J’étais complètement figée, à la fois en colère et heureuse. Cet homme avait le pouvoir de me faire ressentir mille émotions à la fois, et le pire, c’est qu’il le savait.
J’étais complètement perdue dans mes pensées quand mon téléphone me fit revenir à la réalité : c’était Carine qui m’appelait.
— C’était comment ?
— Merci de m’avoir laissée en plan avec cet inconnu.
— Mais de rien, Noïra, me dit-elle.
— Il m’a embrassée…
— Et ?
— Et rien, tu n’aurais pas dû me laisser seule, il est peut-être dangereux, Carine.
— Tu es rentrée saine et sauve, non ? Alors il ne l’est pas. Pourquoi vois-tu toujours tout en noir ?
— Ce n’est pas que je vois tout en noir, je suis juste prudente.
En tournant la clé dans la serrure de la porte, je répondis :
— Ok, je vais tout te raconter demain, j’ai juste besoin de dormir.
— De penser au b****r passionné que tu as échangé avec Hans, je comprends, disait-elle avec moquerie.
— Essaie de ne pas trop penser à lui et de dormir, toujours avec le même ton.
— Bien sûr que je vais dormir, qu’est-ce qui te fait croire le contraire ? dis-je d’une voix rassurée.
— Après ce b****r passionné que tu as échangé, c’est difficile de ne pas y penser, surtout qu’il est très beau.
— Je te raconterai tout demain, je te le promets. Bonne nuit Carine, bisous, à demain.
— À demain, ma belle.
Il était difficile pour moi de raconter à Carine quelque chose que je ne comprenais pas moi-même. J’essayais de mettre un mot sur ce que je ressentais, mais je n’y arrivais pas encore.
Je me suis allongée un moment sur mon lit, repensant à lui, et mon cœur se mit à battre d’un coup. J’étais tiraillée entre l’envie de le fuir et celle de continuer ce petit jeu. Je ne comprenais pas mes émotions. Je voulais plus, beaucoup plus, en repensant au b****r que nous avions échangé. Je me mordillais les lèvres en y repensant. Je sentais encore la chaleur de ses baisers, son parfum sur mes vêtements. J’étais complètement amoureuse de lui, me suis-je dit.
Je me mis un oreiller sur le visage en espérant que cela me remettrait les idées en place. Ce fut sans succès.
Je me levai du lit, retirai mes vêtements, pris une longue douche, puis allai me coucher.
— Je peux entrer, chérie ?
— Bien sûr, maman.
— Comment a été ta journée ?
— Ça va...
— Qu’est-ce qu’il y a ? Je trouve que tu as quelque chose de différent.
Je me levai immédiatement.
— C’est quoi ?
Je pensais qu’elle se doutait de quelque chose, ou qu’elle avait vu les marques des baisers que m’avait donnés Hans devant la porte.
— Je pense que ma fille est heureuse d’aller enfin vivre seule.
Je ne voulais pas qu’elle apprenne l’histoire avec Hans de cette manière. Et puis, il n’y avait rien à raconter, à part qu’il m’énervait avec ses réactions bizarres, surtout que je n’étais pas encore sûre de mes sentiments.
— Ce n’est pas comme si je quittais le pays ou que j’allais sur une autre planète.
— N’empêche que tu seras toujours ma petite fille adorée.
Elle me prit dans ses bras, me donna un b****r sur le front, puis sortit de la chambre. Hans refusait de sortir de ma tête cette nuit-là. Je m’endormis en pensant à lui et à cette nouvelle vie qui m’attendait dans mon appartement.
Le lendemain, je me réveillai, pris mon petit-déjeuner, puis une douche. Je m’habillai vite fait, pas le temps de faire tout un tralala. Je mis un jean, une veste, un léger maquillage, et enfila des baskets. Enfin prête pour une journée très chargée.
En ouvrant la porte, Hans était debout, appuyé sur sa voiture. Il portait une chemise accompagnée d’une cravate et de chaussures de marque. Bon sang, qu’il était beau ! Mon cœur se mit à battre fort, et j’essayais de garder mon calme, ne sachant pas trop comment réagir.
J’ai tout de suite compris qu’il allait travailler.
— Mais qu’est-ce que tu fais ici ? finis-je par dire après un long silence.
— Tu te souviens, hier je t’avais dit que je passerais te chercher à 7h, et il est 7h… non presque 8h, tu as 30 minutes de retard.
Il me l’avait dit, mais j’avais oublié.
— De quoi est-ce que tu parles ? dis-je en essayant d’avoir l’air étonnée.
— Je t’invite à déjeuner, me dit-il sans tenir compte de ce que je disais.
— Non ! lui répondis-je sans réfléchir.
— Désolé, mais j’ai déjà déjeuné.
— Tu n’as pas le choix.
Je me mis à rire.
— Désolée de te le dire, mais je ne vis pas selon tes bons vouloir. J’ai aussi ma propre volonté, donc je dis non, arrête.
J’essayais de passer pour continuer mon chemin, mais M. Hans se plaça devant moi.
— Tu vas m’accompagner, sinon je te refais la même chose que hier.
Je savais qu’il pouvait le faire, mais je m’en fichais complètement. Il s’approcha dangereusement de moi, mit une main autour de ma taille — j’ai cru que mon cœur allait s’arrêter — et avec l’autre, il caressa doucement mes cheveux. Une vague de désir me traversa. Je finis par dire :
— Mais qu’est-ce que tu veux de moi, Hans ?
— Je te veux, Noïra, me dit-il d’une voix grave.
Il essaya de m’embrasser, mais je ne voulais pas. Tout de lui me plaisait, mais je ne savais pas ce que je ressentais exactement pour lui. Je sentais que je voulais qu’il m’embrasse, ça, j’en étais sûre, mais il y avait quelque chose qui me bloquait : j’avais peur de m’abandonner à lui.
— J’accepte pour le déjeuner, mais tu ne me donnes plus d’ordre.
— Ok, princesse, me dit-il.
Je sautillais intérieurement, bien que j’avais l’air calme à l’extérieur.
Quelques minutes plus tard, j’étais dans sa voiture pour aller déjeuner, du moins, je le croyais.
Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes à un jardin botanique. C’était vraiment magnifique : il y avait différentes espèces et variétés de fleurs, un endroit superbe, je dirais. Hans et moi nous promenions, et il me tenait la main.
— Moi : Je croyais qu’on allait déjeuner.
— C’était juste un prétexte pour être à tes côtés, répondit-il.
Ces mots m’avaient profondément touchée. Il voulait être avec moi, j’étais en train de craquer sérieusement.
— Et tu viens souvent ici ? Tu amènes toutes les filles que tu veux impressionner, toutes tes conquêtes ?
Il s’arrêta un moment, me fixa, puis répliqua :
— Quoi ? Non, c’est la première fois que je viens ici.
J’étais vraiment surprise de sa réponse, je pensais qu’il allait me faire un long discours.
— Alors pourquoi m’as-tu amenée ici ?
Je le fixai à mon tour.
— Je te veux, Noïra, et je ne sais pas comment te l’expliquer.
— Tu me veux, ce qui est différent de l’amour. Tu me veux peut-être dans ton lit, mais je ne pense pas que ce soit le cas pour ton cœur. Je crois que tu me vois comme une fleur exotique que tu as envie de cueillir.
Sans qu’il ait eu le temps de me répondre, une demoiselle venait dans notre direction. Elle était assez mignonne, avec de longues jambes, des cheveux très soignés, magnifiques. J’ai cru un moment que c’était sa copine.
— Hans !!!
Et dire qu’il m’avait dit que c’était la première fois…
— Petite sœur, qu’est-ce que tu fais ici ?
J’ai vu rouge trop vite, j’avais honte de moi, heureusement que je n’ai pas parlé à haute voix.
— Elle : Je travaille ici, tu t’en souviens ?
— Oui, c’est vrai, petite sœur. Je te présente Noïra, je te présente ma petite sœur Angela.
— Ravie de faire votre connaissance.
— Tout le plaisir est pour moi, j’aimerais rester pour papoter, mais je travaille. Hans, j’espère que cette visite n’est pas la dernière, et pour toi aussi, Noïra. La prochaine fois, tutoie-moi.
— Merci, alors à bientôt Angela.
— À ce soir, sœurette.
Elle était déjà loin de nous quelques secondes après.
— Alors ta sœur travaille ici ?
— En fait, cet endroit appartient à ma famille, ils l’ont fait construire pour Angela. Elle adore la nature, elle est biologiste.
Il disait ça un peu gêné.
— Ok, M. le riche, je veux rentrer maintenant.
— Avant, tu vas me donner un b****r.
— Non, pas question.
Il avança vers moi d’un pas assuré.
— T’en es sûre ?
Toujours en marchant vers moi.
— Oui, très sûre.
Il s’avançait encore plus près, comme s’il voulait lire dans mes pensées. Je retenais ma respiration, comme si c’était le seul moyen de me protéger de lui.
— Hans ?
Répliquai-je.
Il s’empara de mes lèvres. Je me laissai faire, plus rien n’existait à ce moment-là. Toutes les barrières que j’avais bâti pour me protéger étaient tombées sous l’effet d’un simple b****r.
Le b****r devint de plus en plus intense. Pendant quelques secondes, je me laissai aller. J’ai senti le désir envahir tout mon corps, un sentiment que je n’avais jamais ressenti auparavant.
— Hans, s’il te plaît, je ne peux pas, réussis-je à dire dans un moment de répit.
— Je te veux, Noïra, je te veux, souffla-t-il au creux de mon oreille en passant une main sur mon visage et en me regardant tendrement.
Il fallait que je m’éloigne de lui, car je sentais qu’il prenait petit à petit le contrôle sur ma volonté.
— Je dois aller préparer mon déménagement.
— Promets-moi qu’on va se voir ce soir, s’il te plaît.
— Je ne peux pas, Hans.
Je voulais plus que du simple désir. Je ne voulais pas avoir quelqu’un dans ma vie juste pour le désir, je voulais vraiment comprendre ce qu’il ressentait.
Son téléphone interrompit notre conversation.
— Excuse-moi, je dois répondre, c’est important !
En s’éloignant un peu de moi.
Il resta quelques minutes au téléphone… Je pouvais juste voir qu’il souriait de là où j’étais.
Après quelques secondes, il raccrocha et revint vers moi.
— Je dois aller au bureau, j’ai quelques trucs à régler, mais d’abord, je te dépose chez toi.
— Non, je ne vais pas chez moi, je vais chez Carine, elle va m’aider pour le déménagement.
— D’accord, je te dépose quand même.
Après l’appel, il devint un peu bizarre. Je n’osais pas demander, je pensais que ça ne me regardait pas.
Quelques secondes plus tard, j’étais dans sa voiture en direction de chez Carine. Pendant qu’il conduisait, il glissa lentement sa main à l’intérieur de mon jean. Je voulais réagir, mais on aurait dit qu’on m’avait privée de toute volonté. Il me caressa lentement, mais il avait toujours les yeux fixés sur l’autoroute, une main sur le volant et l’autre à l’intérieur de mon jean. Il s’arrêta un moment pour caresser mon intimité. Je n’avais jamais ressenti autant de plaisir auparavant. Ensuite, il descendit encore plus, comme s’il voulait me posséder, en introduisant un doigt à l’intérieur de mon intimité. Je m’accrochais à mon siège, ma respiration s’accéléra sous l’effet du plaisir. Je sentais que mon plaisir était au maximum, j’étais à deux doigts de l’explosion quand il retira sa main de mon jean. J’étais frustrée et en colère, puis je redescendis sur terre et eus honte de moi. Comment avais-je pu laisser une telle chose se produire ? Comment ? me suis-je dit…
Je n’osais pas le regarder, je voulais me cacher, mais c’était impossible. Et je ne pouvais pas sauter de la voiture : je risquais une fracture, voire pire. Donc je restais là, en silence, lui toujours les yeux rivés sur la route.
Par chance, quelques minutes plus tard, j’étais arrivée chez Carine. Je me dépêchai de descendre de la voiture.
Quand soudain, sa voix me figea dans mon élan :
— Tu oublies quelque chose…
Je pris une grande respiration avant de répondre :
— Quoi ?
— Mon bisou !
Il avait un problème, ce type. Il voulait vraiment jouer avec ma santé mentale.
— Non, pas question, tu en as eu assez pour la journée.
— Si tu ne me donnes pas ce b****r, tu n’iras nulle part.
Je me suis donc approchée de lui en douceur et déposai un léger b****r sur sa joue. Mais lui, il s’empara de mes lèvres. Je voulais résister, mais après l’épisode tout à l’heure, je n’avais ni la force ni l’énergie pour me battre avec lui.
Le b****r dura quelques minutes, puis je descendis de la voiture sans un mot.
Chez Carine, je lui racontai tout, dans les moindres détails.
— Je sais qu’il est mignon, mais tu devrais être prudente. Ces gens ont toujours un truc à cacher. Bien que je t’encourage, il faut garder un certain recul.
— Je sais, Carine, mais lui, il trouve toujours un moyen de me faire perdre pied. Je n’arrive pas à réfléchir clairement quand il est là.
— Et tu l’aimes ?
— Je ne sais pas.
— Enfin, elle est amoureuse !
— Non, je n’ai jamais dit ça, j’ai juste dit que je ne savais pas.
— Tu as promis de m’aider pour le déménagement.
— Oui, mais tu changes de sujet.
— Ok, je vais répondre à cette question dès que j’aurai la réponse, mais pour l’instant, tu dois m’aider pour le déménagement, avant tout.
— D’accord, on y va, dit Carine en se levant difficilement de sa chaise.
Nous passâmes tout le reste de la matinée à décorer l’appartement et à faire des allers-retours. Il y avait beaucoup de travail à faire. Carine et moi étions crevées après une journée à tout mettre en place, mais fières du résultat final.
Alors Carine resta dormir chez moi pour la nuit, c’était comme une sorte d’inauguration.
Nous passâmes toute la soirée à regarder des films et à manger de la pizza.
Nous nous sommes endormies devant la télé.
Le lendemain, la sonnette de la porte me réveilla. Mais qui pouvait me rendre visite aussi tôt le matin ? Surtout que je n’attendais personne.
À peine avais-je ouvert la porte que quelqu’un m’attira vers lui. J’allais me débattre, mais il s’empara de mes lèvres. Je pouvais reconnaître ces baisers entre mille, alors je me laissai transporter par ce plaisir qu’il m’offrait dès le matin. Ces lèvres si chaudes, si passionnées, si sensuelles… comment aurais-je pu résister à une aussi bonne surprise ?
— Mais enfin, j’ai failli avoir une crise cardiaque.
Lorsque nous arrêtâmes enfin cette danse passionnée avec nos lèvres :
— J’ai autant d’effet sur toi, princesse ?
Je lui souris timidement sous l’effet de cette phrase.
J’adorais quand il m’appelait princesse, ça me faisait rougir.
Et en plus, j’avais décidé de continuer à le fréquenter pour enfin découvrir les sentiments que j’avais pour lui, après la discussion que j’avais eue avec Carine.
— Tu peux toujours rêver. Et comment as-tu eu mon adresse ?
— J’ai mes contacts.
— C’est comme ça que tu comptes me séduire ? En m’espionnant ?
— Non, comme ça…
Il s’empara à nouveau de mes lèvres, mais cette fois, je ne me laissai pas faire. Alors il me prit dans ses bras, comme s’il en avait besoin.
— Allez, les amoureux, trouvez-vous une chambre, d’ailleurs, c’est à deux pas derrière vous. Et bonjour Hans !
Carine était déjà habillée et prête à sortir.
— Bonjour Carine.
— Au revoir Noïra, à plus tard, à bientôt Hans.
Pourquoi fait-elle toujours ça ? Me laissant seul avec lui.
— On s’appelle, ok, Carine ?
— Bisous !!!
Elle me fit un bisou sur la joue et s’en alla.
— Tu as déjà pris ton petit-déjeuner ? Je vais faire des pancakes, tu en veux ? Enlève ta veste et viens m’aider.
— Oui, je préfère te regarder.
— Si tu veux manger, tu dois m’aider.
— Non, la vue est mieux d’ici.
Je ne voulais pas insister, alors je me mis au travail. Il me regardait de la tête aux pieds. Je fis semblant de ne rien voir, je ne voulais pas faire n’importe quoi, je restai concentrée sur mes pancakes.
Il s’approcha doucement de moi. Quelques secondes plus tard, il était derrière moi. Il passa une main autour de ma taille. Ma respiration s’accéléra de plus en plus. Il commença par me caresser le cou, puis il me fit volte-face. J’étais maintenant nez à nez avec lui.
Il s’empara de mes lèvres puis de ma poitrine. Je sentis le désir envahir tout mon corps. Il continua à me caresser. Je voulais lui dire qu’il était le premier avant qu’il aille plus loin, mais comment lui dire ça dans un moment aussi délicat ?
— Je suis vierge, Hans.
— Je sais…
— Quoi ? Mais comment ?
— Hier dans la voiture.
Ça y est, il avait gâché ce moment. J’avais encore des souvenirs de ce qui s’était passé. J’étais gênée.
Je m’éloignai de lui.
— Tu peux t’éloigner, j’ai des pancakes à finir. Peut-être que chez toi, tu as des tonnes d’employés pour satisfaire tes moindres caprices, mais ici, c’est moi qui dois tout faire.
Hans me fixa un moment, sans comprendre ce que je racontais.
— Je pars en voyage.
— Et c’est maintenant que tu me le dis ? Tu vas sûrement retrouver ta copine.
J’étais vraiment en colère contre lui. Je sentais qu’il m’abandonnait alors que notre relation prenait une autre tournure.
— Pourquoi es-tu en colère ? Ce n’est qu’une histoire de quelques jours, et désolé de te décevoir, mais c’est pour le travail. Alors, tu es jalouse ? C’est noté, j’essaierai de rester sage.
C’est vrai, j’étais un peu jalouse, mais pas pour les raisons qu’il pensait, et il n’était pas question que je l’avoue.
— Non, mais je ne sais pas quel rôle je joue dans ta vie. Je sais que c’est tôt, mais j’aimerais enfin savoir ce que tu veux de moi, ce que je représente pour toi.
J’en avais marre de jouer au chat et à la souris.
— Je l’ai déjà dit, je te veux.
— Alors on va en rester là, je veux plus que du simple désir.
Disais-je d’un ton ferme. Comment pouvait-il vouloir de moi sans amour ?
— Comment peux-tu penser une chose pareille ? Tu n’as encore rien compris, à ce que je vois !
Je pensais qu’il allait enfin dire le mot magique, mais son téléphone se mit à sonner.
— Je dois répondre.
— Vas-y, réponds.
Il alla au salon pour répondre. Je continuai à préparer mon petit-déjeuner. Il mit un bon moment au téléphone, car après avoir fini avec les pancakes, je me demandais bien de quoi il pouvait parler aussi longtemps. Sans doute des affaires du bureau, me dis-je. Je ne voulais pas lui poser la question, je n’avais pas envie qu’il me dise que je l’étouffais.
Il s’approcha de moi une fois son appel terminé.
— C’est déjà prêt ?
— Oui, j’ai cru que tu allais passer toute ta vie au téléphone.
— C’était le bureau.
J’espérais sincèrement qu’il ne mentait pas. Je ne lui dis rien de plus et nous déjeunâmes tranquillement en discutant.
Après le déjeuner :
— Je pars aujourd’hui pour l’Angleterre, comme je te l’avais dit. J’aimerais rester, mais je suis obligé de partir.
— Tu reviens quand ?
En débarrassant les assiettes de la petite table.
— Je vais passer quelques jours. J’ai des tonnes de réunions prévues.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais très triste de son départ, alors que je ne le connaissais que depuis peu.
— Tu vas m’appeler en arrivant ?
— Mais bien sûr que oui, qu’est-ce qui te fait penser le contraire ?
Il m’attira dans ses bras.
— Tu le sais très bien, Hans, on ne se connaît que depuis quelques jours. Je n’ai pas une grande importance dans ta vie.
— À mon retour, on parlera de tout ça, je te le promets.
Je l’accompagnai jusqu’à la porte, puis il me donna un tendre b****r sur les lèvres. Il n’était pas encore parti qu’il me manquait déjà. Je le pris dans mes bras, comme pour me rassurer qu’il allait revenir.
— Ne sois pas triste, je reviens très bientôt, princesse, et je pourrai te mettre en colère autant que tu le voudras.
— Idiot !
Je lui fis un vague sourire, puis il s’en alla.
Je ne savais pas pourquoi, mais j’étais triste de son départ. C’est là que j’ai compris qu’il ne fallait pas une éternité pour aimer quelqu’un, qu’il suffisait juste d’un simple regard. J’ai senti que je le connaissais depuis une éternité. C’était ça qui s’était passé entre moi et Hans.
Mais il ne m’avait toujours pas dit ce qu’il attendait, à part qu’il me veut. Je ne voulais pas être un trophée pour lui, mais bien plus. Je voulais qu’il soit le premier, mais surtout le dernier.