Paul Donatelli apprit ainsi la virée nocturne de Dumont et Barbier chez Albert dix ans plus tôt. Dans le même temps, à l’étage du dessous, un homme s’isolait dans son bureau et composait un numéro sur son téléphone portable. À la façon d’un intrus fuyant un territoire potentiellement hostile, Estelle Dumont quitta rapidement le squat de la rue Magenta sans se retourner. Elle y avait déniché sa consommation hebdomadaire de cocaïne et, satisfaite, elle pensait à la façon dont elle allait tuer le reste de la matinée. L’anniversaire de Mélissa, sa voisine de palier, approchait et un cadeau s’imposait. Elle prit donc la direction de l’îlot des Cordeliers, où elle comptait bien trouver un livre à lui offrir. Plutôt mal dans sa peau et solitaire, elle n’avait de vraies relations qu’avec cette fa


