Sourire, transmutation des larmes Monique Thomassettie À première vue, la tristesse règne à Sarajevo. Mais les rencontres la dissipent. Artistes, hôtes, généreux et curieux, nous accueillent. Sous l’accueil transparaît une attente, celle d’être compris. Compris, ils laissent affleurer la tristesse. Ma première vue était la bonne. L’après-mal, l’après-malheur, à la très lente guérison. Moi qui ai le sourire pour vocation, je leur souris mes poèmes. J’en lis un en français. Au moment où je parle de Dieu s’élève le chant d’un muezzin. Retrouvant leur sourire, des poètes de là-bas qui ont compris le mot « Dieu » m’apprennent que cette autre rencontre est le signe de l’authenticité de ma vocation, partagée. Cet été, en compagnie de quelques artistes belges et de notre traductrice, j’ai dé


