Comme toujours, il n’a pas tardé à venir me voir. Quand je l’ai vu, j’ai souri et lui aussi.
Il m’a fait un câlin:
— RAY : Ça va? Ta journée a été?
Là, je me suis rappelée ce qui s’était passé avec Dona et Yvy mais j’ai décidé de ne pas lui en parler.
— Ça va et ma journée a été. Et la tienne?
— RAY : Super! Par contre, il va falloir qu’on y aille sinon mes potes ne tarderont pas à venir me chercher pour qu’on joue. C’est vendredi et on le fait souvent jusqu’à 20h même!
— Ah ouais? Je ne savais pas ça! Vous êtes vraiment accros au basket à ce que je vois!
Il a pris ma main et on a commencé à marcher.
— RAY : Le basket c’est une partie de moi et ce depuis que je suis petit. Dans le vie, on rencontre beaucoup de difficultés mais, il y a toujours une chose qui nous motive. Le basket m’a toujours motivé, consolé, c’est mon autre moi. Je ne me vois pas passer à côté de ce sport, ça jamais! Et toi? t’as une passion?
J’ai souri avant de lui répondre:
— Ah oui! Mais c’est à toi de deviner ce que c’est!
Il a ri.
— RAY : Ah ça! Le handball?
— Hm hm (en hochant la tête pour dire non).
— RAY : Quoi? Le golf?
— Ah ça non! Dernière tentative…
— RAY : Mmmm, la natation?
— Non Ray, ce n’est pas ça! Ma passion c’est la danse classique.
Ses yeux se sont comme ouverts. Il a souri en me regardant.
— RAY : Non… tu fais de la danse classique? J’ai hâte de voir ça!
Nous avons ri.
— Oui, depuis que j’étais petite. Celle qui m’entraînait s’appelait « Madame Lemarchal » mais depuis que j’ai quitté Rouen pour ici, je n’ai plus posé les yeux sur elle. Maintenant je danse seule dans ma chambre et j’aime bien!
— RAY : Je vois ça, c’est super! La danse classique, waouh! Je t’imagine déjà en train de la danser devant moi.
J’ai ri.
— Ça viendra.
— RAY : Sinon tu m’as parlé de Rouen. C’est en France non?
— Waouh tu connais toi! Oui ça se trouve là-bas. C’est à une heure de Paris en train.
J’ai quitté ce pays à l’âge de sept ans et je suis venue ici avec mes parents car mon père a été affecté pour travailler.
— RAY : Ça fait dix ans que tu es ici alors! Et tu es d’où?
— Oui, dix ans. Dévine d’où je suis et si tu réussis, je te ferai une surprise.
Il a souri et moi aussi.
— RAY : À te voir, il est impossible de deviner. Tu es unique intérieurement que physiquement avec ton teint brun caramélisé, tes yeux de couleurs, la douceur que renvoie ton visage et tout. C’est vraiment difficile de deviner. En tout cas, tu n’es pas sénégalaise, ça c’est sûr et même ton accent le dit!
J’ai ri.
— Merci pour le compliment! Oui, je ne suis pas sénégalaise c’est vrai. On va dire que je viens de la lune d’où mon prénom « Luna » d’accord? Un peu de mystère, ça fait du bien.
Il ne s’est pas empêché de rire.
— RAY : C’est comme tu veux! T’as prévu un truc pour le week-end?
— Pas vraiment? Et toi?
— RAY : Pas vraiment mais si tu veux, on programme une sortie.
— C’est une bonne idée. On en reparle par texto?
— C’est comme tu veux.
Nous étions déjà au carrefour et je devais prendre le taxi.
— Bon bah, on s’écrit alors?
— RAY : D’accord ça marche. À plus tard.
Il m’la fait un doux câlin, j’ai pris mon taxi et il est parti.
Le soir même quand je suis arrivée à la maison et que j’ai pris mon téléphone, j’ai remarqué que j’avais reçu plusieurs messages.
J’ai posé mon sac sur mon lit et je me suis assise avant de déverrouiller le portable pour les lire.
Les messages.***
DONA : Tu vois ce que j’ai subi une fois de plus à cause de toi Luna?
YVY : Coucou Luna. Je viens d’arriver à la maison et je ne sais pas si c’est aussi ton cas. Juste pour te dire que Dona m’a envoyé plusieurs messages. Elle m’en veut de ne l’avoir pas suivie aujourd’hui et elle t’en veut aussi car elle dit que depuis que tu es là, elle n’existe plus. Je pense qu’elle a besoin qu’on la rassure. Essaie de la comprendre. Et ce qu’elle dit est vrai en plus et on dirait que ça te plaît de la voir ainsi. Faisons quelque chose!
— DONA : En tout cas, ça ne m’étonne pas. Tu es riche, belle et tu aimes alors jouer aux saintes. Tu veux toujours montrer aux gens que c’est moi la méchante.
— YVY : Tu es là Luna? J’attends ta réponse s’il te plaît!
— DONA : Et voilà que le gars que je calcule depuis l’année dernière te court après et tu te laisses faire alors que quand je lui faisais des éloges le premier jour de la rentrée, tu étais là! Tu savais qu’il me plaisait Luna!
— YVY : Elle vient de m’appeler. Elle pleure. On fait comment?
— DONA : On ne fait pas ça à ses amies! La vérité c’est que tu es tellement mauvaise Luna mais tu sais très bien cacher ton jeu! Bonne soirée!
Fin des messages.***
J’étais abasourdie! Par où devrais-je commencer pour répondre? Que devais-dire?
J’étais à cours d’idées et j’ai décidé de ne pas répondre. Pas par orgueil non, je ne suis pas une personne orgueilleuse mais, je ne savais pas quoi dire sur le coup. Il fallait que je réfléchisse bien avant de placer mes mots.
Ce soir-là, tout s’est passé comme d’habitude. J’ai pris ma douche, j’ai mangé, j’ai un peu dansé, mes parents sont venus bref, c’était la routine quoi!
Ce qu’il y avait de différent se trouvait dans mon téléphone. En fait j’avais dormi aux environs de deux heures parce que j’avais passé nuit à causer avec Ray.
Ii était tellement drôle, même à travers les messages. Il m’a un peu plus parlé de lui et j’ai fait de même.
Après cela, je me suis endormie.
Ray et moi nous nous sommes revus le week-end dans un grand parc en ville.
Nous avons marché main dans la main en apprenant chacun à connaître l’autre davantage.
Il m’avait dit qu’il vivait dans une citée privée réservée aux jeunes venus de l’extérieur pour jouer soit au foot, au tenis, au basket et plusieurs autres sports masculins. Que c’était réservé uniquement aux hommes!
En ce qui concerne sa famille, il avait un grand frère mais ce dernier avait pris un chemin pas très bien et c’est pourquoi il passait son temps en prison et quand il sortait, il y retournait encore. Il m’a dit que ce dernier était au Sénégal comme lui et que quand il était en liberté, il vivait dans son appartement à lui car chacun avait le sien et ce n’était pas dans la même cité. En ce qui concerne ses parents, ces derniers travaillaient en Angleterre mais, venaient de temps en temps au Sénégal pour eux. Et ils s’en occupaient très bien.
Je lui ai dit que j’étais l’enfant unique et que j’aurais aimé avoir un frère ou une sœur mais bon, que si la vie n’a pas permis que ça se réalise, ce n’est pas grave.
Après avoir mangé les gâteaux qu’ils avaient achetés, nous nous sommes assis au bord d’un lac. La nuit tombait déjà.
— RAY : Il est dix-neuf déjà, je dois t’accompagner.
— Je vais tellement m’ennuyer à la maison. Mais bon, heureusement que la danse est là, sans compter le chant aussi et les manga.
— RAY : J’aimerais te voir danser, chanter, et j’aimerais un regarde les manga ensemble ensemble un jour.
— Haha ça viendra, hein?
— RAY : Okey! Bon, on y va?
Avant de prendre le taxi, nous nous sommes embrassés.
À vrai dire, si on me demande à quel moment on a commencé à sortir ensemble, je ne saurais quoi répondre car je ne sais pas. En fait, la relation est venue naturellement.
On avait pas procédé comme les enfants le font c’est-à-dire « Veux-tu sortir avec moi?/ Donne-moi trois jour pour réfléchir/ Ça fait déjà trois jours. Alors?/ J’ai bien réfléchi et oui, je veux sortir avec toi ».
On n’avait pas procédé ainsi, pas du tout.
En tout cas je l’aimais et je me sentais bien à ses côtés et c’était vice-versa.
Les jours sont passés, les semaines, puis les mois.
Ça faisait en tout sept mois que j’avais intégré ce lycée. Tout se passait très bien pour moi. Je marchais avec Raïssa et Vanessa même comme j’évitais de trop m’attacher à elles de peur qu’elles ne me déçoivent… Je ne parlais plus à Dona et à Yvy car quand j’avais répondu à leurs messages, les choses se sont empirées et j’ai décidé de rester dans mon coin.
Ce qui est marrant c’est que je n’avais rien dit de mal. J’avais consolé Dona en disant que je ne voulais pas prendre sa place et je lui ai rappelé notre rencontre. Quand j’avais refusé de la remplacer lors de l’anniversaire de la république. Je lui ai dit que si j’avais voulu prendre sa place, j’aurais commencé ce jour et que part la suite, j’aurais intégré son école. Et que si j’ai intégré son lycée pour faire la terminale, c’était pour être avec Yvy et elle et aussi pour en faire une expérience de plus. Concernant Ray, je lui rappelé que j’avais demandé si elle l’aimait et elle ne m’a rien dit… Bref j’avais tout essayé mais rien!
Heureusement que Ray était là. Il était au courant et il me soutenait au maximum.
Il me disait toujours « Ce n’est pas toi qui est venue vers moi, mais c’est l’inverse. Et connaissant la belle personne que tu es, je sais que si tu étais au courant qu’elle m’aimait, tu ne m’aurais pas laissé t’approcher et puis pour être honnête Luna, elle n’est pas du tout mon style. Je ne l’avais même pas remarquée tu t’imagines…. »
Cette phrase m’avait fait rire.
Pendant ce temps, je m’apprêtais à fêter mon dix-huitième anniversaire.
J’avais parlé de l’organisation de la fête avec ma parents. Il était question que j’invite mes ami(e)s sauf Dona et Yvy bien sûr puisqu’elles ne l’étaient plus et heureusement que j’en avais d’autres en dehors d’elle.
Mes parents devaient inviter leurs amis intimes aussi et j’avais souhaité à ce que que mon chéri invitent ses potes afin de ne pas se sentir seul pendant la soirée.
Ce jour s’apprêtait aussi à entrer dans l’histoire de la famille puisque mes parents allaient enfin poser les yeux sur lui et vice-versa. Je stressais de ouf.
Je me demandais comment la rencontre allait se passer entre mes parents et lui, s’ils allaient s’aimer mutuellement… Bref plusieurs questions passaient dans ma tête.
À suivre…