Mardi 16 décembre 7 h 00 Au sous-sol du commissariat, les policiers s’étaient entassés dans la grande salle. Tous avaient les yeux fixés sur le procureur de la République et le préfet. Ce dernier invita le major de police Grassin, un homme massif au cou de taureau, à monter sur l’estrade pour venir le remplacer derrière le pupitre en pin. Grassin, mal à l’aise, s’exécuta néanmoins. Il scruta ses collègues du regard et prit la parole : – Monsieur le préfet a souhaité que je vous livre mon témoignage concernant les faits tragiques qui se sont déroulés cette nuit. Les expressions corporelles de l’homme trahissaient qu’il n’aimait pas ce type d’exercice, mais qu’il s’efforçait de faire au mieux pour sauver les apparences. – Vers minuit trente, Piron a reçu un coup de fil de la SNCF. Il me


