, après cette froideur, il osait lui demander si elle avait pensé à lui ? Bien sûr qu’elle avait pensé à lui ! Chaque jour, chaque nuit, ses pensées s'étaient tournées vers lui, alimentées par un espoir illusoire, par un désir impossible.
Elle leva les yeux vers lui, son regard se perdant dans l'infini de ses yeux verts. Elle ne put mentir.
« Oui, » souffla-t-elle, sa voix rauque d’émotion. « Toujours. »
Sans un mot de plus, il la prit dans ses bras et l'embrassa. Ce fut un b****r volé, hésitant au début, puis de plus en plus passionné, de plus en plus intense. Ses lèvres, douces et soyeuses, explorèrent les siennes avec une tendresse infinie. Un frisson la parcourut de la tête aux pieds, réveillant des sensations qu'elle avait cru à jamais enfouies.
Elle répondit à son b****r avec une ardeur inattendue. Elle avait tellement réprimé ses sentiments pendant si longtemps qu’ils explosèrent à présent, dévorant chaque parcelle de son être. Ses mains se perdirent dans ses cheveux, tirant doucement sur les mèches brunes. Elle se sentait légère, libre, ivre d’amour et de désir.
Il se sépara de ses lèvres, respirant avec difficulté. Ses yeux étaient sombres et brûlants. Il la regarda intensément, comme s'il cherchait une réponse à une question muette.
Simona, bouleversée, ne put dire un mot. Elle se sentait à la fois heureuse et terrifiée. Ce b****r avait réveillé en elle un espoir interdit, une folle envie de briser toutes les barrières, de vivre pleinement son amour, quelles que soient les conséquences.
Avant qu’elle ne puisse se reprendre, elle attrapa Lucas par le cou et l'embrassa à nouveau. Il répondit avec une véhémence déconcertante, la prenant dans ses bras et la serrant contre lui.
Elle sentit ses mains se frayer un chemin sous sa robe, épousant les courbes de son corps. La chaleur monta en elle, la submergeant de plaisir. Elle se laissa faire, abandonnant tout contrôle, se laissant entraîner dans un tourbillon de sensations.
Il la souleva et la porta jusqu'à la table de la cuisine, la déposant délicatement sur le plan de travail. Ses yeux brillaient d'une lueur sauvage et irrésistible. Il défit les boutons de sa robe avec une lenteur calculée, révélant sa peau pâle et lumineuse.
Elle ferma les yeux, la respiration saccadée. C'était la première fois. Elle était vierge, fragile, terrifié et excitée à la fois.
Il l’embrassa de nouveau, descendit vers son cou, embrassant et mordillant sa peau, la faisant gémir de plaisir. Ses mains la caressaient doucement, lui procurant des sensations inconnues, exquises.
Puis, il la pénétra.
La douleur initiale se transforma rapidement en un plaisir intense, dévorant. Elle se cramponna à ses épaules, enfouissant ses ongles dans son dos. Chaque mouvement était une découverte, une révélation. Elle se sentait envahie, possédée, mais aussi libérée, enfin délivrée de ses peurs et de ses inhibitions.
Leur amour fut sauvage, passionné, primal. Il la prit et la fit sienne, avec une tendresse et une sauvagerie qui la firent frissonner. Chaque caresse, chaque b****r, chaque gémissement était une promesse d'extase. C'était bien plus qu'un acte physique ; c’était une communion des âmes, une fusion de deux êtres désespérés de se retrouver.
Elle se laissa aller, abandonnant tout contrôle, se perdant dans le plaisir. Elle n’avait jamais ressenti une telle intensité, une telle volupté. C'était le début d'une nouvelle vie, une vie pleine de promesses et de dangers.
Alors qu’il était sur Simona, on frappa à la porte:
- Simona c’est ta mère, ouvre je sais que tu es à l’intérieur. Prise de panique, elle trembla.