Chapitre 7

2776 Mots
Le début de semaine commence mal, je suis en retard. Malgré toutes mes bonnes résolutions pour cette année, les mauvaises habitudes ont la peau dure. Chanceuse, je soupire en remarquant l'absence du professeur. Je franchis le seuil de la porte et je peux sentir le regard carnassier de mes petits camarades. Ceux de Kyle et Britny se font plus insistants. Et je sais très bien à quoi ils pensent, ce qui les amuse. Moi par contre, Je ne trouve pas cet incident drôle. À peine installée, le prof de philo fait irruption essoufflé. Il retire son blouson qu'il pose sur le portemanteau avant de saluer la classe. « Sortez vos cahiers, nous allons tout d'abord corriger le premier test. Sachez qu'il ne comptera pas pour le trimestre, c'était juste pour évaluer votre niveau comme je vous l'avais dit antérieurement. Ensuite, je vais remettre les feuilles des meilleurs. Le reste sera distribué dans l'anonymat par vos camarades. » Il déclare, assis sur sa table puis ajoute la mine serrée : « Les notes sont très mauvaises, il n'y a que cinq personnes sur trente qui ont une note supérieure à 12. » Il continue La correction me semble durer une éternité tellement j'ai hâte d'avoir ma feuille en main. Enfin, il a commencé à lire les noms des cinq meilleures notes. Je suis avec assiduité l'appel, les doigts croisés. Je peux passer pour une obsédée des bonnes notes, mais je trouve normal d'avoir hâte de recevoir sa feuille si on est certain d'avoir cartonné. Même si cette note ne compte pas... Les trois premiers noms qu'il a lus ont eus respectivement 12; 12,5 et 13. Deux sont de la looser et un de la Zwischen. Le prochain est Kyle Cooper...Pardon ?... Kyle?....Il se lève plus surpris que moi, il a eu 14. Chance ou intelligence? Telle est la question. Ce dernier semble, lui aussi surpris par son résultat. Il se lève, une joie faussement cachée. Je soupire exaspérée, qu'il récupère vite sa feuille. Mon cœur a tambouriné toutes les fois qu'il a prononcé un nom et maintenant il n'en reste plus qu'un, serait-il possible que c'est moi qui ai la première note? Eh oui, je suis la meilleure cette fois: 16,5. Je récupère ma feuille et bénéficie des conseils du prof pour m'améliorer. Lorsque je retourne à ma place, je peux voir que le regard de mes camarades à mon égard à changer. Se méfieraient-ils déjà de moi ? C'est cool !! Ensuite, un autre élève a distribué le reste des copies. À la fin du cours il laisse un travail à faire à la maison et Britny vient immédiatement après son départ vers moi et me lance le cahier au visage. Complètement perdue, je lui demande : « Que veux-tu que je fasse avec ton cahier ? ­­—A ton avis ? Tu feras mon devoir. » Elle renchérit comme-ci c'était la réponse la plus évidente Je la regarde interdite à cette annonce. Cette fille est complètement tarée !! Elle s'imagine, moi, faire ses devoirs ? « C'est dans le règlement ma belle, je déteste la philo et toi tu sembles l'adorer. A partir de maintenant tu es chargé de rédiger mes devoirs de philo. Tu feras du bon travail je l'espère ? Elle ajoute souriante —Bien sur. Je souris faussement —De plus, tu auras des points gagnés alors tu dois être fière. Je l'attends dans quatre jours. » Elle conclut et s'en va en faisant voler ses cheveux vers la droite, une vraie diva. Je la regarde s'en aller partir. Pourquoi n'ai-je pas lancé son cahier sur sa sale gueule d'ange ? Pour les élections. Au cas contraire, j'aurais préféré toutes les sanctions du monde mais je lui aurais fait bouffer chaque de ce cahier. Je finis par ranger mes affaires sans oublier le cahier de cette chère Britny. Je me lève pour m'en aller. Dans les couloirs, je manque de tamponner un élève. Et ce dernier étant de la styler, il me foudroie du regard avant de s'en aller. Je soupire et regarde ma montre. Comme je l'imaginais j'ai perdu des points. Et m***e! Eviter la styler au maximum. Je me le répète une énième fois. Je retrouve les autres à la cafeteria après un salut. J'essaie de ne pas montrer ma frustration. Je m'installe près de Wendy qui se met immédiatement à papoter, elle adore ça. Elle a d'ailleurs très bien choisi son club, le club journal. Camille nous interpelle: « Les gars m'ont tout raconté Pilar j'ai vraiment mal d'avoir raté cette journée. —C'est vrai que tu as raté quelque chose de grandiose. Rigole Corenthin —Sale c*n n'en rajoute pas. » Peste Camille Nous éclatons de rire, sa réaction a été tellement instantanée. Sur le coup, nous avons été surpris puis un fou rire nous a tous contaminé. Malheureusement un élève de la styler, coupe notre moment de délire. Son image apparait sur l'écran géant situé au dessus de nous, au milieu de la salle. Cette image est assez grande permettant à tout le monde de l'apercevoir nettement. Sa voix résonne dans toute la salle. « A votre intention, la liste des candidats au poste de président dans chaque classe est déjà disponible...Je vous rappelle que les deux prochains jours, il n y aura pas cours. La campagne débutera jeudi et les cours seront bien évidemment interrompus. » Son image disparait pour laisser place à la liste sur l'écran géant. Je ronge les doigts, une manie que j'ai lorsque je suis très stressée. Wendy pose sa main qui se veut réconfortante sur mes épaules. Pourtant ça ne m'aide pas. Les images défilent sur l'écran, je fixe les images et les noms qui sont attribués à ceux-ci. Pour ma classe, le cœur battant à la chamade, je peux apercevoir trois images se former. L'attente semble interminable. Les candidats retenus sont : Louis Martinez, Chelsea Brown et Pilar Candel. Je soupire de soulagement puis souris incapable de contenir ma joie. Au tout fond de moi, je le savais! Je fixe Lucien pour lui rappeler que j'avais raison et il acquiesce d'un signe de tête. Mes amis me félicitent, ravis pour moi. La voix de la jeune fille résonne de nouveau: « Félicitations pour les sélectionner. Concernant le recensement, il va commencer tout de suite. Vous pouvez remarquer que vos montres se sont éteintes. » Comme hypnotisée par ses paroles, je fixe immédiatement ma montre. Elle est réellement éteinte. La jeune fille ajoute : « Ne vous inquiétez pas c'est tout à fait normal. C'est une question de minutes puis elles se rallumeront. Elles afficheront le nombre de points gagnés ou perdus en fonction de l'évolution de votre statut social. » Après ces derniers mots, l'écran s'est éteint. Le silence s'installe, chacun rivé sur sa montre. J'ai été sélectionné alors le reste m'importe peu. Une dizaine de minutes après ma montre clignote, se rallume et affiche trente cinq points...wow autant?! Wendy est à la première à nous interroger : « Les gars vous avez eu combien de points? ... Moi j'en ai eu cinq. —Pareil. Ajoute Lucien —Sept. Disent Zach et Corenthin en chœur —Douze. Lance Camille —Et toi Pilar? Demande Lucien —Trente cinq. Dis-je et ils sourient —Mais c'est normal. Intervient Zach —C'est tout de même beaucoup je ne pense pas que quelqu'un est fait mieux. » Sourit Wendy Elle semble vraiment contente pour moi alors que moi tout ça ne m'intéresse pas. Je regarde un peu partout. L'expression faciale des autres, me donne une tendance des points. La plupart ne semble guère satisfait. Je regarde ensuite l'élite des cinq, ils sont plutôt calmes. Un élève se rapproche et chuchote à l'oreille de Kyle. Je suis bien trop loin pour comprendre quoique se soit. À la fin de cette brève conversation, il semble surpris. Puis il me fixe toujours aussi surpris...pourquoi il me fixe? Ensuite il chuchote quelque chose à Britny qui me regarde tout aussi choquée. J'esquisse un sourire effronté comprenant de quoi ils parlent. Au final, ils me regardent tous et Britny se lève en furie pour venir vers moi et Wendy lance, inquiète : « Ça ne présage rien de bon. » Un silence pesant s'est installé à la cafeteria, les regards sont braqués sur ma table. Britny crache: « Pourquoi tu as menti? Tu t'es bien foutu de notre gueule. —Bonjour Britny. Je souris —Arrête ta comédie...Tu serais une fille de parents riches et influents ? Elle m'interroge en croisant les bras —Je suis offusquée par tes paroles. Je ne t'ai pas menti, tu ne m'as jamais rien demandé. Je rétorque faussement blessée —Et...et... » Elle balbutie en manque de mots Je suis subjuguée par cette scène hilarante. Je n'arrive pas à croire que j'ai pu fermer le clapet de cette fille. Je me retiens de ne pas rire et c'est tellement difficile. Enervée elle lâche : « s****e tu vas me le pay... —Allez viens Britny, arrête de te ridiculiser de la sorte. Elle n'en vaut pas la peine. Intervient Jason en la saisissant, par le poignée —Mais lâche-moi. Elle lui hurle puis me fixe à nouveau: A cause de toi, j'ai perdu des points... Tu vas me le payer. —d'accord! C'est quand tu veux. Ça été un honneur de te parler et si tu veux je te remets le pourboire que vous m'avez laissé la dernière fois. » Je la nargue, le plus gentiment possible pour tromper la machine et me moquer avec subtilité Britny 0 et Pilar 1. Je regarde ensuite Kyle espérant qu'il se sente ridicule de m'avoir laissé ce pourboire. Pourtant, il sourit. Se moque-t-il de sa copine? D'ailleurs d'autres élèves se cachent pour rigoler malgré la probabilité qu'ils perdent des points à cause de ce geste. ******* Mes prospectus récupérés, je rentre chez moi. Dans un carton, ils sont rangés pour la propagande. Je suis soulagée que tout a été imprimé aussi vite. Ma mère a dû intervenir pour, mais cela en vaut le coup. J'ai un boulot énorme ces jours, Dieu merci les cours sont annulés. Contrairement aux autres qui se sont préparés depuis près d'un an, moi je dois tout faire durant ce lapse de temps. Peaufiner mon programme que j'ai commencé avec les amis. Etablir le budget pour mes différentes activités, le discours, et songer déjà à qui inclure dans mon groupe si je réussis à gagner. La tâche s'annonce plus ardue que prévu pourtant je n'ai pas peur. Je suis excitée plutôt. Arrivée chez moi, à ma grande surprise j'aperçois la silhouette de ma mère entrain de faire je ne sais quoi sur l'étagère au-dessus de la télévision. Ravie, je dépose le carton et je m'en vais l'enlacer. C'est rare qu'elle rentre de sitôt. « Ma jolie petite maman. Je lance enjouée —Ma puce comment tu vas? Elle me demande le regard plein de bienveillance —Bien et toi? Je la tire vers le grand sofa —Ça va c'est juste le travail qui m'épuise. J'ai décidé de rentrer plus tôt aujourd'hui. Elle soupire —Désolée, la plus grande styliste. Je rétorque, un sourire taquin —Ce n'est pas grave. Elle rigole Elle passe sa main droite au dessus de mon épaule. Moi, je me rapproche et la prends par la taille. Ma mère adore ces moments fusionnels, je ne peux pas lui refuser ça. « Alors ta journée d'hier avec tes amis ça s'est bien passé? ...J'aurais voulu être là, pour les rencontrer. Ça me fait plaisir que tu t'es faite des amis aussi vite. —Ça c'est très bien passé ils sont géniaux. Tu verras bien quand tu vas les rencontrer. Je souris —Je l'espère...chérie je vais voyager dans deux semaines pour le salon de la mode à Londres. Elle change de sujet —OK et tu vas durer? Je demande sans grand intérêt déjà habituer à ses absences —un mois —Pas de problème je peux t'attendre ici sans souci. Je tâte le terrain —Il en est hors de question nous en avons déjà parlé. Je ne serai pas tranquille, te sachant seule ici à la maison. —Mais maman. J'insiste —Pilar. Elle me réprimande du regard —C'est bon je t'embête. » Je rigole Elle sourit sans doute soulagée. Je le sais pertinemment, elle n'acceptera jamais que je reste toute seule dans cette grande maison. Elle sera bien trop inquiète. « Ed a pu terminer le boulot ? —Oui...merci m'man pour le coup de pouce. Tu sais, cette campagne a été une idée tellement soudaine et presque insensée. —Elle n'est pas insensée, j'encourage cette détermination que je peux lire dans tes yeux. Je suis réellement contente que tu t'investisses dans de telle activité. Et si je pouvais faire plus je le ferai. Elle m'avoue —Maman tu peux me rendre un autre service. —Bien sûr. » Je lui explique mon idée et elle est 100% d'accord. ***** Les jours se sont enchaînés très rapidement. J'ai réussis à tout faire et j'ai déposé mon programme comme demandé. Et mes amis, particulièrement Lucien, ont été d'une aide cruciale. Je ne les remercierai jamais assez. Aujourd'hui, c'est le grand jour. J'arrive à l'école et l'atmosphère est déjà assez festive . Les stands sont déjà installés, ils ont dû bosser toute la nuit, je suis très impressionnée par le résultat. La voix de Lucien me sort de ma transe. Je sers la lanière de mon sac puis lui souris: « Salut! —salut Pilar...mais...où... sont tes prospectus? Il m'interroge la voix légèrement écorchée par sa respiration saccadée —Je les ai oubliés chez moi. Je rétorque avec un naturel certainement déconcertant —Comment tu fais pour être aussi calme et ta campagne alors! Il s'exclame surpris —Il faut te calmer! Alors où est le stand qu'ils m'ont attribué. » Je conclus Il me fixe blasé avant de m'indiquer le chemin. Je le suis sans dire un mot. Nous traversons les stands grandioses de la styler pour nous retrouver tout au fond avec des stands presque pittoresques. Devrais-je être déçue ? Non. Je devais m'y attendre? Évidemment. J'entre et parcours les recoins sans un réel enthousiasme toutefois ça pourra le faire. Alors que les autres nous rejoignent, des murmures de plus en plus bruyants attirent mon attention, elle est enfin arrivée! Interloquée, je prends la main de Wendy l'invitant à me suivre. Je me fraie un chemin dans cette marée humaine et aperçois Britny et Viviane, émues. Britny prend la parole: « Bonjour madame Christine je suis l'une de vos plus grandes fans, je porte tous vos vêtements. —Moi aussi. Ajoute Viviane émerveillée par le charisme de la femme en face d'elle —Merci j'en suis ravie. Sourit ma mère —Qu'est-ce qu'une aussi grande styliste peut bien faire ici? Demande Britny , un sourire charmeur aux lèvres —En faites, je cherche quelqu'un. Elle rétorque —Qui donc? S'enquiert Viviane —C'est ma fille. Elle répond simplement —Maman !! Merci d'avoir apporté mon carton. » Je décide de m'incruster enfin Je marche presque en comptant mes pas, sachant que je suis le centre d'attention de tous les regards, qui me dévisagent. Britny et Viviane me regardent choqués alors que je récupère le carton des mains de ma mère: « De rien ce n'est que normal ma puce. Bonne chance pour les élections. Elle rétorque puis me fait un clin d'œil. —D'accord et merci. Je souris —c'est ta mère? demande Britny choquée —Oh...ça aussi je ne te l'avais pas dit? Je demande faussement étonnée —Madame c'est un honneur de vous rencontrer. Intervient Wendy émue avant de prendre le carton de mes mains —Moi aussi. Ma mère rétorque rayonnante —Maman je te présente Wendy une de mes amies. Je déclare —Ah d'accord... Ravie de connaître une amie de ma fille. Renchérit ma mère —Le plaisir est partagé madame. Sourit Wendy de toutes ses dents —Chérie je dois y aller bye. Lance-t-elle en me prenant dans ses bras, puis chuchote: tu es satisfaite? —Plus que satisfaite je t'adore maman. » Dis je en répondant à son étreinte Je la fixe ensuite s'en aller puis fixe Britny. J'adore regarder son visage tordu par la colère. J'ai la nette impression que les élèves me regardent à avec un œil nouveau, un œil plus intéressé. Mon plan était réellement ingénieux même si à un moment j'avais un peu douté. J'ai fait exprès d'oublier ce carton pour que ma mère vienne me le remettre. Je suis nouvelle et soyons honnête je n'ai aucune chance de gagner si je ne me démarque pas. Et la visite de ma mère est le début pour ce démarquage. Je retourne à mon stand espérant maintenant pouvoir attirer le maximum d'élèves. Mes amis me regardent le sourire aux lèvres. Wendy lance excitée : « Je n'arrive pas à croire que j'ai vu madame Candell en face et elle est plus belle en vrai. —Tu as fait exprès c'est ça? C'était ton plan. Chuchote Lucien à mon oreille —Moi? Jamais de la vie. » Je nie en rigolant
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