XIVJ’étais retourné rendre visite à Adrian, cet après-midi-là. Il pleuvait depuis le matin, un crachin lourd et épais. Des nuages bas passaient sur la pointe de l’Île-de-Batz et venaient se déverser sur la côte de Roscoff. Tout était sombre et gluant. Nous nous installâmes sur des chaises longues dans la salle de repos devant les grandes baies vitrées, face à la mer et aux rochers de Santec. Tout était d’un gris uniforme ; la terre et la mer semblaient se rejoindre dans la même masse indistincte de coton gris. J’avais communiqué à Adrian le résultat de l’analyse de ses cheveux. Il n’en revenait pas que quelqu’un ait pu essayer de l’empoisonner. Il ne connaissait pas le produit qu’on lui avait mis dans sa bouteille d’eau. Pas étonnant, il était à peine né quand il avait été retiré de la ven


