JOURNAL DE DAVID ¬ 6 En quittant le chantier, juste avant de monter en voiture, je jetai un dernier coup d’œil au camp déserté. Sans gros effort de mémoire, je pouvais encore y voir en filigrane les visages d’Anca et de Luminita. On croit toujours que l’on a la maîtrise de soi, que l’on contrôle tout, mais en vérité on ne contrôle rien, tout juste on se surprend à faire des choses inattendues. Je ne sais plus combien de temps je suis resté planté là, les yeux dans le vague. Finalement, en ce lieu qui ne m’apportait plus rien, je ne m’attardai pas davantage. J’enclenchai la première et pris la route au hasard, l’esprit bouillonnant. Les Roms n’étaient plus là. Même si comme l’avait prétendu Anca, Luminita avait changé de campement, ils étaient mon seul lien avec elle. Comment allais-je l


