En lui donnant des coups de poing sur le torse, comme si c’était lui qui m’avait fait me sentir aussi mal, j’en voulais à la terre entière.
Édouard avait tenu mes deux mains et m’avait prise dans ses bras. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sentais beaucoup plus calme dans ses bras.
— Calme-toi, je ne sais pas ce que tu as, mais tout va bien, ne t’inquiète pas.
Je l’avais repoussé de toutes mes forces, encore une fois, toujours avec cette haine et cette rage.
— Vous êtes tous les mêmes.
— De qui tu parles ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?
— Ne t’approche pas de moi.
Tout d’un coup, je sentis que toutes mes forces me quittaient, c’était comme si je me vidais de toute mon énergie. J’allais tomber quand Édouard me rattrapa dans ses bras.
— Lâche-moi, dis-je une dernière fois avant de m’évanouir.
J’étais complètement vidée de toutes mes forces, je n’avais plus le courage de continuer. Je me sentais vide et trahie.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi avant de me réveiller. J’étais sur un lit assez confortable. J’eus du mal à ouvrir les yeux, ils étaient gonflés, comme si j’avais pleuré toute la nuit. Je n’étais ni dans ma chambre ni dans mon lit, c’était assez luxueux, à vrai dire.
— Enfin tu te réveilles.
— Mais qu’est-ce que je fais ici ?
— Je ne pouvais pas te laisser dans la rue après que tu as essayé de te suicider. Tu es chez moi.
Ce qui expliquait la grandeur de cette pièce. Il faut dire que j’étais un peu sonnée après la soirée d’hier.
Oh non ! Ce n’était pas un mauvais rêve, tout cela était vraiment arrivé. Hans et sa famille m’avaient humiliée de la pire des manières.
J’avais envie de pleurer, mais ce n’était pas le moment, surtout pas devant lui.
— Mais je portais une robe, pas une petite nuisette. Comment est-ce qu’elles ont atterri sur moi ?
— Tu étais profondément endormie à cause de tout l’alcool que tu as bu, et je ne pouvais pas te laisser dormir avec cette robe, surtout qu’elle était mouillée.
— Tu n’as pas chaud ?
Il me regardait avec un petit sourire rassurant.
Je me jetai sur lui en lui lançant des coups de poing.
Il riait comme si mes coups ne lui faisaient aucun effet.
Il finit par attraper mes deux mains.
J’étais rouge de colère.
— Je ne sais pas ce que tu as, mais depuis hier soir tu n’arrêtes pas de me frapper. C’est Stacy qui te l’a mise, mais j’aurais aimé le faire.
J’avais la rage contre toute son espèce, ce qui était un peu justifié.
J’étais maintenant beaucoup plus calme.
— Je te laisse te préparer mais aussi te calmer. Quelqu’un va t’apporter des vêtements dans quelques minutes. Tu trouveras tout dans la salle de bain si tu en as envie.
Puis il me laissa dans cette chambre immense.
Je me débarrassai de la nuisette et entra sous la douche, laissant l’eau couler sur moi. J’avais commencé à penser à Hans, du début de notre rencontre jusqu’à ce que je découvre son vrai visage. Je commençai à pleurer, ces souvenirs me faisaient mal. Comment ai-je pu être aussi naïve ? Tous les morceaux du puzzle commençaient à se rassembler dans ma tête : c’est pour ça qu’il était aussi souvent absent, et sa fiancée, c’était elle sur la photo. Je pleurais tout en laissant l’eau couler sur moi. Il me devait des explications, me dis-je. Je le détestais, lui et toute sa famille, et surtout cette g***e qui lui servait de mère.
Après avoir pris ma douche, je suis rentrée dans la chambre. Quelqu’un frappait à la porte. J’avais mis une robe de chambre et allai ouvrir. C’était un homme qui m’avait apporté les vêtements. Dans sa manière de parler et de se tenir, j’ai tout de suite compris que c’était un employé.
— Monsieur West vous a envoyé ceci.
— Merci.
— Il m’a demandé de vous dire qu’il vous attendait pour déjeuner sur la terrasse dans une trentaine de minutes.
— Ok, merci.
On m’avait apporté une robe rose qui était plutôt magnifique.
Je me suis vite préparée, heureuse qu’il y ait quelques bricoles dans mon sac.
Après m’être préparée, je suis sortie de la chambre, tout en ayant peur d’aller où je ne devrais pas. L’employé m’avait dit sur la terrasse, alors j’ai pris la direction qui me semblait la plus appropriée.