ISur un banc, dans une allée du jardin de l’abbaye, étaient assises Aélys de Croix-Givre et Cécile de Forsan. Elles ne causaient pas. Leurs doigts agiles ourlaient de fins linges d’autel, dont la parfaite blancheur éclatait sur leurs robes noires de pensionnaires. Toutes deux avaient dix-huit ans depuis quelques semaines, et elles n’étaient plus astreintes à suivre de façon stricte le règlement. Elles en profitaient pour se tenir parfois un peu à l’écart, ne se souciant guère des bavardages, des puérilités de leurs compagnes et se plaisant en leur réciproque compagnie. Cécile était une petite brune pensive et sérieuse, qui eût semblé jolie si elle ne s’était trouvée complètement éclipsée par le voisinage de son amie. Car Aélys avait tenu les promesses de son adolescence. Ses cheveux coul


