Carine était encore là, tentant de me changer les idées en me faisant regarder toutes sortes de films et séries.
Vers 22 heures, quelqu’un sonna à la porte. Mon cœur s’emballa tellement fort que j’eus l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine.
— Tu attends quelqu’un ?
— Non.
— Je vais ouvrir.
Elle ouvrit, et c’était Hans. Je le regardais depuis mon fauteuil, partagée entre colère et tristesse.
— Je ne te parle plus, à toi. Qu’est-ce que tu as fait à ma meilleure amie ?
lança Carine, les bras croisés, fixant Hans.
— Ce n’est pas ce que tu crois, Carine.
— Ah oui ?
Je restai silencieuse, incapable de réagir.
— Noria, s’il te plaît, laisse-moi te parler quelques minutes.
— Je peux le laisser entrer ?
demanda Carine, me lançant un regard interrogateur. Malgré ma colère, j’avais besoin d’entendre ses explications.
— Oui.
Elle nous laissa seuls dans le petit salon.
Hans s’approcha doucement. Je fis un effort pour garder mon calme et écouter.
— Je suis désolé de ne pas avoir pu venir te chercher. Je n’avais pas une minute à moi.
— Tu me prends pour une idiote ? Tu crois que je ne sais pas que tu avais toute la journée pour être avec cette femme ?
— Quelle femme ?
— Celle qui a décroché ton téléphone, celle qui m’a traitée de g***e.
— Je ne sais pas de qui tu parles...
Je le regardai, exaspérée. Il commençait à me prendre pour une folle, et j’étais au bord de l’explosion.
— Tu ne sais vraiment pas qui a décroché ton téléphone ?
Je le défiai du regard.
— Non, mon amour, je ne sais pas. Et crois-moi, il n’y a que toi, personne d’autre.
Ce mot, qui ce matin encore m’avait réchauffé le cœur, sonnait maintenant creux à mes oreilles.
Je tentai de garder mon calme.
— Où étais-tu ?
Il fallait que je sache, pour comprendre qui pouvait répondre à son téléphone.
— Je suis passé un instant chez ma mère, j’avais oublié mon téléphone, c’est pour ça que je ne suis pas venu te chercher. Je l’ai aidée avec certaines choses…
— Certaines choses ? Hans, arrête tes excuses bidon.
— Je ne te mentirai jamais.
Il caressa ma joue. Sa main était douce, presque envoûtante, et je perdis un instant le fil de ma colère.
Il déposa un b****r sur mon front.
— Fais-moi confiance, mon amour. Je t’aime.
— Hans, ce n’est pas un jeu. S’il te plaît, arrête…
réussis-je à dire.
— Je ne sais pas de quoi tu parles. Je vais découvrir qui m’a fait ce coup tordu. Mais s’il te plaît, il faut que tu me fasses confiance. J’ai besoin que tu me dises que tu me crois.
Je n’étais avec aucune femme, j’étais chez ma mère, puis au bureau.
— Hans, ne me mens pas.
— Je ne te mens pas, chérie,
dit-il en passant un bras autour de moi.
— Je t’aime, mon amour.
Il me serra dans ses bras, cherchant à me rassurer.
— Je te promets que ça ne se reproduira plus.
Je le regardai, sans trouver de réponse. La peur me serrait la poitrine à l’idée qu’une autre femme puisse prendre ma place. Plus que tout, j’avais peur de le perdre. Je l’aimais plus que je ne l’avais cru.
Je voulais parler, mais aucun mot ne sortit. Tous les scénarios imaginés toute la journée s’étaient envolés en un instant.
Il prit ma main et posa un b****r sur mes lèvres. J’avais résisté un instant, puis je lui rendis son b****r. Après une bonne minute à discuter et nous embrasser, il réussit même à me décrocher un sourire.
Quelques minutes plus tard, il partit, me laissant avec Carine.
— Tu vas lui pardonner aussi facilement ?
— Je l’aime, Carine.
— Mais tu dois aussi mériter son respect, sinon il sortira cette excuse à chaque fois.
— J’ai peur de le perdre.
— Je te comprends, mais… Enfin bref, si tu lui fais confiance, je n’ai plus rien à te dire, si ce n’est de rester sur tes gardes.
— Ok, on continue de regarder le film.
Je voulais changer de sujet, je me sentais fragile et détestais cette sensation.
— Mais promets-moi d’être prudente avec lui.
— Promis.
On passa le reste de la soirée à regarder le film, mais je n’arrivais toujours pas à oublier la voix de cette femme.
Au milieu de la nuit, je reçus un message d’Hans pour me souhaiter bonne nuit et me dire qu’il m’aimait. Je ne répondis pas, mais rougis juste en voyant son message.
Deux semaines plus tard, je m’étais réconciliée avec Hans, mais je ne connaissais toujours pas l’identité de la femme qui avait décroché son téléphone.
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Ce matin-là, je me réveillai tôt, avec une montagne de choses à faire au magasin : je devais recevoir une nouvelle commande de tissus.
Je me préparai rapidement et me rendis directement à la boutique. J’arrivai avec quelques minutes de retard et trouvai ma patronne en train de faire les cents pas dans mon bureau. Je la saluai, un peu déconcertée, craignant une mauvaise nouvelle.
Je déposai mon sac sur le petit bureau et apportai un café à ma patronne. Heureusement, j’y avais pensé, car elle avait travaillé toute la nuit sur les nouveaux modèles.
— Bonjour.
— Enfin, tu es arrivée. Entre vite, j’ai besoin de ton aide.
Depuis que j’avais aidé Édouard à choisir ses vêtements, nous nous entendions assez bien.
— Tu n’as pas dû dormir beaucoup, on dirait.
— J’aurai tout le temps de dormir après tout ça, mais pour l’instant, je dois travailler sur ces dessins.
— Je sais que le défilé approche à grands pas, mais il faut aussi que tu décompresses. Tes dessins sont magnifiques, je voudrais tous les porter, enfin, le peu que tu me laisses voir…
— C’est pour ça que je dois préparer tout avant la date limite. Viens, regarde mes nouveaux dessins, je les ai faits hier soir.
— Ok, mais bois ton café maintenant, et va dormir au moins une heure.
Elle me tendit les dessins, tous magnifiques. Elle n’avait pas encore choisi le nom de sa collection, mais c’étaient toutes des robes de soirée. Je les adorais toutes. J’espérais que le public les aimerait autant que moi, ainsi que les consommateurs finaux.
— Je les adore, elles sont toutes magnifiques !
— Calme ta joie, je n’ai pas encore dessiné la robe finale pour clore le défilé, et tu l’as dit deux fois !
Elle se grattait la tête, visiblement stressée, parlant sans arrêt.
— N’oublie pas de rentrer chez toi et de dormir au moins quatre heures avant de dessiner. Je passerai te voir dans trente minutes pour vérifier si tu es prête à rentrer.
Je m’apprêtais à sortir pour la laisser travailler encore un peu.
— Attends.
Elle se leva et me regarda de la tête aux pieds.
— Quoi ? J’ai un truc sur moi ? J’ai mal mis mes vêtements ? Ou pire, tu ne les aimes pas ?
— Non, t’inquiète, ça va. Tourne-toi, s’il te plaît.
Elle me dévisagea un instant, puis dit :
— Tu vas défiler pour moi.
— Quoi ?!
Je crus qu’elle plaisantait.
— Non, pas question, je n’ai jamais fait ça de ma vie.
— Tu vas être parfaite, et je vais t’entraîner avant le défilé.
— Non, non, pas question.
— Si tu refuses, je ne dors plus, je ne mange plus jusqu’au défilé.
— Tu ne ferais pas ça ?
Je l’observai, étonnée.
— On parie combien ? Tu seras très bien payée, et tu pourras inviter qui tu veux.
— Si je fais ça, tu vas rentrer dormir ?
— Oui, promis, je rentre dormir et me nourrir. J’y vais maintenant.
Elle ramassa ses affaires.
— J’accepte, mais je n’y arrive pas, tu trouveras quelqu’un d’autre.
— Ok, promis.
— Et si je tombe dès mon premier pas sur le podium ?
— Tout ira bien, ma chérie, fais-moi confiance.
Elle était déjà partie avant que je puisse répondre.
— À dans cinq heures,
me lança-t-elle avant de sortir.
Après avoir accepté ce marché, je réalisai l’énorme erreur que je venais de faire. Mais il fallait que je tienne ma promesse. J’étais terrifiée à l’idée de défiler devant des milliers de personnes. Quand je suis très stressée, je deviens maladroite et n’arrive même pas à poser un pied devant l’autre sous le regard des gens.
La journée passa vite. J’étais complètement crevée. Il fallait que je rentre chez moi, que je prenne un bon bain, et surtout que je dorme.
Comme toujours, Hans était venu me chercher. J’avais oublié que ce soir, j’allais dormir chez lui.
— Bonsoir, mon amour. Tu as passé une bonne journée ?
— Oui, mais tu m’as un peu manqué.
— Rien qu’un peu ?
— Oui, rien qu’un peu.
Il posa un tendre b****r sur mes lèvres, puis ouvrit la portière. Quelques minutes plus tard, j’étais chez lui, directement dans sa chambre.
Je me tenais devant le lit, enlevant mon foulard.
Il passa une main autour de ma taille, puis m’embrassa. Il m’enleva la robe, glissa une main sur ma culotte, commença à me caresser tout en caressant mes tétons.
J’étais complètement mouillée, cet homme avait une emprise totale sur moi. Chaque caresse me faisait perdre pied.
Je voulais le sentir en moi, lui et personne d’autre.
Mais il continua, enleva ma culotte pensant qu’il allait me pénétrer, mais non. Il caressa mes parties intimes. C’était si bon, si délicieux que je n’ai pas mis longtemps à atteindre un o*****e intense. Après, il me pénétra doucement, puis plus rapidement. Après quelques minutes, ce fut son tour d’avoir un o*****e. Moi aussi, j’en eus un à nouveau. C’était si bon que je voulais encore plus. Je dois l’avouer, j’aimais tellement cet homme que mon corps le désirait sans cesse. Mes sentiments grandissaient chaque jour.
J’étais terrifiée mais aussi curieuse de voir comment ma relation avec Hans allait évoluer.
Même si plusieurs parties de sa vie m’étaient encore inconnues, je n’arrivais toujours pas à croire qu’il m’aimait. J’essayais de ne pas trop y penser, ou peut-être que je ne voulais pas voir la vérité à ce moment-là.
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