À deux pas du campement, des vendeurs à la sauvette étalent leurs marchandises à même le sol. Ils vendent à une clientèle encore plus pauvre des objets issus de la récup’ trouvés dans les poubelles de Paris ou les conserves données par l’aide alimentaire. Un homme lui explique qu’il y a encore quelques mois, leur misère était encadrée par la mairie du 18e arrondissement, sous le pont de la porte de Montmartre. La « cour des miracles », ou le « marché aux voleurs », comme on l’appelle, s’est depuis étendu le long de la rue du Docteur-Babinski jusqu’au pont de la porte de Saint-Ouen et le campement syrien. Quelques mètres plus loin, un monde qui ignore totalement celui-là est celui des antiquaires et des touristes américains, qui achètent à prix d’or meubles anciens et objets d’art. Hakim mo


